John F. Kennedy(1917 — 1963)

John Fitzgerald Kennedy

États-Unis

9 min de lecture

PolitiquePolitiqueXXe siècleXXe siècle (1917-1963) - Guerre froide et décolonisation

Président des États-Unis de 1961 à 1963, John F. Kennedy incarne la modernité politique du XXe siècle. Son mandat est marqué par des moments critiques de la Guerre froide, notamment la crise de Cuba, et par son engagement en faveur des droits civiques avant son assassinat à Dallas.

Questions fréquentes

John Fitzgerald Kennedy, souvent appelé JFK, fut le 35e président des États-Unis de 1961 à son assassinat en 1963. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne la modernité politique du XXe siècle : jeune, charismatique, il a marqué la Guerre froide par sa gestion de la crise des missiles de Cuba et son discours « Ich bin ein Berliner » à Berlin-Ouest. Moins un simple président qu'un symbole d'espoir et de renouveau pour toute une génération.

Citations célèbres

« Ask not what your country can do for you – ask what you can do for your country. »
« The only thing necessary for the triumph of evil is for good men to do nothing. »

Faits marquants

  • Élu président des États-Unis en 1960, le plus jeune président américain de l'époque
  • Crise de Cuba en octobre 1962 : confrontation nucléaire avec l'URSS et résolution de la crise sans guerre
  • Soutien aux mouvements de droits civiques, notamment le discours de Martin Luther King en 1963
  • Engagement au Vietnam avec l'augmentation du nombre de conseillers militaires américains
  • Assassinat à Dallas, Texas, le 22 novembre 1963

Œuvres & réalisations

Profiles in Courage (Portraits d'hommes courageux) (1956)

Ouvrage rédigé par Kennedy sur des sénateurs américains ayant fait preuve de courage politique face à l'opinion publique. Ce livre lui valut le prix Pulitzer en 1957 et renforça sa crédibilité intellectuelle avant sa campagne présidentielle.

Alliance pour le progrès (Alianza para el Progreso) (1961)

Programme d'aide économique et sociale aux pays d'Amérique latine lancé pour contrer l'influence du communisme castriste. Il visait à financer le développement, l'éducation et la réforme agraire dans toute la région.

Corps de la Paix (Peace Corps) (1961)

Organisation créée par décret présidentiel pour envoyer des volontaires américains aider au développement des pays du tiers-monde. Toujours actif aujourd'hui, le Peace Corps incarne l'idéal de service et de diplomatie citoyenne prôné par Kennedy.

Programme Apollo (discours 'We choose to go to the Moon') (1961-1962)

Kennedy fixa l'objectif d'envoyer un homme sur la Lune avant la fin de la décennie dans le cadre de la course à l'espace face à l'URSS. Bien qu'il n'ait pas vécu pour voir Neil Armstrong alunir en 1969, son impulsion politique fut décisive.

Traité d'interdiction partielle des essais nucléaires (Août 1963)

Signé par les États-Unis, l'URSS et le Royaume-Uni, ce traité historique interdit les tests nucléaires dans l'atmosphère, sous l'eau et dans l'espace. Il constitue la première avancée concrète en matière de désarmement nucléaire de la Guerre froide.

Projet de loi sur les droits civiques (Juin 1963)

Kennedy soumit au Congrès une législation ambitieuse interdisant la ségrégation raciale dans les lieux publics et la discrimination à l'emploi. Adopté après sa mort sous Johnson, le Civil Rights Act de 1964 concrétisa cet engagement.

Anecdotes

Lors de la crise des missiles de Cuba en octobre 1962, Kennedy reçut des photographies aériennes prouvant la présence de missiles soviétiques à 90 miles des côtes américaines. Pendant treize jours, le monde retint son souffle : Kennedy choisit le blocus naval plutôt que la frappe aérienne, évitant de justesse une guerre nucléaire.

Kennedy souffrait en secret d'une maladie d'Addison, une insuffisance surrénale grave, et d'hernies discales chroniques qui le contraignaient à porter une ceinture orthopédique. Malgré ces douleurs constantes, il projetait en public une image de vitalité et de jeunesse qui séduisit toute une génération d'Américains.

Le 26 juin 1963, devant des centaines de milliers de Berlinois, Kennedy prononça son célèbre discours en déclarant 'Ich bin ein Berliner' — 'Je suis un Berlinois'. Cette phrase, symbole de solidarité avec les habitants de Berlin-Ouest encerclés par le mur, fit un effet électrique sur la foule et résonne encore aujourd'hui.

Kennedy était un lecteur vorace et rapide : il lisait environ 1 200 mots par minute. Féru d'histoire, il admirait particulièrement le livre de Barbara Tuchman sur la Première Guerre mondiale, et puisa dans ses lectures pour gérer les crises diplomatiques avec une approche plus nuancée que ses conseillers militaires.

Le jour de son assassinat à Dallas, le 22 novembre 1963, Kennedy avait refusé que des parois en plexiglas protègent sa limousine décapotable, souhaitant être visible de la foule. La commission Warren conclura que Lee Harvey Oswald agit seul, mais les circonstances de l'attentat alimentent encore des débats historiques.

Sources primaires

Discours inaugural de John F. Kennedy (20 janvier 1961)
Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. (« Ask not what your country can do for you – ask what you can do for your country. »)
Discours sur la crise des missiles de Cuba (allocution télévisée nationale) (22 octobre 1962)
Il est indéniable que des missiles offensifs à moyenne portée se trouvent désormais à Cuba. L'objectif de ces bases ne peut être autre que de fournir une capacité de frappe nucléaire contre l'hémisphère occidental.
Discours à l'université American University (discours pour la paix) (10 juin 1963)
Parlons de la paix. Quel genre de paix cherchons-nous ? […] Une paix pour tous les hommes et pour tous les temps, non pas une paix de la tombe ou de la sécurité des esclaves.
Message au Congrès sur les droits civiques (19 juin 1963)
La race n'a pas sa place sur une ligne de départ, ni dans une salle de classe, ni dans une chambre de votation, ni dans un dortoir ou dans une salle de justice. […] L'égalité de traitement de tous nos citoyens doit être l'objectif de notre société.
Discours à Berlin-Ouest (Rathaus Schöneberg) (26 juin 1963)
Il existe de nombreuses personnes dans le monde qui ne comprennent pas, ou qui prétendent ne pas comprendre, quelle est la grande différence entre le monde libre et le monde communiste. Laissez-les venir à Berlin. […] Ich bin ein Berliner.

Lieux clés

Bureau Ovale, Maison-Blanche, Washington D.C.

Cœur du pouvoir exécutif américain, c'est ici que Kennedy dirigea les États-Unis de janvier 1961 à novembre 1963, notamment pendant les crises diplomatiques majeures de la Guerre froide.

Baie des Cochons, Cuba

Site du débarquement raté d'avril 1961 organisé par la CIA avec des exilés cubains anticastristes ; cet échec marqua durablement la politique étrangère de Kennedy envers Cuba et l'Amérique latine.

Rathaus Schöneberg, Berlin-Ouest

Devant cet hôtel de ville, Kennedy prononça le 26 juin 1963 son célèbre discours 'Ich bin ein Berliner', affirmant la solidarité américaine face à la menace soviétique et au mur de Berlin.

Dealey Plaza, Dallas, Texas

Place historique où le cortège présidentiel fut pris en embuscade le 22 novembre 1963 ; l'assassinat de Kennedy y provoqua un traumatisme national et mondial profond.

Cimetière national d'Arlington, Virginie

Lieu de sépulture de Kennedy depuis le 25 novembre 1963, marqué par une flamme éternelle. Ce site est devenu un lieu de mémoire et de pèlerinage visité par des millions de personnes chaque année.

Liens externes & ressources

Œuvres

Profiles in Courage (Portraits d'hommes courageux)

1956

Alliance pour le progrès (Alianza para el Progreso)

1961

Programme Apollo (discours 'We choose to go to the Moon')

1961-1962

Traité d'interdiction partielle des essais nucléaires

Août 1963

Voir aussi