La carte de Francis Ponge
Les huîtres de Bouzigues à la mignonnette
retourner
La chose ouverte (ouverture du repas, festif)

Les huîtres de Bouzigues à la mignonnette

FestifDocumentée🧂 🍄 🍋moyen30 min
La chose ouverte (ouverture du repas, festif)

Les huîtres de Bouzigues à la mignonnette

Pourquoi ce plat ? L'huître est l'un des poèmes les plus célèbres du « Parti pris des choses » (1942) : Ponge y décrit ce « monde opiniâtrement clos », sa nacre, son firmament intérieur. Né près de Montpellier, il connaissait les huîtres de l'étang de Thau, élevées à Bouzigues à deux pas de sa Méditerranée natale.

cliquer pour retourner
La chose ouverte (ouverture du repas, festif)

Des huîtres de Bouzigues servies vivantes sur un lit de glace, accompagnées d'une mignonnette au vinaigre et à l'échalote, d'un quartier de citron et de pain de seigle beurré. La chose close qu'on ouvre au couteau pour y trouver tout un firmament.

Voyez cette chose : un galet plus rugueux qu'aucun autre, opiniâtrement clos. Il faut s'y reprendre à plusieurs fois pour l'ouvrir, et l'on s'y coupe souvent les doigts — les coquilles de l'étang de Thau ne se rendent pas sans bataille. Mais une fois forcée, quel ciel à l'intérieur : une mare verdâtre, un sachet de nacre, et ce goût d'eau salée qui est la mer même, réduite à une bouchée. Je n'y mets qu'un trait de vinaigre à l'échalote, jamais davantage : on ne corrige pas une chose si juste.
Francis Ponge
Ingrédients
  • Huîtres de Bouzigues (étang de Thau)deux douzaines (la chose principale)
  • Vinaigre de vinun peu (mignonnette)
  • Échalote griseune (mignonnette)
  • Citronun (acidité)
  • Pain de seigle et beurreà volonté (accompagnement)
Comment on faisait : L'huître se mangeait crue et vivante, ouverte à la dernière minute. Sur le littoral languedocien, les huîtres de l'étang de Thau (Bouzigues, Mèze) sont élevées sur cordes depuis le début du XXe siècle ; à l'époque de Ponge, on les consommait simplement, au vinaigre ou au citron, sans chichi.
Sources : Francis Ponge, « L'Huître », dans Le Parti pris des choses, Gallimard, 1942 · J.-B. Reboul, La Cuisinière provençale, 1897

Voir aussi