Jeanne des Anges(1602 — 1665)
Jeanne de Belcier
France
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Religieuse ursuline française, supérieure du couvent de Loudun. Elle fut la figure centrale de l'affaire des possédées de Loudun (1632-1634), affirmant être possédée par des démons et accusant le curé Urbain Grandier de sorcellerie, ce qui conduisit à son procès et à son exécution sur le bûcher.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1602 à Cozes (Saintonge) dans une famille noble, elle entre chez les ursulines et devient supérieure du couvent de Loudun.
- À partir de 1632, elle et plusieurs religieuses présentent des signes de possession démoniaque, déclenchant l'affaire des possédées de Loudun.
- Ses accusations contribuent à la condamnation du curé Urbain Grandier, brûlé vif le 18 août 1634.
- Après les exorcisms publics, elle effectue à partir de 1638 un pèlerinage triomphal à travers la France, exhibant les stigmates apparus sur sa main.
- Elle rédige une Autobiographie qui constitue un témoignage rare sur l'expérience intérieure de la possession ; elle meurt en 1665.
Œuvres & réalisations
Récit dicté par Jeanne sur ses possessions et sa vie intérieure ; source majeure pour comprendre l'affaire de l'intérieur.
Supériorat exercé pendant près de quarante ans, qu'elle conserva malgré le scandale des possessions.
Mise en scène des possessions devant des foules et des autorités, qui fit de Loudun un spectacle religieux et politique national.
Dénonciation du curé comme sorcier, déclencheur du procès et de l'exécution qui scellèrent la célébrité de l'affaire.
Voyage à travers la France pour exhiber ses stigmates, transformant Jeanne en figure de dévotion vénérée.
Anecdotes
Jeanne des Anges affirma que sept démons habitaient son corps, parmi lesquels Asmodée, Léviathan et Béhémoth. Lors des exorcismes publics, elle se tordait, parlait d'une voix gutturale et lançait des injures, sous les yeux de milliers de curieux venus de toute la France.
Après le bûcher d'Urbain Grandier en 1634, Jeanne prétendit que des stigmates étaient apparus sur sa main gauche : les noms de Jésus, Marie, Joseph et François de Sales s'y seraient gravés en lettres rougeâtres. Elle exhiba cette main lors d'une tournée triomphale à travers le royaume.
En 1638, Jeanne fut reçue par Louis XIII et la reine Anne d'Autriche, puis par le cardinal de Richelieu. La reine aurait demandé à voir et à toucher la fameuse main stigmatisée, devenue une véritable relique vivante.
Le jésuite Jean-Joseph Surin, envoyé pour l'exorciser, fut à son tour gagné par un mal étrange : il sombra dans une longue dépression et une forme de folie qui dura des années, comme s'il avait absorbé une partie du tourment de la religieuse.
À la fin de sa vie, Jeanne dicta une Autobiographie où elle reconnaissait à demi-mot la part de comédie et d'orgueil dans ses prétendues possessions, document rare qui éclaire de l'intérieur les mécanismes d'une hystérie collective.
Sources primaires
Le diable me trompait bien souvent par une espèce de complaisance que je trouvais en toutes les agitations et autres choses extraordinaires qu'il faisait en mon corps.
Avons déclaré ledit Grandier dûment atteint et convaincu du crime de magie, maléfices et possessions… condamné à être brûlé vif et ses cendres jetées au vent.
Je suis tombé dans un état où il m'a été impossible de prier, de lire, de parler, de me rendre compte d'aucune chose.
La supérieure, agitée de mouvements furieux, répondit en latin aux interrogations de l'exorciste et nomma les démons qui la possédaient.
Lieux clés
Monastère où Jeanne était supérieure et où débutèrent les crises de possession qui rendirent l'affaire célèbre.
Petite ville du Poitou, théâtre des exorcismes publics et du procès retentissant de 1632-1634.
Lieu de l'exécution d'Urbain Grandier, brûlé vif devant la foule le 18 août 1634.
Région d'origine de la famille de Belcier, noblesse poitevine dont Jeanne était issue.
Jeanne y fut reçue lors de sa tournée de 1638, présentant sa main stigmatisée au roi, à la reine et à Richelieu.
