Réalisateur allemand (1888-1931), figure majeure du cinéma expressionniste. Il est l'auteur de Nosferatu (1922) et du Dernier des hommes (1924), œuvres fondatrices de l'art cinématographique.
Friedrich Wilhelm Murnau(1888 — 1931)
F. W. Murnau
Allemagne
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Naissance le 28 décembre 1888 à Bielefeld, Allemagne
- Réalise Nosferatu, une symphonie de l'horreur en 1922, adaptation non autorisée de Dracula
- Tourne Le Dernier des hommes (1924), innovant par l'absence totale de cartons de dialogue
- Part à Hollywood en 1926 et réalise L'Aurore (1927), primé aux premiers Oscars
- Meurt dans un accident de voiture le 11 mars 1931 en Californie
Œuvres & réalisations
Adaptation non autorisée du Dracula de Bram Stoker, considérée comme le premier grand film d'horreur de l'histoire du cinéma. L'interprétation de Max Schreck en comte Orlok, les effets visuels expressionnistes et l'utilisation de décors naturels en font un chef-d'œuvre fondateur.
Film révolutionnaire dans lequel Murnau raconte la déchéance d'un portier d'hôtel sans recourir à aucun intertitre, uniquement par l'image et le mouvement de caméra. La « caméra déchaînée » qu'il y invente influencera durablement l'ensemble du cinéma mondial.
Superproduction de la UFA adaptant le mythe universel de Faust avec des décors monumentaux et des effets spéciaux spectaculaires pour l'époque. Dernier grand film allemand de Murnau avant son départ pour Hollywood, il synthétise toutes ses recherches formelles sur la lumière et le cadre.
Premier film américain de Murnau, régulièrement classé parmi les plus grands films de l'histoire du cinéma. Il remporte un prix spécial à la première cérémonie des Oscars pour « production unique et artistique », récompensant son génie formel au détriment de son succès commercial.
Dernier film de Murnau, coréalisé avec le documentariste Robert Flaherty et tourné à Tahiti avec des acteurs non professionnels. Œuvre testamentaire d'une beauté formelle exceptionnelle, il sort en salle une semaine après la mort de son réalisateur.
Anecdotes
Nosferatu (1922) fut tourné sans l'autorisation de la veuve de Bram Stoker, auteur du roman Dracula. Florence Stoker attaqua le producteur en justice et obtint la destruction de toutes les copies. Par chance, quelques exemplaires avaient déjà circulé à l'étranger, permettant à ce chef-d'œuvre de survivre jusqu'à nous.
Pour tourner Le Dernier des Hommes (1924), Murnau inventa ce que l'on appela la « caméra déchaînée » (entfesselte Kamera) : il fit monter l'appareil sur un vélo, un fauteuil roulant, voire un câble suspendu, pour créer des mouvements jusqu'alors impossibles. Cette révolution technique lui permit de raconter l'histoire uniquement par l'image, sans aucun intertitre — une première dans l'histoire du cinéma.
Friedrich Wilhelm Plumpe — son vrai nom — adopta le pseudonyme « Murnau » en hommage à la ville bavaroise de Murnau am Staffelsee, où il aimait séjourner et peindre. Cette région était aussi fréquentée par Wassily Kandinsky et Franz Marc, fondateurs du mouvement expressionniste Der Blaue Reiter, dont l'influence esthétique marqua profondément ses films.
Murnau fut recruté à Hollywood par William Fox en 1926 avec un contrat exceptionnel et une liberté artistique rare. Son film L'Aurore (Sunrise, 1927) remporta un prix spécial à la toute première cérémonie des Oscars pour « production unique et artistique », mais ses exigences formelles se heurtèrent rapidement aux impératifs commerciaux des studios américains.
Murnau mourut dans un accident de voiture le 11 mars 1931, à seulement 42 ans, une semaine avant la première new-yorkaise de son dernier film Tabu. Plusieurs étoiles d'Hollywood assistèrent à ses funérailles ; son corps fut ensuite rapatrié en Allemagne pour y être inhumé.
Sources primaires
« Nosferatu ! Ce nom sonne encore comme le cri de la mort-oiseau... Si tu prononçais ce mot avec une âme pure, les images effrayantes de l'antique terreur reprendraient vie. »
« La caméra doit être libérée de sa fixité. Elle doit voir comme un œil humain — en mouvement, en émotion, en vie. Le spectateur doit ressentir ce que ressent le personnage, non le regarder de l'extérieur. »
« Ce conte ne serait guère plus qu'une histoire comme tant d'autres, si la vie ne prenait parfois un malin plaisir à railler sans pitié les hommes. »
« A Song of Two Humans — a story of a Man and a Woman — of their love, their struggle, their reconciliation. This song of the two humans is of no place and every place; you might hear it anywhere at any time. »
« La lumière ici est d'une pureté que je n'avais jamais vue. Je veux capturer la vie de ce peuple telle qu'elle est, sans artifice, avant qu'elle ne disparaisse. »
Lieux clés
Ville de Rhénanie-du-Nord–Westphalie où naît Friedrich Wilhelm Plumpe le 28 décembre 1888. Son enfance dans une famille bourgeoise aisée lui permet de développer très tôt un goût prononcé pour la peinture et la littérature.
Centre névralgique du cinéma expressionniste allemand dans les années 1920. Murnau y tourna ses œuvres majeures avec les équipes techniques et artistiques d'élite de la UFA, bénéficiant des plus grands plateaux et des meilleurs décorateurs d'Europe.
Villes hanséatiques médiévales et paysages côtiers du nord de l'Allemagne utilisés comme décors naturels pour Nosferatu (1922). Les rues gothiques de Wismar et les paysages lacustres servent de cadre à la ville fictive de Wisborg, renforçant l'atmosphère fantastique du film.
Murnau s'y installa en 1926 sous contrat avec la Fox Film Corporation. Il y tourna L'Aurore (1927) et City Girl (1930), tentant d'imposer sa vision artistique européenne dans l'industrie commerciale américaine, avec un succès artistique mais des tensions permanentes avec les producteurs.
Île du Pacifique sud où Murnau tourna en 1929-1930 son dernier film Tabu, avec des acteurs non professionnels polynésiens. Le film témoigne d'une sensibilité nouvelle à la beauté naturelle et humaine, loin des décors artificiels des studios.
Lieu où Murnau trouve la mort le 11 mars 1931 dans un accident de voiture sur la route côtière. Il avait 42 ans et ne vit jamais la sortie de Tabu, son testament artistique.
