Gerty Cori(1896 — 1957)
Gerty Theresa Cori
États-Unis, Tchécoslovaquie, Cisleithanie
9 min de lecture
Biochimiste américaine d'origine tchèque, Gerty Cori est la première femme à recevoir le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1947, qu'elle partage avec son mari Carl Cori. Ses travaux sur le métabolisme du glycogène ont fondé la biochimie moderne.
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1896 : naissance à Prague (Empire austro-hongrois)
- 1920 : obtient son doctorat en médecine à Prague, où elle rencontre Carl Cori
- 1929 : décrit le cycle de Cori, mécanisme de conversion du glucose en glycogène
- 1947 : première femme lauréate du prix Nobel de physiologie ou médecine
- 1957 : décès à Saint-Louis (Missouri, États-Unis)
Œuvres & réalisations
Gerty et Carl Cori décrivent le mécanisme par lequel le glycogène musculaire est dégradé en acide lactique, transporté par le sang au foie, puis reconverti en glycogène. Ce cycle fondamental explique la régulation de l'énergie dans l'organisme au repos et à l'effort.
Découverte d'un intermédiaire chimique clé dans le métabolisme du glycogène, baptisé 'ester de Cori' en leur honneur. Cette molécule est au cœur de la chaîne de réactions enzymatiques qui permettent la mobilisation des réserves de sucre dans l'organisme.
Gerty Cori réussit à obtenir la phosphorylase sous forme cristalline, exploit technique permettant d'étudier précisément sa structure et son mécanisme d'action. Cette avancée fut décisive pour comprendre comment l'organisme libère l'énergie stockée dans le glycogène.
Discours scientifique prononcé à l'Académie Nobel de Stockholm, synthétisant vingt ans de découvertes sur le métabolisme du glycogène et ouvrant la voie à l'étude biochimique des maladies héréditaires métaboliques.
Dans ses dernières années, Gerty Cori identifia et classa plusieurs maladies héréditaires causées par des déficits enzymatiques dans le métabolisme du glycogène, fondant ainsi la biochimie médicale des maladies de stockage et préfigurant la génétique médicale moderne.
Anecdotes
Lorsque Gerty et Carl Cori cherchèrent leurs premiers emplois aux États-Unis dans les années 1920, les institutions universitaires leur déconseillèrent régulièrement de travailler ensemble, craignant que leur mariage ne nuise à l'objectivité scientifique. À l'Université Washington de Saint-Louis, Gerty fut embauchée comme simple assistante de recherche avec un salaire plusieurs fois inférieur à celui de son mari, malgré des compétences scientifiques équivalentes.
Le couple Cori développa une méthode de travail si étroite et complémentaire que leurs collègues les surnommaient 'l'équipe Cori'. Carl planifiait souvent les expériences dans leurs grandes lignes, mais c'est Gerty qui réalisait les manipulations les plus délicates : c'est elle qui réussit la cristallisation de la phosphorylase du glycogène en 1943, une prouesse technique qui stupéfia la communauté biochimique internationale.
Quand Gerty Cori apprit en 1947 qu'elle allait recevoir le prix Nobel de physiologie ou médecine, elle souffrait déjà d'une myélosclérose, une maladie rare de la moelle osseuse probablement contractée lors d'expositions répétées aux rayonnements dans ses premières années de recherche. Elle monta pourtant sur scène à Stockholm avec dignité, devenant la première femme à recevoir cette distinction dans cette catégorie.
Malgré la maladie qui affaiblissait progressivement son corps, Gerty Cori continua à travailler dans son laboratoire presque jusqu'à sa mort en 1957. Elle rédigeait ses derniers articles sur les maladies du stockage du glycogène depuis son fauteuil, inspirant profondément ses étudiants par son refus de capituler devant la souffrance physique.
Avant d'entrer à la faculté de médecine de Prague, Gerty dut passer un examen de niveau en latin et en sciences naturelles qu'elle n'avait pas eu l'occasion d'étudier dans son lycée pour jeunes filles. Elle prépara cet examen en quelques mois seulement, le réussit brillamment, et intégra la faculté où elle rencontra Carl Cori, son futur mari et partenaire scientifique pour toute une vie.
Sources primaires
The present experiments show that lactic acid formed in the muscles during exercise is carried by the blood to the liver, where it is resynthesized into glycogen. This cycle between lactic acid and glycogen constitutes the main pathway by which carbohydrate is made available for muscular work.
Glucose-1-phosphoric acid has been isolated as an intermediate product in the enzymatic breakdown and synthesis of glycogen. The compound, formed through the action of phosphorylase on glycogen in the presence of inorganic phosphate, can be reconverted into glycogen by the same enzyme.
Muscle phosphorylase has been obtained in crystalline form. The crystals retain full enzymatic activity, catalyzing the reversible phosphorolysis of glycogen to glucose-1-phosphate. Two interconvertible forms of the enzyme, phosphorylase a and phosphorylase b, have been distinguished.
The elucidation of the enzymatic steps of glycogen degradation has opened a new approach to the study of inherited metabolic diseases. Several types of glycogen storage disease can now be explained as the result of a specific enzymatic deficiency, each type being associated with an accumulation of glycogen of normal or abnormal structure.
Six types of glycogen storage disease are now recognized, each characterized by a specific enzymatic defect. The recognition of these diseases as inborn errors of metabolism opens the possibility of a rational biochemical classification of hereditary diseases.
Lieux clés
Ville natale de Gerty Cori, où elle grandit dans une famille juive cultivée et fit ses études de médecine à l'Université germano-pragoise. C'est là qu'elle rencontra Carl Cori, son futur mari et collaborateur pour toute une vie scientifique.
Premier poste américain du couple Cori après leur émigration en 1922, où Gerty travailla comme assistante au département de pathologie. C'est là qu'ils commencèrent leurs premières recherches communes sur le métabolisme des glucides.
Cadre principal de la carrière scientifique de Gerty Cori à partir de 1931, où elle réalisa toutes ses découvertes majeures sur le glycogène. Elle n'y obtint un poste de professeure titulaire qu'en 1947, après avoir reçu le prix Nobel.
Ville où Gerty Cori reçut le prix Nobel de physiologie ou médecine le 10 décembre 1947, prononçant une conférence scientifique remarquée sur les maladies enzymatiques du glycogène.






