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Potage de pois et de poireaux au pain bis
Pourquoi ce plat ? On rapporte que Calvin, miné par des troubles digestifs chroniques, ne mangeait souvent qu'un repas par jour et privilégiait pain, légumes et légumineuses. Ce potage épais de pois secs et de poireaux est exactement le genre de plat unique et frugal qui nourrissait sa table genevoise sans verser dans le luxe qu'il réprouvait.
Un potage épais où les pois cassés fondent jusqu'à former une purée veloutée, parfumée au poireau et aux herbes du jardin, qu'on verse sur des tranches de pain bis rassis pour faire un repas complet.
Approchez, et ne cherchez point ici la table fastueuse des grands : un homme se contente de peu, et son estomac fragile le lui commande mieux qu'aucune règle. Je fais tremper mes pois dès la veille, puis les mets cuire doucement avec un poireau de mon jardin et quelques herbes, sans surcharge d'épiceries qui flattent la bouche et corrompent le cœur. Quand la purée est liée, je la verse sur du pain bis de deux jours, et voilà tout mon dîner. Mangez sobrement, car le ventre repu fait l'esprit lourd, et Dieu n'a point créé les viandes pour notre intempérance.
- •Pois cassés (ou pois secs) — une bonne écuellée (base nourrissante)
- •Poireaux — deux ou trois (aromate principal)
- •Oignon — un (fond)
- •Herbes (persil, sauge, sarriette) — une poignée (parfum)
- •Sel — à discrétion (assaisonnement)
- •Pain bis rassis — quelques tranches (support)
Potage de pois et de poireaux au pain bis
Un potage épais où les pois cassés fondent jusqu'à former une purée veloutée, parfumée au poireau et aux herbes du jardin, qu'on verse sur des tranches de pain bis rassis pour faire un repas complet.
Pourquoi ce plat ? On rapporte que Calvin, miné par des troubles digestifs chroniques, ne mangeait souvent qu'un repas par jour et privilégiait pain, légumes et légumineuses. Ce potage épais de pois secs et de poireaux est exactement le genre de plat unique et frugal qui nourrissait sa table genevoise sans verser dans le luxe qu'il réprouvait.
Approchez, et ne cherchez point ici la table fastueuse des grands : un homme se contente de peu, et son estomac fragile le lui commande mieux qu'aucune règle. Je fais tremper mes pois dès la veille, puis les mets cuire doucement avec un poireau de mon jardin et quelques herbes, sans surcharge d'épiceries qui flattent la bouche et corrompent le cœur. Quand la purée est liée, je la verse sur du pain bis de deux jours, et voilà tout mon dîner. Mangez sobrement, car le ventre repu fait l'esprit lourd, et Dieu n'a point créé les viandes pour notre intempérance.
Ingrédients (version d’époque)
- Pois cassés (ou pois secs) — une bonne écuellée (base nourrissante)
- Poireaux — deux ou trois (aromate principal)
- Oignon — un (fond)
- Herbes (persil, sauge, sarriette) — une poignée (parfum)
- Sel — à discrétion (assaisonnement)
- Pain bis rassis — quelques tranches (support)
Ingrédients
- Pois cassés — 250 g (base nourrissante)
- Poireaux — 2 gros (aromate principal)
- Oignon — 1 (fond)
- Persil, sauge et sarriette — 1 petit bouquet (parfum)
- Sel — 1 c. à café (assaisonnement)
- Eau — 1,2 L (cuisson)
- Pain de campagne rassis — 4 tranches (support)
Préparation
- Rincez les pois cassés (inutile de les tremper longtemps, mais 1 h dans l'eau froide accélère la cuisson).
- Émincez l'oignon et les poireaux (blanc et vert tendre), faites-les suer doucement dans un fond d'eau ou un filet d'huile.
- Ajoutez les pois et l'eau, portez à frémissement, écumez, puis laissez cuire à couvert 45 min à 1 h jusqu'à ce que les pois s'écrasent.
- Ajoutez les herbes ciselées en fin de cuisson, salez, et mixez ou écrasez à la fourchette pour un velouté rustique.
- Disposez une tranche de pain bis au fond de chaque assiette et versez le potage brûlant par-dessus.
Comment on faisait : Les potages de légumineuses étaient le socle de l'alimentation populaire et monastique en Europe du Nord au XVIe siècle. On les liait souvent avec du pain rassis (le « tranchoir »), qui servait à la fois d'assiette et d'épaississant — rien ne se perdait.
Le twist contemporain : Une larme d'huile de noisette et quelques croûtons dorés au four transforment ce potage de carême en velouté de bistrot, sans trahir sa sobriété.
Jean Calvin · Charactorium





