La carte de Frédéric II de Danemark
Davre / middagsmad — le socle quotidien de toute table danoise

Rugbrød og spegesild — pain de seigle aigre et hareng salé

QuotidienDocumentée🧂 🫙facile20 min (hors trempage)

Une tranche épaisse de pain de seigle au levain, beurrée, surmontée d'un filet de hareng salé et d'un peu d'oignon. C'est la bouchée fondatrice du Danemark : nourrissante, franche, salée-acidulée, telle qu'on la mangeait du matin jusqu'au soir.

Davre / middagsmad — le socle quotidien de toute table danoise

Une tranche épaisse de pain de seigle au levain, beurrée, surmontée d'un filet de hareng salé et d'un peu d'oignon. C'est la bouchée fondatrice du Danemark : nourrissante, franche, salée-acidulée, telle qu'on la mangeait du matin jusqu'au soir.

Sache, lecteur, que nul ne s'assied à Notre table sans qu'on y rompe d'abord le pain de seigle, noir et serré comme la terre du Sjælland. On le laisse aigrir plusieurs jours avant de l'enfourner, car le seigle hâtif ne vaut rien et donne la colique. Par-dessus, un hareng tiré des barriques du Sund, qui nous enrichit autant qu'il nous rassasie : songe que chaque navire qui passe Notre détroit Nous paie en bon argent ce même poisson ! Mange-le avec un oignon et une chope de bière brune, et tu auras dîné comme un homme du Nord.
Frédéric II de Danemark
Ingrédients
  • Farine de seiglele gros de la pâte (céréale de base du Nord)
  • Levain de seigle aigreune bonne part de la veille (fermentation longue, conservation)
  • Hareng de la Baltique salé en barriquequelques filets (garniture, signature de l'Øresund)
  • Oignonquelques rondelles (mordant)
  • Beurreà volonté (liant, richesse)
  • Bière bruneune chope (boisson d'accompagnement)
Comment on faisait : Au XVIe siècle, le pain de seigle se faisait par fermentation longue au levain (surdej), seule méthode pour rendre le seigle digeste et durable plusieurs semaines. Le hareng, pêché en masse dans le Sund et la Baltique, était salé en barriques de chêne dès le débarquement : c'était une denrée stratégique, taxée et exportée dans toute l'Europe du Nord.
Sources : Koge Bog, Salomone Sartor, Copenhague, 1616 · Libellus de arte coquinaria (manuscrit culinaire nordique)