Georges Marchais

Georges Marchais

1920 — 1997

France

PolitiqueSociétéXXe siècleGuerre froide et décolonisation, montée puis déclin du communisme en Europe occidentale (1960-1994)

Secrétaire général du Parti communiste français de 1972 à 1994, Georges Marchais fut l'une des figures majeures de la gauche française pendant la Guerre froide. Il incarna un communisme orthodoxe, soutenant l'intervention soviétique en Afghanistan en 1980.

Citations célèbres

« La lutte des classes, c'est pas moi qui l'ai inventée. »
« Le bilan du socialisme réel est globalement positif. »

Faits marquants

  • Né le 7 juin 1920 à Yvry-sur-Seine, mort le 16 novembre 1997
  • Secrétaire général du PCF de 1972 à 1994
  • Candidat à l'élection présidentielle de 1981, obtenant 15,35% des voix
  • Soutient publiquement l'intervention soviétique en Afghanistan en 1980
  • Rupture du Programme commun de la gauche avec le PS en 1977

Œuvres & réalisations

Le Défi démocratique (1973)

Ouvrage programmatique dans lequel Marchais expose la voie française au socialisme et justifie l'union de la gauche. Il marque la tentative du PCF de se démarquer d'un communisme autoritaire.

Programme commun de gouvernement (PCF-PS) (1972)

Document fondateur de l'union de la gauche, co-signé avec le Parti socialiste. Il représente le moment de plus grande influence programmatique du PCF depuis la Libération.

L'Espoir au présent (1980)

Livre-programme publié à la veille de l'élection présidentielle de 1981, dans lequel Marchais développe les propositions du PCF pour transformer la société française.

Parlons franchement (1977)

Recueil d'interviews et de discours où Marchais explique sa politique, notamment la rupture du Programme commun. Son style direct et populaire y est parfaitement illustré.

Rapport au XXIIe Congrès du PCF — abandon de la dictature du prolétariat (1976)

Discours historique par lequel le PCF renonce officiellement à la notion de dictature du prolétariat, tentant de moderniser son image dans la perspective de l'union de la gauche.

Secrétariat général du PCF (1972-1994) (1972–1994)

Pendant 22 ans, Marchais dirige le PCF et en fait l'un des partis communistes occidentaux les plus puissants, avant d'assister à son déclin progressif après 1981.

Anecdotes

Lors de l'élection présidentielle de 1981, Georges Marchais participa à un débat télévisé mémorable face à Valéry Giscard d'Estaing. Sa verve populaire et ses répliques cinglantes lui valurent une réputation d'orateur redoutable, capable de galvaniser les foules ouvrières comme de déstabiliser ses adversaires politiques.

La question de son passé pendant l'Occupation ne cessa de le hanter. Marchais affirma avoir été réquisitionné de force pour travailler en Allemagne ; des historiens contestèrent cette version, affirmant qu'il s'y était rendu volontairement. Cette controverse illustre les zones d'ombre qui pesèrent sur sa carrière.

Marchais fut l'un des premiers responsables politiques français à utiliser massivement la télévision comme tribune. Son style direct, parfois agressif, et ses formules populaires — comme son fameux 'C'est scandaleux !' — marquèrent durablement le vocabulaire politique de l'époque.

En 1979, lors de l'invasion soviétique de l'Afghanistan, Marchais déclara depuis Moscou approuver 'globalement' le bilan du socialisme soviétique. Cette déclaration choqua une partie de la gauche française et contribua à fragiliser l'image du PCF auprès des électeurs progressistes.

Secrétaire général pendant plus de vingt ans, Marchais transforma le PCF en machine électorale disciplinée tout en défendant un marxisme-léninisme orthodoxe. Sa rupture avec le Programme commun en 1977 brisa l'union de la gauche et est souvent citée comme l'une des causes de la montée du Parti socialiste au détriment du PCF.

Sources primaires

Discours de rupture du Programme commun — Comité central du PCF (Septembre 1977)
Nous avons constaté que le Parti socialiste a fondamentalement modifié le contenu du Programme commun. Dans ces conditions, la responsabilité de l'échec des négociations incombe entièrement au Parti socialiste.
Déclaration de Georges Marchais sur l'intervention soviétique en Afghanistan — TF1 (Décembre 1979)
Nous approuvons globalement le bilan du socialisme réel. Les conquêtes sociales accomplies dans les pays socialistes sont considérables et méritent d'être défendues.
Profession de foi de Georges Marchais — élection présidentielle de 1981 (Avril 1981)
Je me présente devant vous au nom des travailleurs, des femmes et des hommes qui veulent en finir avec la société capitaliste et construire le socialisme en France, dans la liberté et la démocratie.
Rapport au XXIIe Congrès du PCF — abandon de la dictature du prolétariat (Février 1976)
Le parti propose d'effacer de ses statuts la notion de dictature du prolétariat, incompatible avec la voie démocratique au socialisme que nous défendons pour la France.
Interview accordée au journal L'Humanité (Mai 1972)
Le Parti communiste français entend défendre les intérêts des travailleurs par tous les moyens démocratiques. Nous refusons toute logique de guerre froide qui divise le mouvement ouvrier.

Lieux clés

La Courneuve — Fête de L'Humanité

Chaque automne, ce vaste terrain de la banlieue nord parisienne accueillait la Fête de l'Humanité, rendez-vous incontournable de la gauche française où Marchais prenait la parole devant des foules immenses.

Siège du PCF — Place du Colonel Fabien, Paris

Conçu par Oscar Niemeyer et inauguré en 1971, ce bâtiment iconique du 19e arrondissement de Paris était le quartier général du PCF sous la direction de Marchais.

Giat-les-Mines (Puy-de-Dôme)

Ville natale de Georges Marchais, dans la France profonde des travailleurs manuels. Son origine modeste dans cette commune industrielle nourrissait son discours sur la condition ouvrière.

Palais de l'Élysée, Paris

Marchais n'y accéda jamais comme président, mais il fut un acteur central des joutes électorales qui déterminèrent qui y résiderait. Son score de 1981 marqua le début du déclin électoral du PCF.

Moscou — Kremlin

Marchais se rendit plusieurs fois à Moscou pour rencontrer les dirigeants soviétiques. C'est depuis la capitale soviétique qu'il fit sa déclaration controversée de 1979 sur l'Afghanistan.

Galerie

Georges Marchais

Georges Marchais

Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — David Boeno

Georges Marchais (cropped)

Georges Marchais (cropped)

Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — David Boeno

Georges Marchais (cropped 2)

Georges Marchais (cropped 2)

Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — David Boeno

Paul vergès-georges marchais-angélo lauret

Paul vergès-georges marchais-angélo lauret

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Elce2010

Georges Marchais (cropped) 2

Georges Marchais (cropped) 2

Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — David Boeno


The implications of Eurocommunism for the NATO alliance : a case study of Italy and PCI.

The implications of Eurocommunism for the NATO alliance : a case study of Italy and PCI.

Wikimedia Commons, Public domain — Vatikiotis, Darlene Weidler

Voir aussi