Ful médamès du matin
Des fèves brunes mijotées toute la nuit à feu doux, écrasées grossièrement et réveillées d'huile, d'ail, de citron et de cumin. On les mange à même la marmite, ramassées au pain baladi encore chaud. Le plat qui nourrit l'Égypte au réveil depuis les pharaons.
Des fèves brunes mijotées toute la nuit à feu doux, écrasées grossièrement et réveillées d'huile, d'ail, de citron et de cumin. On les mange à même la marmite, ramassées au pain baladi encore chaud. Le plat qui nourrit l'Égypte au réveil depuis les pharaons.
Écoute-moi, mon frère : ce plat-là, c'est l'Égypte elle-même. Quand j'étais petit, à Beni Mor, ma mère laissait les fèves chanter sur la braise toute la nuit, et l'odeur du kammoun nous réveillait avant le muezzin. On ne mange pas le ful avec une fourchette d'effendi — on le ramasse au pain, à pleine main, avec ses frères. Un président qui oublie le goût des fèves de son village a oublié son peuple, et moi je ne l'ai jamais oublié.
- •Fèves brunes (ful hammam) — un grand bol, trempées la veille (base)
- •Huile (olive ou lin) — un bon filet (liant gras)
- •Ail pilé — quelques gousses (aromate)
- •Cumin grillé et moulu — une bonne pincée (signature)
- •Citron — le jus d'un (acidité)
- •Sel — au goût (assaisonnement)
- •Pain baladi — à volonté (accompagnement)
Ful médamès du matin
Des fèves brunes mijotées toute la nuit à feu doux, écrasées grossièrement et réveillées d'huile, d'ail, de citron et de cumin. On les mange à même la marmite, ramassées au pain baladi encore chaud. Le plat qui nourrit l'Égypte au réveil depuis les pharaons.
Pourquoi ce plat ? Nasser, né dans une famille modeste de Haute-Égypte, a mangé le ful toute sa vie : c'est le déjeuner du fellah, de l'officier et du président. Les chroniques de sa table à Héliopolis le décrivent fidèle à cette cuisine simple du Nil, qu'il revendiquait comme un lien avec le peuple.
Écoute-moi, mon frère : ce plat-là, c'est l'Égypte elle-même. Quand j'étais petit, à Beni Mor, ma mère laissait les fèves chanter sur la braise toute la nuit, et l'odeur du kammoun nous réveillait avant le muezzin. On ne mange pas le ful avec une fourchette d'effendi — on le ramasse au pain, à pleine main, avec ses frères. Un président qui oublie le goût des fèves de son village a oublié son peuple, et moi je ne l'ai jamais oublié.
Ingrédients (version d’époque)
- Fèves brunes (ful hammam) — un grand bol, trempées la veille (base)
- Huile (olive ou lin) — un bon filet (liant gras)
- Ail pilé — quelques gousses (aromate)
- Cumin grillé et moulu — une bonne pincée (signature)
- Citron — le jus d'un (acidité)
- Sel — au goût (assaisonnement)
- Pain baladi — à volonté (accompagnement)
Ingrédients
- Fèves cuites en conserve (ful medames) — 2 boîtes de 400 g (base)
- Huile d'olive — 4 c. à soupe (liant gras)
- Ail — 2 gousses pressées (aromate)
- Cumin moulu — 1 c. à café (signature)
- Citron — 1 (jus) (acidité)
- Sel — 1/2 c. à café (assaisonnement)
- Persil plat ciselé — une poignée (garniture)
- Pain pita ou baladi — 4 pains (accompagnement)
Préparation
- Verser les fèves avec leur jus dans une casserole et chauffer doucement 10 min.
- Écraser grossièrement à la fourchette ou au pilon, en gardant des fèves entières.
- Hors du feu, ajouter l'ail pressé, le jus de citron, le cumin et le sel ; mélanger.
- Dresser dans un bol creux, creuser un puits, y verser généreusement l'huile d'olive.
- Parsemer de persil et servir brûlant avec le pain chaud à déchirer.
Comment on faisait : Avant le gaz, les fèves cuisaient des heures dans une marmite à col étroit (la qidra) enfouie dans les braises ou portée à la fabrique du quartier (le fawwâl) où chacun apportait sa gamelle au petit matin. Le cumin était grillé à sec puis pilé au mortier juste avant usage.
Le twist contemporain : Une cuillère de tahini lissée dans les fèves et un œuf mollet posé dessus : le ful d'un président qui aurait sauté le petit-déjeuner d'État.
Sources : Claudia Roden, A Book of Middle Eastern Food · Magda Mehdawy, My Egyptian Grandmother's Kitchen
Gamal Abdel Nasser · Charactorium