La carte de Gustave Flaubert
Plat de ménage (fricot du quotidien)

Matelote d'anguille de Seine

QuotidienReconstitution🧂 🍋 🍄moyen50 min

Tronçons d'anguille mijotés dans un fond de cidre ou de vin rouge, avec petits oignons, lardons et champignons, le tout lié au beurre. Un ragoût roboratif de bord de fleuve, simple et profond.

Plat de ménage (fricot du quotidien)

Tronçons d'anguille mijotés dans un fond de cidre ou de vin rouge, avec petits oignons, lardons et champignons, le tout lié au beurre. Un ragoût roboratif de bord de fleuve, simple et profond.

De ma fenêtre, à Croisset, je voyais la Seine charrier ses barques et ses anguilles ; on m'en montait de fraîches, grasses à souhait. Je n'ai aucune honte à l'avouer : j'aimais manger, et lourdement. Cette matelote, on la laissait pousser à petit feu, les oignons fondus, le cidre réduit jusqu'à napper la cuiller. Ce n'est pas un plat de salon, c'est un plat d'ermite qui travaille — celui qu'on engloutit seul, le soir, quand la phrase ne vient pas et qu'au moins le ventre, lui, ne vous trahit pas.
Gustave Flaubert
Ingrédients
  • Anguille de Seineune belle pièce (base)
  • Cidre ou vin rouge du paysune bouteille (fond de cuisson)
  • Petits oignonsune douzaine (garniture)
  • Lard de poitrineun morceau (gras et goût)
  • Champignonsune poignée (garniture)
  • Beurre et farinece qu'il faut (liaison)
  • Bouquet d'herbesthym, laurier (aromates)
Comment on faisait : La matelote est le ragoût de poisson de rivière par excellence dans la France du XIXe siècle ; chaque vallée a la sienne. En Normandie on la fait volontiers au cidre, ailleurs au vin rouge. C'était un plat populaire et domestique, mitonné longtemps pour attendrir une chair grasse comme celle de l'anguille.
Sources : Urbain Dubois, La Cuisine de tous les pays (1868) · Traditions culinaires des bords de Seine normands, XIXe siècle