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Potage Crécy
Pourquoi ce plat ? Bizet menait la vie d'un bourgeois parisien laborieux, penché des heures sur son piano droit. Un potage de carottes, doux et nourrissant, était le plat du soir ordinaire d'un ménage comme le sien : économique, réconfortant, prêt à mijoter pendant qu'on travaillait une partition.
Un velouté de carottes lié au riz, d'un beau jaune orangé, d'une douceur naturelle relevée d'une noix de beurre. Le classique des classiques de la cuisine ménagère du XIXe siècle, qui ouvrait le repas sans façon.
Voyez-vous, quand on a passé la journée à griffonner des croches qui ne veulent pas chanter, rien ne console comme un bon potage. Ma femme le faisait passer au tamis jusqu'à ce qu'il fût velouté comme un legato — pas un grumeau, je vous prie ! On y jette une poignée de riz pour le lier, une belle motte de beurre frais pour finir, et l'on s'attable enfin l'esprit en paix. C'est modeste, soit, mais croyez-moi, un homme bien soupé compose mieux.
- •Carottes — une bonne botte (base douce du potage)
- •Riz — une poignée (liaison)
- •Beurre frais — une motte (rondeur et brillant)
- •Bouillon de pot-au-feu — à hauteur (fond du potage)
- •Sel, sucre — selon le goût (assaisonnement)
Potage Crécy
Un velouté de carottes lié au riz, d'un beau jaune orangé, d'une douceur naturelle relevée d'une noix de beurre. Le classique des classiques de la cuisine ménagère du XIXe siècle, qui ouvrait le repas sans façon.
Pourquoi ce plat ? Bizet menait la vie d'un bourgeois parisien laborieux, penché des heures sur son piano droit. Un potage de carottes, doux et nourrissant, était le plat du soir ordinaire d'un ménage comme le sien : économique, réconfortant, prêt à mijoter pendant qu'on travaillait une partition.
Voyez-vous, quand on a passé la journée à griffonner des croches qui ne veulent pas chanter, rien ne console comme un bon potage. Ma femme le faisait passer au tamis jusqu'à ce qu'il fût velouté comme un legato — pas un grumeau, je vous prie ! On y jette une poignée de riz pour le lier, une belle motte de beurre frais pour finir, et l'on s'attable enfin l'esprit en paix. C'est modeste, soit, mais croyez-moi, un homme bien soupé compose mieux.
Ingrédients (version d’époque)
- Carottes — une bonne botte (base douce du potage)
- Riz — une poignée (liaison)
- Beurre frais — une motte (rondeur et brillant)
- Bouillon de pot-au-feu — à hauteur (fond du potage)
- Sel, sucre — selon le goût (assaisonnement)
Ingrédients
- Carottes — 600 g (base douce du potage)
- Riz rond — 50 g (liaison)
- Beurre — 40 g (rondeur et brillant)
- Bouillon de volaille ou de bœuf — 1 litre (fond du potage)
- Sel et une pincée de sucre — selon le goût (assaisonnement)
Préparation
- Épluchez et émincez les carottes en fines rondelles.
- Faites-les fondre doucement dans la moitié du beurre, à couvert, sans coloration, une dizaine de minutes.
- Ajoutez le riz et le bouillon, salez, et laissez mijoter 30 minutes jusqu'à ce que carottes et riz soient bien tendres.
- Mixez finement, puis passez au tamis ou au chinois pour un velouté parfaitement lisse.
- Hors du feu, incorporez le reste du beurre froid en fouettant, rectifiez sel et pincée de sucre, et servez bien chaud.
Comment on faisait : Au XIXe siècle, on liait les potages au riz, au tapioca ou à la croûte de pain plutôt qu'à la crème, et l'on passait obligatoirement au tamis de crin : le velouté parfait était une marque de bonne maison. Le bouillon provenait souvent du pot-au-feu de la veille, rien ne se perdait.
Le twist contemporain : Une cuillère de crème fouettée non sucrée et quelques graines de carotte torréfiées posées dessus, et votre potage Crécy a des airs de bistronomie.
Georges Bizet · Charactorium





