La carte de Jean-François de La Pérouse
L'ordinaire de l'équipage (gamelle du gaillard d'avant)

Le brouet de l'ordinaire aux pois et au lard

QuotidienDocumentée🧂 🍄facile1 h 15

Une soupe nourrissante de pois cassés mijotés avec du lard salé, parfumée d'oignon et d'herbes, où l'on émiette le fameux biscuit de mer pour faire corps. Roborative, économe, elle tenait au ventre par tous les temps.

L'ordinaire de l'équipage (gamelle du gaillard d'avant)

Une soupe nourrissante de pois cassés mijotés avec du lard salé, parfumée d'oignon et d'herbes, où l'on émiette le fameux biscuit de mer pour faire corps. Roborative, économe, elle tenait au ventre par tous les temps.

Croyez bien, mon ami, que sur l'immensité de la mer du Sud un homme ne se gouverne qu'à condition d'avoir le ventre rempli. Mes matelots recevaient ce brouet à la gamelle : des pois mis à gonfler dès la veille, un bon morceau de lard tiré de la barrique, et le biscuit que l'on émiette dedans car il est trop dur pour la dent. Je veillais moi-même à ce que la marmite fût grasse et chaude, car un équipage affamé est un équipage qui murmure, et l'on ne mène pas deux frégates au bout du monde avec des hommes mécontents.
Jean-François de La Pérouse
Ingrédients
  • Pois cassés secsdeux bonnes poignées par homme (base nourrissante)
  • Lard salé de porc (tiré de barrique)un morceau franc (gras et sel)
  • Biscuit de mer émiettéà discrétion (épaissir, faire corps)
  • Oignonun (aromate)
  • Thym et laurierune branche (parfum)
  • Eau de la pièce, poivrece qu'il faut (cuisson, assaisonnement)
Comment on faisait : À bord, les pois secs et le lard salé étaient des bases des soutes royales, mises en barrique pour des années. Le biscuit de mer, cuit deux fois et dur comme pierre, était trempé ou émietté dans la soupe pour devenir mangeable. On cuisait dans la grande chaudière de la cuisine du bord, sous surveillance stricte à cause du risque d'incendie.