liste des présidents de la République française
liste des présidents de la République française
Depuis 1848, la France a connu 25 présidents de la République. Cette fonction, d'abord symbolique sous les IIIe et IVe Républiques, devient centrale sous la Ve République instaurée par de Gaulle en 1958.
Faits marquants
- 1848 : Louis-Napoléon Bonaparte, premier président élu au suffrage universel masculin
- 1875 : fondation de la IIIe République, régime parlementaire où le président a peu de pouvoirs
- 1958 : Ve République — de Gaulle renforce considérablement les pouvoirs présidentiels
- 1962 : élection du président au suffrage universel direct instaurée par référendum
- 2000 : passage du septennat au quinquennat par référendum
Œuvres & réalisations
Rédigée sous l'impulsion du général de Gaulle, elle crée un exécutif fort centré sur le président. Elle est toujours en vigueur et a été révisée plus de vingt fois.
Signé par de Gaulle et le chancelier Adenauer, il réconcilie officiellement la France et l'Allemagne après des siècles de conflits. Fondement de la construction européenne, il est toujours célébré chaque année.
Promulguée sous la présidence de Giscard d'Estaing, cette loi dépénalise l'avortement en France. Elle illustre le rôle du président dans les grandes réformes sociétales de la Ve République.
Promulguée sous la présidence de François Mitterrand, portée par le garde des Sceaux Robert Badinter. La France rejoint ainsi les démocraties européennes qui avaient abandonné cette pratique.
Signé sous la présidence de Mitterrand, ce traité crée l'Union européenne et prépare la monnaie unique. Il traduit l'engagement de la présidence française en faveur de l'intégration européenne.
Sous la présidence de Chirac, le mandat présidentiel passe de 7 à 5 ans par référendum. Cette réforme vise à réduire les risques de cohabitation en alignant mandats présidentiel et législatif.
Les présidents Sarkozy (2007) et Hollande (2012) tentent, avec des fortunes diverses, de redéfinir les relations franco-africaines héritées de la « Françafrique ». Ces discours illustrent la place du président dans la diplomatie post-coloniale.
Anecdotes
Louis-Napoléon Bonaparte, premier président de la République française élu au suffrage universel masculin en décembre 1848, remporte l'élection avec 74 % des voix grâce à son nom. Trois ans plus tard, le 2 décembre 1851, il renverse la République par un coup d'État et se proclame empereur sous le nom de Napoléon III — prouvant que la toute jeune fonction présidentielle restait fragile.
Le président Félix Faure meurt subitement à l'Élysée le 16 février 1899, dans des circonstances si embarrassantes que le président du Sénat Émile Loubet doit se précipiter pour assurer la continuité de l'État. Georges Clemenceau aurait ironisé : « Il voulait être César, il ne fut que Pompée. » Cet épisode illustre la vulnérabilité humaine de la fonction, quelle que soit sa grandeur.
Le 1er juin 1958, le général de Gaulle, rappelé au pouvoir lors de la crise algérienne, prononce devant l'Assemblée nationale un discours de vingt minutes qui marque la fin de la IVe République. Il négocie les pleins pouvoirs pour six mois et rédige une nouvelle Constitution qui fait du président le véritable chef de l'exécutif. En septembre, 79 % des Français approuvent ce texte par référendum.
En 1962, de Gaulle impose par référendum l'élection du président de la République au suffrage universel direct, contre l'avis de la quasi-totalité des partis politiques et du Parlement. Cette réforme, adoptée à 62 %, transforme radicalement la Ve République : désormais, le président tient sa légitimité directement du peuple, ce qui renforce considérablement son autorité.
En mars 1986 s'ouvre la première « cohabitation » de l'histoire : le président socialiste François Mitterrand doit nommer Premier ministre Jacques Chirac, son adversaire de droite, après la victoire de la droite aux législatives. Mitterrand, surnommé « la vieille tortue », choisit de ne gouverner que les domaines régaliens — défense et diplomatie — et survit politiquement, se faisant réélire en 1988.
Sources primaires
Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités.
Je veux dire à tous ceux qui ont souffert de la crise économique, à tous ceux qui sont sans travail, sans logement, sans espoir : vous avez attendu assez longtemps. Votre place est ici, dans la République.
Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et par la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans. Il est rééligible.
Le peuple français a répondu Oui. Par là, il a voulu que son président soit désormais directement son élu, ce qui renforce encore les fonctions et les responsabilités du chef de l'État.
La durée du mandat du Président de la République est de cinq ans. Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs.
Lieux clés
Résidence officielle et lieu de travail du président de la République depuis 1873. Situé rue du Faubourg-Saint-Honoré, il abrite les bureaux de la présidence, la salle du Conseil des ministres et les appartements privés.
Lieu de réunion du Parlement en Congrès, convoqué par le président pour réviser la Constitution ou s'adresser solennellement aux deux chambres réunies. Cadre chargé d'histoire monarchique, il souligne la continuité de l'État français.
Lieu de commémoration où chaque président ravive la flamme du souvenir le 11 novembre et lors des grandes cérémonies nationales. Ce geste rituel ancre la présidence dans la mémoire des conflits du XXe siècle.
Siège de l'Assemblée nationale, où le président promulgue les lois et peut dissoudre la chambre. La relation entre l'Élysée et le Palais Bourbon structure la vie politique de la Ve République.
Site du souvenir où furent fusillés plus de 1 000 résistants pendant l'Occupation ; de Gaulle y inaugure le mémorial en 1960. Les présidents s'y recueillent pour honorer la Résistance.