John Kenneth Galbraith(1908 — 2006)

John Kenneth Galbraith

Canada, États-Unis

6 min de lecture

ÉconomieSociétéÉconomisteÉcrivain(e)XXe siècleXXe siècle, des années 1930 (New Deal) à la fin du siècle, marqué par la crise de 1929, le keynésianisme et la société de consommation d'après-guerre.

John Kenneth Galbraith est un économiste américano-canadien, figure majeure de l'institutionnalisme et du keynésianisme du XXe siècle. Critique de la société de consommation, il a marqué le débat public par ses ouvrages accessibles au grand public.

Questions fréquentes

John Kenneth Galbraith (1908-2006) est un économiste américano-canadien qui a marqué le XXe siècle par ses critiques de la société de consommation et son plaidoyer pour l'intervention de l'État. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il a su rendre l'économie accessible au grand public, devenant une figure médiatique avec des best-sellers comme L'Ère de l'opulence (1958). Moins un théoricien de laboratoire qu'un intellectuel engagé, il a conseillé les présidents Kennedy et Johnson, et a même été ambassadeur en Inde de 1961 à 1963. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne une époque où l'économie était un débat public, pas une affaire de spécialistes.

Faits marquants

  • Né en 1908 en Ontario (Canada), naturalisé américain, mort en 2006
  • Publie 'L'Ère de l'opulence' (The Affluent Society) en 1958, succès mondial
  • Théorise la 'filière inversée' et le pouvoir des grandes firmes dans 'Le Nouvel État industriel' (1967)
  • Conseiller des présidents démocrates (Roosevelt, Kennedy) et ambassadeur des États-Unis en Inde (1961-1963)
  • Professeur d'économie à l'université Harvard pendant plusieurs décennies

Œuvres & réalisations

American Capitalism: The Concept of Countervailing Power (1952)

Galbraith y défend l'idée que le pouvoir des grandes entreprises est limité par des 'pouvoirs compensateurs' (syndicats, distributeurs, État).

The Great Crash, 1929 (1955)

Récit devenu classique de la crise boursière de 1929, salué pour sa clarté et son humour ; il n'a jamais cessé d'être réédité.

The Affluent Society (L'Ère de l'opulence) (1958)

Son ouvrage le plus célèbre, qui critique l'abondance privée face à la pauvreté des services publics dans les sociétés riches.

The New Industrial State (Le Nouvel État industriel) (1967)

Théorie de la 'technostructure' : le pouvoir dans la grande entreprise appartient aux experts et techniciens, non plus aux actionnaires.

The Age of Uncertainty (L'Ère de l'incertitude) (1977)

Livre et série télévisée à succès retraçant l'histoire des idées économiques pour un large public mondial.

Economics and the Public Purpose (1973)

Synthèse de sa pensée sur le rôle de l'État et la nécessité d'orienter l'économie vers l'intérêt général.

Ambassade des États-Unis en Inde (1961-1963)

Mission diplomatique où il renforça les liens entre Washington et New Delhi durant la guerre froide.

Anecdotes

Galbraith mesurait environ 2,03 mètres : sa très grande taille était devenue un trait célèbre, et il en plaisantait volontiers, disant qu'elle l'aidait à dominer les débats. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut chargé du contrôle des prix aux États-Unis, ce qui lui valut autant d'admirateurs que d'ennemis.

En 1958, son livre 'L'Ère de l'opulence' rendit célèbre l'expression du contraste entre la richesse privée et la misère publique : des voitures rutilantes roulant sur des routes mal entretenues, près d'écoles délabrées. La formule marqua durablement le débat sur les dépenses publiques.

Proche conseiller du président John F. Kennedy, Galbraith fut nommé ambassadeur des États-Unis en Inde de 1961 à 1963. Il se lia d'amitié avec le Premier ministre Nehru et écrivit de nombreuses lettres pleines d'humour à Kennedy.

Galbraith fut l'un des rares économistes à écrire pour le grand public plutôt que pour ses seuls collègues. Ses livres se vendirent à des millions d'exemplaires, ce qui agaçait certains universitaires qui jugeaient son style trop littéraire et pas assez mathématique.

Opposant précoce à la guerre du Vietnam, il conseilla aussi le président Lyndon Johnson avant de rompre avec sa politique militaire. Il reçut deux fois la Médaille présidentielle de la Liberté, en 1946 et en 2000.

Sources primaires

The Affluent Society (L'Ère de l'opulence) (1958)
La famille qui part en promenade en voiture climatisée, à la direction assistée et aux freins puissants traverse des villes mal pavées, jonchées de détritus, des bâtiments délabrés, des panneaux publicitaires et des poteaux qui devraient depuis longtemps être enfouis.
The New Industrial State (Le Nouvel État industriel) (1967)
Le pouvoir est passé, dans la grande entreprise moderne, des actionnaires et des dirigeants à ce que j'appelle la technostructure, c'est-à-dire l'ensemble de ceux qui apportent leurs connaissances spécialisées à la prise de décision.
The Great Crash, 1929 (La Crise économique de 1929) (1955)
La spéculation est largement répandue lorsque les gens imaginent qu'ils peuvent s'enrichir sans travailler. L'effondrement de 1929 fut la conséquence de cette illusion partagée.
Lettres à Kennedy (Ambassador's Journal) (1969)
L'erreur de politique étrangère la plus dangereuse est de croire que l'on peut résoudre par la force militaire des problèmes qui sont fondamentalement politiques et économiques.

Lieux clés

Iona Station, Ontario (Canada)

Village rural de l'Ontario où Galbraith naquit en 1908 dans une famille d'agriculteurs d'origine écossaise. Son enfance à la ferme marqua sa vision du monde.

Université Harvard, Cambridge

Galbraith y enseigna l'économie pendant des décennies et y rédigea ses œuvres majeures. Harvard fut le cœur de sa carrière universitaire.

New Delhi (Inde)

Capitale où Galbraith fut ambassadeur des États-Unis de 1961 à 1963. Il s'y lia d'amitié avec le Premier ministre Nehru.

Berkeley, Californie

Galbraith y obtint son doctorat en économie agricole à l'université de Californie en 1934. Ces études forgèrent ses premiers travaux.

Washington D.C.

Centre du pouvoir américain où Galbraith dirigea le contrôle des prix durant la guerre et conseilla les présidents Kennedy et Johnson.

Voir aussi