Thé vert de Chine, à la manière de Quanzhou
Une infusion claire et parfumée de feuilles de thé vert, servie brûlante et sans sucre, dans un bol de porcelaine. La boisson d'accueil de la Chine médiévale, amère et désaltérante, qui étonna le voyageur venu d'Occident.
Une infusion claire et parfumée de feuilles de thé vert, servie brûlante et sans sucre, dans un bol de porcelaine. La boisson d'accueil de la Chine médiévale, amère et désaltérante, qui étonna le voyageur venu d'Occident.
Voici, lecteur, une chose étrange que je vis en terre de Chine et que nul chez nous ne connaît. Les gens y font bouillir l'eau sur des feuilles d'un arbuste, et en tirent une boisson chaude, claire, un peu amère, qu'ils offrent à tout hôte qui passe leur seuil. Ils n'y mettent ni sucre ni miel et la boivent à petites gorgées dans des bols de cette porcelaine si fine qu'on la dirait de verre. J'en goûtai par courtoisie, et je notai cet usage, car le voyageur doit rapporter ce que les siens n'ont jamais vu.
- •Feuilles de thé vert — une pincée par bol (infusion)
- •Eau de source — à volonté (support)
Thé vert de Chine, à la manière de Quanzhou
Une infusion claire et parfumée de feuilles de thé vert, servie brûlante et sans sucre, dans un bol de porcelaine. La boisson d'accueil de la Chine médiévale, amère et désaltérante, qui étonna le voyageur venu d'Occident.
Pourquoi ce plat ? Parvenu jusqu'aux ports de la Chine des Yuan, dont la grande Quanzhou (Zaytûn) qu'il admira, Ibn Battûta fut l'un des rares voyageurs de l'islam à décrire l'usage chinois de boire une infusion de feuilles — le thé, alors inconnu de son monde.
Voici, lecteur, une chose étrange que je vis en terre de Chine et que nul chez nous ne connaît. Les gens y font bouillir l'eau sur des feuilles d'un arbuste, et en tirent une boisson chaude, claire, un peu amère, qu'ils offrent à tout hôte qui passe leur seuil. Ils n'y mettent ni sucre ni miel et la boivent à petites gorgées dans des bols de cette porcelaine si fine qu'on la dirait de verre. J'en goûtai par courtoisie, et je notai cet usage, car le voyageur doit rapporter ce que les siens n'ont jamais vu.
Ingrédients (version d’époque)
- Feuilles de thé vert — une pincée par bol (infusion)
- Eau de source — à volonté (support)
Ingrédients
- Thé vert de Chine (longjing ou gunpowder) — 2 g par tasse (infusion)
- Eau peu minéralisée — 200 ml par tasse (support)
Préparation
- Chauffer l'eau sans la porter à pleine ébullition (environ 75-80 °C, quand de fines bulles montent).
- Déposer les feuilles dans le bol ou la théière.
- Verser l'eau chaude et laisser infuser 1 à 2 minutes seulement.
- Servir clair et brûlant, sans sucre, dans un bol de porcelaine.
- On peut réinfuser les mêmes feuilles deux ou trois fois, à la manière chinoise.
Comment on faisait : Sous les Yuan, le thé était déjà la boisson sociale par excellence de la Chine, bu en infusion de feuilles. Le monde musulman ne l'adopta que bien plus tard ; à l'époque d'Ibn Battûta, c'était une curiosité exotique réservée aux voyageurs des routes de Chine.
Le twist contemporain : Servir façon gong fu cha avec plusieurs courtes infusions successives, pour faire voyager les convives de Tanger à Zaytûn en une dégustation.
Sources : Ibn Battûta, Rihla (séjour dans les ports de Chine)
Ibn Battûta · Charactorium