Éducatrice et militante nigériane (1900-1978), elle dirigea le mouvement des femmes Abeokuta contre la taxation coloniale britannique. Pionnière du suffrage féminin au Nigeria, elle fut la première femme à conduire une voiture dans son pays et la mère du musicien Fela Kuti.
Funmilayo Ransome-Kuti(1900 — 1978)
Funmilayo Ransome-Kuti
Nigeria
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1900 : naissance à Abeokuta, Nigeria, alors sous domination coloniale britannique
- 1932 : fonde le Ladies' Club d'Abeokuta, qui deviendra l'Union des femmes d'Abeokuta (AWU)
- 1947-1949 : mène une campagne victorieuse contre la taxe discriminatoire imposée aux femmes par l'administration coloniale, forçant le départ du chef (alake) local
- 1949 : l'AWU compte près de 100 000 membres, l'une des plus grandes organisations féminines d'Afrique
- 1978 : décède après avoir été défenestrée lors d'un raid militaire contre son fils Fela Kuti
Œuvres & réalisations
Organisation politique pionnière qu'elle fonda et dirigea, rassemblant des milliers de femmes de toutes origines pour défendre leurs droits face à l'administration coloniale britannique.
Mouvement de protestation massif qu'elle organisa, aboutissant à l'abolition de la taxe et à l'abdication de l'Alake, démonstration historique de la puissance du militantisme féminin africain.
Extension nationale de son organisation locale, visant à fédérer les femmes de tout le Nigeria dans un combat commun pour le droit de vote et l'égalité des droits.
Fédération nationale qu'elle créa pour coordonner les différentes associations féminines nigérianes et peser davantage dans les négociations pour l'indépendance.
Participation active à des conférences internationales en Europe et en Asie pour défendre la décolonisation africaine et tisser des alliances avec les mouvements de libération du monde entier.
Anecdotes
En 1947, Funmilayo Ransome-Kuti organisa une marche de plus de 10 000 femmes d'Abeokuta pour protester contre une taxe coloniale britannique imposée uniquement aux femmes. Le cortège impressionna tellement les autorités que le souverain local, l'Alake Ademola II, fut contraint d'abdiquer temporairement en 1949.
Née Frances Abigail Olufunmilayo Thomas, elle décida jeune adulte de rejeter son prénom anglais 'Frances' pour affirmer son identité yoruba. Ce geste symbolique illustrait son engagement profond pour la culture africaine à une époque où beaucoup de ses compatriotes adoptaient des noms européens.
Funmilayo fut la première femme à conduire une voiture au Nigeria, exploit remarqué dans une société où les femmes étaient cantonnées à des rôles très limités. Elle utilisait ses déplacements en automobile pour sillonner le pays et mobiliser les femmes rurales autour de ses combats politiques.
Elle fut reçue en audience par la reine Elizabeth II à Londres et rencontra des dirigeants comme Mao Zedong et Nikita Khrouchtchev, ce qui lui valut d'être surveillée par les services secrets britanniques et américains pendant la Guerre froide. Son passeport lui fut confisqué par le gouvernement nigérian en 1956.
Sa mort en 1978 est directement liée à la brutalité du régime militaire : des soldats lancèrent Funmilayo, âgée de 77 ans, par une fenêtre lors d'un raid contre la maison de son fils Fela Kuti. Elle mourut de ses blessures quelques semaines plus tard, devenant ainsi un symbole du courage face à la tyrannie.
Sources primaires
We, the women of Abeokuta, humbly beg to state that the present system of taxation is unjust and unbearable. We are not represented in the council which imposes this tax, yet we are made to pay.
African women are not free. They are doubly oppressed — as Africans under colonial rule and as women in a society that denies them basic rights. Our struggle is one.
I write to demand that the practice of taxing women without granting them representation be immediately abolished. We are not subjects to be exploited but citizens deserving of justice.
The Abeokuta Women's Union is founded to protect the rights and dignity of all women, regardless of religion or tribe, to fight all forms of oppression and to secure full political representation for women in Nigeria.
Lieux clés
Ville natale de Funmilayo et foyer de son mouvement : c'est ici qu'elle fonda l'Abeokuta Women's Union et que se déroulèrent les grandes marches contre la taxation coloniale.
Capitale économique et politique où Funmilayo porta ses revendications au niveau national et soutint les luttes d'indépendance nigérianes.
Elle se rendit à plusieurs reprises à Londres pour interpeller directement les autorités coloniales britanniques et plaider la cause des femmes nigérianes au Colonial Office.
Ville où elle participa en 1953 au congrès de la Women's International Democratic Federation, portant la voix des femmes africaines sur la scène internationale.
Elle rencontra Mao Zedong lors d'une visite en Chine dans le cadre de ses relations avec des mouvements anticoloniaux et de solidarité internationale.
Objets typiques

Funmilayo portait fièrement le vêtement traditionnel yoruba, notamment lors de ses actions politiques, pour affirmer son identité africaine face à la culture coloniale britannique.

Outil indispensable de son militantisme, elle rédigeait pétitions, lettres officielles et manifestes pour interpeller les autorités coloniales et mobiliser les femmes nigérianes.
📷 Domaine public · Wikimedia Commons ↗
Première femme à conduire une voiture au Nigeria, son véhicule lui permettait de traverser le pays pour organiser les femmes rurales et étendre l'influence de l'Abeokuta Women's Union.

Funmilayo gérait rigoureusement les finances et l'organisation de ses associations, tenant des registres précis des membres et des actions menées.

Enseignante de formation, elle utilisait ces outils dans sa classe pour alphabétiser les femmes et les jeunes filles, convaincue que l'éducation était le premier outil d'émancipation.

Les taxes imposées aux femmes d'Abeokuta par l'administration britannique furent le déclencheur de son action militante la plus emblématique et le symbole de l'injustice qu'elle combattit.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Funmilayo se levait à l'aube pour préparer ses cours à l'école primaire d'Abeokuta où elle enseignait. Elle lisait les journaux nigérians et britanniques pour rester informée des actualités politiques, puis consacrait une heure à la rédaction de lettres aux autorités coloniales ou à ses réseaux militants.
Après-midi
L'après-midi était souvent consacré aux réunions de l'Abeokuta Women's Union, où elle recevait des femmes venues de villages environnants. Elle organisait des sessions d'alphabétisation pour les femmes rurales et discutait des stratégies de résistance face aux nouvelles mesures fiscales coloniales.
Soir
Le soir, sa maison devenait un lieu de rassemblement pour militants et intellectuels nigérians. Elle recevait des correspondances de ses alliés internationaux, rédigeait des discours et planifiait les prochaines actions avec ses proches collaboratrices, avant une soirée en famille auprès de ses enfants, dont le jeune Fela.
Alimentation
Comme la majorité des familles yoruba d'Abeokuta, elle se nourrissait de riz jollof, d'egusi (soupe aux graines de courge), d'igname pilée (iyan) accompagnée de sauces épicées, et de poisson fumé. Les repas familiaux étaient un moment de transmission culturelle et de discussion politique.
Vêtements
Funmilayo portait fièrement le vêtement traditionnel yoruba : un pagne (iro) en tissu wax imprimé aux couleurs vives, un buba (blouse ample), et un gele, imposant foulard noué en forme de coiffe. Elle rejetait délibérément les robes européennes que l'élite colonisée adoptait, faisant de sa tenue un acte politique.
Habitat
Elle vivait dans une maison de style colonial-afro à Abeokuta, spacieuse pour accueillir réunions et visiteurs. La demeure familiale était équipée de bibliothèques garnies d'ouvrages politiques et juridiques, d'un bureau pour ses activités militantes et d'une salle de classe informelle où elle alphabétisait les femmes du quartier.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Portrait militant et coloré dans une palette chaude afro-coloniale, mêlant photographie documentaire des années 1940 et motifs graphiques des textiles yoruba.
Ambiance sonore
L'ambiance sonore d'Abeokuta dans les années 1940 : l'effervescence du marché, les tambours yoruba annonçant un rassemblement politique et les voix de milliers de femmes en marche.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Fondation de l'Abeokuta Women's Union
1946
Campagne contre la taxation coloniale des femmes
1947-1949
Fondation du Nigerian Women's Union
1949
Fondation du Federation of Nigerian Women's Societies
1953
Militantisme international pour le panafricanisme
1950-1960






