
Jeanne Barret
Jeanne Barret
1740 — 1807
France
exploratrice et botaniste (1740-1807)
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Œuvres & réalisations
En embarquant sur l'expédition de Bougainville déguisée en homme, Jeanne Barret devint la première femme à faire le tour du globe. Cet exploit, accompli dans des conditions de dissimulation extrêmes, reste son acte le plus emblématique.
Jeanne Barret contribua à la collecte et à la préparation de plus de 6 000 spécimens végétaux inédits, issus de quatre continents. Cette collection, conservée au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, constitue une avancée majeure pour la botanique du XVIIIe siècle.
Lors de l'escale au Brésil, Jeanne Barret fut l'une des premières Européennes à récolter le bougainvillier (Bougainvillea spectabilis). Certains historiens lui attribuent même la primeur de la découverte, avant qu'elle soit officiellement attribuée à Commerson.
Après le départ de l'expédition, Jeanne Barret continua à travailler avec Commerson sur les plantes de l'océan Indien, enrichissant les herbiers d'espèces locales inédites qui furent transmis aux institutions scientifiques françaises.
Anecdotes
Pour embarquer à bord de la Boudeuse et de l'Étoile en 1766, Jeanne Barret se déguisa en homme sous le nom de 'Jean Barret', se présentant comme le valet du botaniste Philibert Commerson. Elle banda sa poitrine, coupa ses cheveux et trompa pendant des mois l'ensemble de l'équipage ainsi que Bougainville lui-même, qui ne remarqua rien d'anormal.
C'est à Tahiti, en avril 1768, que son secret fut révélé. Les habitants polynésiens, habitués à des corps variés, l'identifièrent immédiatement comme une femme. Bougainville, surpris mais admiratif, nota dans son journal qu'elle avait supporté toutes les fatigues de la traversée avec autant de vigueur que n'importe quel marin.
Jeanne Barret était une botaniste accomplie : elle contribua activement à la collecte de plus de 6 000 spécimens végétaux avec Commerson, dont le célèbre bougainvillier, cette liane aux fleurs éclatantes rapportée du Brésil et nommée en l'honneur de Bougainville. C'est pourtant Jeanne qui, selon certains historiens, aurait été la première à récolter la plante.
Après la mort de Philibert Commerson à l'île de France (aujourd'hui Maurice) en 1773, Jeanne Barret se retrouva seule à l'autre bout du monde. Elle tint un cabaret à Port-Louis, accumula assez d'argent pour rentrer, et revint en France vers 1775 — bouclant ainsi le tour du monde qu'elle avait commencé déguisée en homme.
En 1785, le roi Louis XVI lui accorda une pension de 200 livres par an en reconnaissance de son tour du monde, un geste exceptionnel pour l'époque. L'acte officiel la qualifiait d'exploratrice méritante, faisant d'elle la première femme officiellement reconnue par l'État français pour un exploit de navigation et d'exploration scientifique.
Sources primaires
Barret [...] avait supporté, sans être reconnue, toutes les fatigues de cette campagne. Elle avait aidé Commerson dans ses recherches botaniques avec beaucoup de zèle et d'intelligence.
Sa Majesté, voulant récompenser les services rendus par la citoyenne Barret, qui a fait le tour du monde déguisée en homme, lui accorde une pension annuelle de deux cents livres.
Mon domestique Barret, dont la fidélité et le zèle pour les sciences naturelles ne se sont jamais démentis, m'a été d'un secours inestimable dans la collecte et la classification des plantes.
Jeanne Barret, native de La Comelle en Bourgogne, âgée d'environ trente-cinq ans, a épousé Jean Dubernat en l'église de Saint-Aulaye.
Lieux clés
Village natal de Jeanne Barret, où elle grandit dans une famille paysanne. Ce lieu ancre ses origines modestes, très éloignées du monde de la navigation et de la botanique savante.
Grand port militaire français d'où l'expédition de Bougainville appareilla en novembre 1766. C'est ici que Jeanne Barret monta clandestinement à bord de l'Étoile.
Île où son identité féminine fut révélée par les habitants en avril 1768. Bougainville y décrit la scène dans son journal, rendant Jeanne célèbre malgré elle.
Île où Jeanne Barret et Commerson furent débarqués après la révélation. Elle y vécut plusieurs années, poursuivant les recherches botaniques et tenant un cabaret après la mort de Commerson.
Commune où Jeanne Barret épousa Jean Dubernat et passa ses dernières années. Elle y mourut en 1807, sans avoir bénéficié de la reconnaissance qu'elle méritait.
Objets typiques
Boîte métallique cylindrique utilisée par les botanistes de terrain pour conserver les spécimens frais. Jeanne Barret en transportait lors de chaque escale pour rapporter plantes et fleurs à Commerson.
Chemise, culotte, veste et chapeau d'homme, accompagnés de bandages pour aplatir la poitrine. Ce costume permit à Jeanne d'embarquer illégalement sur un navire royal français pendant plus d'un an.
Outil constitué de deux planches de bois et de feuilles absorbantes permettant de sécher et d'aplatir les plantes collectées. Jeanne s'en servait quotidiennement pour préparer les 6 000 spécimens ramenés de l'expédition.
Petite loupe à main en laiton et verre utilisée pour observer les détails des plantes et des insectes. Instrument essentiel du travail quotidien d'une assistante botaniste au XVIIIe siècle.
Carte gravée sur vélin représentant les côtes et les routes maritimes connues. À bord de l'Étoile, ces cartes étaient constamment consultées pour localiser les escales et les zones de collecte.
Petit cahier de papier épais sur lequel Jeanne Barret consignait les descriptions des plantes, leur habitat et leurs usages locaux. Ces notes alimentaient les travaux scientifiques de Commerson.
Programmes scolaires
Vie quotidienne
Matin
À bord de l'Étoile, Jeanne Barret se levait avant l'aube pour préparer le matériel de collecte botanique avant les escales. Elle vérifiait les presses à herbier, remplissait les vasculums et reportait les notes de la veille sur les spécimens séchés. Sa tenue masculine — chemise grossière, veste et chapeau — devait être ajustée et les bandages resserrés chaque matin pour maintenir sa dissimulation.
Après-midi
Les après-midis d'escale étaient consacrés à l'exploration botanique : Jeanne parcourait forêts et rivages avec Commerson, identifiant, prélevant et étiquetant des spécimens végétaux inconnus des Européens. À bord, elle aidait à la mise en presse des plantes, classait les échantillons et rédigeait les descriptions morphologiques sous la dictée du botaniste.
Soir
Le soir sur le navire, Jeanne participait discrètement aux repas des subalternes de l'équipage pour ne pas éveiller les soupçons. Elle profitait de la lumière des lanternes pour finaliser les étiquettes des herbiers et copier les notes de terrain dans les carnets de Commerson, travaillant souvent jusqu'à une heure avancée de la nuit dans l'étroite cabine du naturaliste.
Alimentation
À bord, l'alimentation se composait principalement de biscuits de mer, de viande salée, de légumes secs et d'eau rationnée, le tout complété lors des escales par des fruits tropicaux, du poisson frais et des légumes locaux. Lors des séjours à l'île de France, Jeanne bénéficia d'une nourriture plus variée : riz, fruits exotiques, légumes du jardin colonial, viandes locales et thé.
VĂŞtements
Durant la traversée, Jeanne Barret portait en permanence des vêtements masculins : chemise de toile épaisse, culotte de drap, veste courte et chapeau à bords rabattus. Elle dissimulait sa silhouette féminine à l'aide de bandes de tissu serrées autour de la poitrine. Ce travestissement impliquait une vigilance constante pour maintenir une gestuelle et une voix convaincantes face aux marins.
Habitat
À bord de l'Étoile, Jeanne occupait le réduit exigu attribué à Commerson et son valet, à peine plus grand qu'un placard, encombré de caisses de spécimens et d'instruments botaniques. Sur l'île de France, elle vécut dans la maison que Commerson occupait près du jardin botanique de Pamplemousses, puis dans un logement modeste au-dessus du cabaret qu'elle tint seule après sa mort.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie

Jeanne Barret

Jeanne Barret Madlla Bare
Venelle Jeanne Barret
Plaque Allée Jeanne Barret - Limeil-Brévannes (FR94) - 2025-04-13 - 1
Plaque Allée Jeanne Barret - Limeil-Brévannes (FR94) - 2025-04-13 - 2
Temple de Janus Ă Autun
Style visuel
Esthétique maritime et naturaliste du XVIIIe siècle, entre cabine de navire éclairée à la chandelle et escales tropicales luxuriantes, avec une direction artistique inspirée des illustrations botaniques de l'époque.
Prompt IA
18th-century French maritime and naturalist aesthetic. Oil painting style inspired by Chardin and Boucher. A determined young woman in men's clothing — linen shirt, rough woolen coat, tricorn hat — surrounded by pressed botanical specimens, navigation charts, and leather-bound journals. Warm golden candlelight in a ship cabin contrasts with vivid tropical colors in outdoor scenes: lush green vegetation, turquoise sea, terracotta soil. Botanical illustration style for plant details, with precise ink linework and watercolor washes. Earth tones and oceanic blues dominate, with accents of tropical flower colors: magenta, saffron, and jade.
Ambiance sonore
Ambiance des grandes traversées marines du XVIIIe siècle, entre pont de navire venteux et cabine de naturaliste, ponctuée par les sons des îles tropicales découvertes lors des escales.
Prompt IA
Sounds of an 18th-century sailing ship at sea: creaking wooden hull, ropes and rigging in the wind, waves against the bow, seagulls calling overhead, distant sailors shouting commands, flapping sails, footsteps on wooden deck. In the naturalist's cabin below deck: rustling of paper, scratching of a quill, the sound of pressing dry plants between sheets. On tropical island shores: exotic birdsong, rustling of large leaves in a warm breeze, distant native voices, the lapping of shallow water on a coral beach.
Source du portrait
Wikimedia Commons
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
Tour du monde — première circumnavigation féminine
1766-1775
Collection botanique de l'expédition Bougainville
1766-1769
Identification et collecte du bougainvillier
1767
Herbiers botaniques de l'île de France (Maurice)
1769-1773





