Hedy Lamarr(1914 — 2000)

Hedy Lamarr

Autriche, États-Unis

9 min de lecture

TechnologieSpectacleInventeur/triceActeur/triceXXe siècleActrice et inventrice du saut de fréquence (base du Wi-Fi/Bluetooth)

actrice, productrice et scientifique américaine d'origine autrichienne

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Hedy Lamarr (1914-2000) mena une double vie : vedette hollywoodienne des années 1930-1940 et inventrice méconnue. Ce qui frappe ici, c'est que sa célébrité comme actrice dans Samson et Dalila ou Alger a longtemps occulté son rôle dans l'invention du saut de fréquence, base du Wi-Fi et du Bluetooth. Contrairement à l'image de simple « plus belle femme du monde » que lui collait la MGM, elle était une passionnée de technique, capable de concevoir un système de guidage de torpilles pendant la guerre.

Faits marquants

  • Née Hedwig Eva Maria Kiesler à Vienne en 1914, elle devient actrice à Hollywood dans les années 1930-1940 sous le nom de Hedy Lamarr
  • En 1942, elle co-invente avec le compositeur George Antheil un système de guidage de torpilles par étalement de spectre, ancêtre du Wi-Fi et du Bluetooth
  • Elle obtient un brevet américain pour cette invention (brevet n°2 292 387) pendant la Seconde Guerre mondiale
  • Sa technologie de saut de fréquence est adoptée par la marine américaine dans les années 1960 et sert de base aux communications sans fil modernes
  • Elle reçoit en 1997 le Electronic Frontier Foundation Pioneer Award pour sa contribution à l'informatique et aux télécommunications

Œuvres & réalisations

Brevet n° 2 292 387 — « Secret Communication System » (11 août 1942)

Co-inventé avec George Antheil, ce système de saut de fréquence constitue la base théorique du Wi-Fi, du Bluetooth et du CDMA. C'est l'œuvre la plus influente de Hedy Lamarr, même si sa portée ne fut reconnue qu'un demi-siècle après son dépôt.

Alger (Algiers) (1938)

Son premier grand rôle hollywoodien, aux côtés de Charles Boyer, lui valut une reconnaissance internationale immédiate. Ce film lança définitivement le mythe Hedy Lamarr dans le monde entier.

Samson et Dalila (Samson and Delilah) (1949)

Réalisé par Cecil B. DeMille, ce péplum biblique fut un triomphe commercial colossal. Hedy Lamarr y incarna Dalila avec une intensité dramatique qui resta dans la mémoire collective hollywoodienne.

Ecstasy (Ekstase) (1933)

Film tchécoslovaque de Gustav Machatý qui provoqua un scandale mondial. Bien qu'elle le regretta toute sa vie, ce film lui apporta une notoriété précoce qui attira l'attention des producteurs américains.

Ecstasy and Me: My Life as a Woman — autobiographie (1966)

Mémoires dans lesquels Hedy Lamarr décrit sa vie avec une franchise rare pour l'époque. Elle renia aussitôt le livre, affirmant que les éditeurs avaient trahi ses confidences, et intenta un procès.

Boom Town (1940)

Film d'aventures avec Clark Gable et Spencer Tracy, qui fut l'un des plus grands succès au box-office de l'année. Il témoigne du sommet de la carrière hollywoodienne de Hedy Lamarr.

Anecdotes

En 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, Hedy Lamarr et le compositeur George Antheil déposèrent un brevet pour un système de « saut de fréquence » destiné à guider les torpilles sans que l'ennemi ne puisse brouiller le signal. L'US Navy refusa le brevet, estimant l'idée trop fantaisiste. Elle ne reçut jamais de compensation financière pour cette invention.

Avant de fuir l'Europe, Hedy Lamarr avait épousé Friedrich Mandl, un richissime marchand d'armes autrichien qui travaillait avec les nazis et les fascistes italiens. Elle assistait malgré elle à des réunions militaires secrètes où elle absorba des connaissances techniques sur les systèmes de guidage — des savoirs qu'elle retourna ensuite contre l'Axe.

En 1997, alors qu'elle avait 82 ans et était oubliée du grand public, la Electronic Frontier Foundation lui remit le Pioneer Award pour sa contribution fondatrice aux technologies sans fil. C'est l'un des rares cas où un brevet du XXe siècle a directement engendré des milliards de dollars de technologies modernes (Wi-Fi, Bluetooth, GPS) sans que son inventrice n'en profite.

MGM, le grand studio hollywoodien qui l'avait sous contrat dans les années 1940, ne voyait en elle qu'un beau visage. Louis B. Mayer l'appelait « la plus belle femme du monde » mais refusait de la laisser jouer des rôles complexes. Lassée d'être cantonnée aux rôles de séductrice, elle se tourna de plus en plus vers ses travaux d'invention dans son atelier personnel.

En 1966, Hedy Lamarr publia une autobiographie sulfureuse intitulée *Ecstasy and Me* où elle racontait sa vie avec une franchise qui choqua Hollywood. Elle regretta aussitôt sa publication, affirmant que les éditeurs avaient déformé ses propos, et tenta d'en faire interdire la diffusion par voie judiciaire.

Sources primaires

Brevet américain n° 2 292 387 — « Secret Communication System » (11 août 1942)
A system is described for secret communication... the carrier frequency of the transmitter is caused to change or shift at intervals. The particular sequence of frequencies employed constitutes a code which, without knowledge of the code, renders the transmissions non-interceptable.
Ecstasy and Me: My Life as a Woman — autobiographie de Hedy Lamarr (1966)
I have not been loved enough. That is certain. And what I have not found in real life, I have sought in the images on the screen.
Déclaration à la presse lors de la remise du Pioneer Award (EFF) (mars 1997)
It's about time.
Interview au New York Post (années 1940)
Any girl can be glamorous. All you have to do is stand still and look stupid.
Correspondance avec George Antheil — archives de la Library of Congress (1940-1941)
Letters exchanged between Lamarr and Antheil documenting the conceptual development of frequency hopping, drawing an analogy with the synchronized operation of player piano rolls.

Lieux clés

Vienne, Autriche

Ville natale d'Hedwig Kiesler, baignée dans la culture intellectuelle et artistique de l'Europe centrale de l'entre-deux-guerres. C'est là qu'elle développa ses premières passions pour le théâtre et les sciences.

Schloss Schwarzenau, Basse-Autriche

Résidence de son premier mari Friedrich Mandl, où elle était surveillée en permanence et assistait aux réunions d'affaires avec des officiels nazis et fascistes, accumulant malgré elle des connaissances en armement.

MGM Studios, Culver City, Los Angeles

Studio hollywoodien où Hedy Lamarr tourna ses plus grands succès américains (Alger, Samson et Dalila). C'est ici que se construisit sa célébrité internationale et que se forgea la contradiction entre l'actrice glamour et l'inventrice.

Office américain des brevets (USPTO), Washington D.C.

Institution où fut déposé le brevet n° 2 292 387 le 11 août 1942 — l'acte officiel qui consacre Hedy Lamarr comme inventrice, même si son importance ne fut reconnue que des décennies plus tard.

Casselberry, Floride

Ville où Hedy Lamarr vécut ses dernières années dans une relative obscurité, avant de mourir en janvier 2000. Elle y reçut la visite de journalistes qui contribuèrent à faire redécouvrir au grand public sa contribution technologique.

Liens externes & ressources

Voir aussi