Reiseproviant (provision de voyage du marcheur)
Pain noir de route et lard fumé
VoyageÉvocation☕ 🧂facile15 min
Un pain de seigle compact, presque noir, taillé en gros quignons et mangé avec du lard fumé : nourriture dense et durable, faite pour tenir le marcheur sur les longues routes d'Allemagne.
Pourquoi ce plat ? En 1705, le jeune Bach parcourut à pied quelque 400 km depuis Arnstadt jusqu'à Lübeck pour entendre l'organiste Buxtehude. Pour une telle marche, on emportait du pain de seigle dense, qui se garde des jours, et du lard fumé — la pitance du voyageur frugal.
Jeune homme, j'avais les jambes solides et la tête pleine de musique : je fis à pied le chemin d'Arnstadt jusqu'à Lübeck, pour ouïr le grand Buxtehude tirer de l'orgue des merveilles. Dans ma besace, point de festin : un gros pain de seigle, noir et serré, qui ne moisit ni ne s'émiette, et un morceau de lard fumé. On coupe une tranche au couteau, on mord dedans au bord du chemin, et l'on repart le cœur vaillant. La musique valait bien quelques ampoules, crois-moi.
Ingrédients
- •Pain de seigle complet (au levain) — une miche dense (base nourrissante et durable)
- •Lard fumé (Speck) — un morceau (gras de marche)
- •Sel — une pincée (assaisonnement)
Comment on faisait : Le pain de seigle au levain, cuit longuement, pouvait se conserver une à deux semaines — atout décisif avant l'ère des transports rapides. Lard fumé et pain noir formaient la ration de base des voyageurs, soldats et journaliers germaniques, qui les emportaient dans un linge ou une besace.