Retour à Gustave Flaubert
Le service à la française du dîner bourgeois normand
Au XIXe siècle, la table de la bourgeoisie de province et des restaurants parisiens ne se résume pas au trio entrée-plat-dessert : elle se déploie en plusieurs « services » apportés ensemble — le potage, les relevés (grosses pièces de poisson ou de viande), les fricots et plats de ménage du quotidien, puis les entremets sucrés. À Croisset, Flaubert tient une table normande ample et grasse ; à Paris, chez Magny ou Brébant, il passe au registre du relevé soigné des dîners littéraires. À cela s'ajoutent les boissons de voyage rapportées d'Orient et les douceurs de garde que l'on cuisait en grande quantité pour tenir plusieurs jours.
Signature : La trinité normande : crème, beurre et pomme
La cuisine de Flaubert respire la Normandie de l'Hôtel-Dieu de Rouen et de Croisset : la crème épaisse, le beurre fermier et la pomme (en fruit, en cidre, en eau-de-vie) lient presque tous les plats. C'est le gras opulent du pays de Caux, celui d'un homme qui, comme il l'écrivait, aimait « se rouler » dans les sensations autant que dans les phrases.

Gustave Flaubert à table

1821 — 1880

4 recettes d’époque