Émile Zola(1840 — 1902)

Émile Zola

France

7 min de lecture

LettresÉcrivain(e)XIXe siècleXIXe siècle (1840-1902)

Romancier, journaliste et critique littéraire français (1840-1902), fondateur du mouvement naturaliste. Il est l'auteur de Germinal et de l'Assommoir, romans majeurs du XIXe siècle qui dénoncent les conditions de vie des ouvriers. Zola s'est engagé politiquement lors de l'affaire Dreyfus en publiant son célèbre article « J'accuse ».

Questions fréquentes

Émile Zola (1840-1902) est un romancier, journaliste et critique littéraire, fondateur du naturalisme. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a voulu appliquer la méthode scientifique à l'écriture : observer le réel, étudier l'influence du milieu et de l'hérédité sur les individus. Son cycle des Rougon-Macquart, vingt romans qui suivent une famille sous le Second Empire, est une fresque sociale unique. Zola est aussi devenu un symbole de l'engagement intellectuel avec son article « J'accuse…! » pendant l'affaire Dreyfus.

Citations célèbres

« Je suis peu doué pour le bonheur. »
« La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera. »
« Le talent, c'est de la patience. »

Faits marquants

  • 1868 : Publication de La Fortune des Rougon, premier volet du cycle des Rougon-Macquart
  • 1885 : Publication de Germinal, roman majeur sur la condition ouvrière et les grèves minières
  • 1898 : Publication de l'article « J'accuse » défendant le capitaine Dreyfus, engagement politique décisif
  • 1893 : Publication de La Débâcle sur la Guerre franco-prussienne de 1870
  • 1902 : Mort suspecte par asphyxie accidentelle, quelques mois après ses combats politiques

Œuvres & réalisations

Thérèse Raquin (1867)

Roman précurseur du naturalisme, étude physiologique d'un couple de meurtriers rongés par le remords. L'œuvre provoque un scandale et affirme la méthode naturaliste de Zola.

L'Assommoir (1877)

Septième volume des Rougon-Macquart, ce roman sur l'alcoolisme et la misère ouvrière à Paris connaît un succès considérable et fait de Zola un auteur majeur.

Nana (1880)

Portrait d'une courtisane parisienne sous le Second Empire, le roman dénonce l'hypocrisie de la bourgeoisie et connaît un immense succès de librairie dès sa parution.

Germinal (1885)

Treizième volume des Rougon-Macquart, fresque épique sur la grève des mineurs du Nord. Considéré comme le chef-d'œuvre de Zola et l'un des plus grands romans sociaux de la littérature française.

La Bête humaine (1890)

Roman du monde ferroviaire qui explore les pulsions criminelles héréditaires. L'œuvre mêle thriller et étude naturaliste dans le cadre spectaculaire du chemin de fer.

Le Roman expérimental (1880)

Essai théorique majeur dans lequel Zola expose les principes du naturalisme littéraire, s'appuyant sur la méthode scientifique de Claude Bernard.

J'accuse…! (1898)

Lettre ouverte au président Félix Faure publiée dans L'Aurore, dénonçant l'injustice faite au capitaine Dreyfus. Ce texte est devenu un symbole universel de l'engagement intellectuel.

Anecdotes

Émile Zola était un ami d'enfance de Paul Cézanne, qu'il avait rencontré au collège Bourbon à Aix-en-Provence. Leur amitié s'est brisée en 1886 après la publication de L'Œuvre, où Cézanne s'est reconnu dans le personnage du peintre raté Claude Lantier. Les deux hommes ne se sont plus jamais reparlé.

Pour écrire Germinal, Zola est descendu lui-même dans les mines du Nord de la France en février 1884. Il a passé plusieurs jours à Anzin, dormant chez des mineurs, descendant dans les galeries à plus de 600 mètres de profondeur et observant les conditions de travail effroyables qui nourriraient son roman.

Zola était un passionné de photographie. Il possédait une dizaine d'appareils et a réalisé plus de 7 000 clichés au cours de sa vie. Il photographiait sa famille, ses voyages et les paysages parisiens, constituant un témoignage visuel précieux de la fin du XIXe siècle.

La publication de « J'accuse…! » dans L'Aurore le 13 janvier 1898 a provoqué un véritable séisme politique. Le journal a vendu plus de 300 000 exemplaires ce jour-là. Zola a été condamné à un an de prison et 3 000 francs d'amende pour diffamation, ce qui l'a contraint à s'exiler en Angleterre pendant onze mois.

Zola est mort asphyxié dans son appartement parisien le 29 septembre 1902, intoxiqué par les émanations d'une cheminée bouchée. L'hypothèse d'un acte criminel perpétré par un adversaire antidreyfusard a été avancée : en 1953, un fumiste nommé Henri Buronfosse aurait confié sur son lit de mort avoir volontairement obstrué le conduit.

Sources primaires

J'accuse…! Lettre au Président de la République (13 janvier 1898)
Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme.
Le Roman expérimental (1880)
Le romancier est fait d'un observateur et d'un expérimentateur. L'observateur chez lui donne les faits tels qu'il les a observés, pose le point de départ, établit le terrain solide sur lequel vont marcher les personnages.
Préface de L'Assommoir (1877)
C'est une œuvre de vérité, le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas et qui ait l'odeur du peuple. Il ne faut point conclure que le peuple tout entier est mauvais, car mes personnages ne sont pas mauvais, ils ne sont qu'ignorants et gâtés par le milieu.
Lettre à la jeunesse (14 décembre 1897)
Où allez-vous, jeunes gens, où allez-vous, étudiants, qui courez en bandes par les rues, manifestant au nom de vos colères et de vos enthousiasmes ? Allez-vous protester contre quelque abus de pouvoir ?

Lieux clés

Médan (Yvelines)

Zola achète en 1878 cette propriété en bord de Seine où il écrit la plupart de ses grands romans. La maison devient un lieu de rencontre du groupe naturaliste et accueille les célèbres « Soirées de Médan ».

Mines d'Anzin (Nord)

Zola y effectue son enquête de terrain en février 1884, descendant dans les galeries pour préparer Germinal. Ce bassin minier du Nord inspire le cadre du roman.

Aix-en-Provence

Ville de l'enfance de Zola où il passe ses années de collège et se lie d'amitié avec Paul Cézanne. Les paysages provençaux nourrissent plusieurs de ses œuvres.

Rue de Bruxelles, Paris (9e)

Dernier domicile parisien de Zola où il meurt asphyxié le 29 septembre 1902. C'est dans cet appartement que se déroule le drame de sa mort.

Le Panthéon, Paris

Les cendres de Zola y sont transférées en 1908, six ans après sa mort. Cette consécration nationale salue à la fois l'écrivain et le défenseur de Dreyfus.

Voir aussi