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Hinenuitepō

Hine-nui-te-pō

6 min de lecture

MythologieSpiritualitéAvant J.-C.Mythologie polynésienne et maorie, transmise oralement dans les traditions ancestrales du peuple maori de Nouvelle-Zélande (Aotearoa), bien avant la période coloniale.

Hine-nui-te-pō est la déesse de la nuit et de la mort dans la mythologie maorie de Nouvelle-Zélande. Gardienne du monde souterrain (Rarohenga), elle accueille les âmes des défunts. Selon le mythe, elle tua le héros Māui qui tentait de conquérir l'immortalité pour l'humanité.

Questions fréquentes

Hine-nui-te-pō est la déesse de la nuit et de la mort dans la mythologie maorie. Gardienne du monde souterrain Rarohenga, elle accueille les âmes des défunts. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne à la fois la fin de la vie et la continuité des générations : les morts ne disparaissent pas, ils rejoignent leurs ancêtres sous sa protection. Elle est aussi celle qui a fixé la mortalité humaine en tuant le héros Māui qui tentait de conquérir l'immortalité.

Faits marquants

  • Déesse de la nuit et de la mort dans la mythologie maorie, régnant sur Rarohenga (le monde souterrain)
  • Fille du dieu Tāne et de Hine-ahuone, première femme façonnée dans l'argile
  • À l'origine nommée Hine-tītama, elle fuit dans l'au-delà en découvrant que Tāne était à la fois son père et son époux
  • Provoqua la mort du demi-dieu Māui, qui voulait rendre les humains immortels en traversant son corps
  • Figure transmise par tradition orale, sans date précise, dans la cosmogonie maorie pré-coloniale

Œuvres & réalisations

Transformation en gardienne des morts (temps mythique)

En descendant dans le Rarohenga, Hine-tītama devient Hine-nui-te-pō et établit l'accueil des âmes défuntes, fondant le lien entre les vivants et le monde d'en bas.

Mort de Māui et instauration de la mortalité (temps mythique)

En écrasant le héros Māui qui tentait de vaincre la mort, elle fixe à jamais le caractère mortel de l'humanité — un des récits étiologiques majeurs de la culture maorie.

Gardienne du Rarohenga (temps mythique)

Elle règne sur le monde souterrain et y reçoit les esprits, assurant la continuité entre les générations et les ancêtres.

Figure du whakapapa maori (tradition orale)

Sa généalogie, descendante de Tāne et Papatūānuku, structure les récits de création maoris transmis oralement et par les sculptures (whakairo).

Anecdotes

Hine-nui-te-pō ne naquit pas sous ce nom. Selon le mythe, elle s'appelait d'abord Hine-tītama, fille du dieu Tāne. En découvrant que son époux Tāne était aussi son père, elle fuit de honte vers le monde souterrain, où elle devint la gardienne des morts. Son ancien nom signifiait « jeune fille de l'aube », le nouveau « grande femme de la nuit ».

Le héros Māui voulut conquérir l'immortalité pour les humains en traversant le corps endormi de Hine-nui-te-pō, espérant en ressortir par sa bouche. Il demanda aux oiseaux qui l'accompagnaient de ne pas rire. Mais le petit pīwakawaka (rhipidure à collier) ne put se retenir et gloussa : la déesse se réveilla et écrasa Māui, scellant la mortalité de l'humanité.

Dans la tradition maorie, les yeux de Hine-nui-te-pō sont décrits comme du jade vert (pounamu), sa bouche comme celle d'un poisson barracouta aux dents tranchantes, et ses cheveux comme des algues marines. Cette description impressionnante souligne son rôle de souveraine redoutable du royaume des défunts.

Pour les Māori, mourir n'est pas seulement une fin mais un retour vers Hine-nui-te-pō, qui accueille les âmes comme une ancêtre. Loin d'être uniquement effrayante, elle est aussi une figure protectrice qui veille sur les défunts dans le Rarohenga, le monde d'en bas.

Sources primaires

George Grey, Polynesian Mythology (Nga Mahi a nga Tupuna) (1855)
Māui dit à ses compagnons les oiseaux : « Mes petits amis, ne riez surtout pas quand vous me verrez ramper dans le corps de cette vieille cheffesse ; ne riez que lorsque vous me verrez ressortir de sa bouche, alors vous pourrez éclater de rire. »
Edward Shortland, Traditions and Superstitions of the New Zealanders (1856)
On enseigne que l'âme du défunt descend vers le Reinga, et de là vers le Pō, le royaume de la nuit gouverné par Hine-nui-te-pō, où séjournent les esprits des ancêtres.
Elsdon Best, The Maori (recueil de traditions orales) (1924)
Hine-titama, ayant appris la vérité sur Tāne, lui dit de rester dans le monde de la lumière pour élever leurs enfants, tandis qu'elle-même descendrait pour les recevoir dans le monde d'en bas ; ainsi devint-elle Hine-nui-te-pō.

Lieux clés

Rarohenga (le monde d'en bas)

Royaume souterrain des morts gouverné par Hine-nui-te-pō, où les âmes des défunts sont accueillies parmi les ancêtres. Lieu mythique, non lumineux mais paisible.

Te Rerenga Wairua (Cap Reinga)

Pointe nord de la Nouvelle-Zélande d'où, selon la croyance maorie, les esprits des morts s'élancent pour rejoindre le monde des ancêtres et Hine-nui-te-pō.

Te Pō (le royaume de la nuit)

Domaine primordial de l'obscurité dont Hine-nui-te-pō est la grande souveraine, opposé au Te Ao Mārama, le monde de la lumière des vivants.

Aotearoa (Nouvelle-Zélande)

Terre du peuple maori où la tradition orale de Hine-nui-te-pō est née et transmise de génération en génération.

Voir aussi