Josquin des Prez(1440 — 1521)

Josquin des Prés

France, Pays-Bas des Habsbourg

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MusiqueCompositeur/triceRenaissanceRenaissance, fin du XVe et début du XVIe siècle, apogée de l'école polyphonique franco-flamande

Josquin des Prez est un compositeur franco-flamand, figure majeure de la polyphonie de la Renaissance. Maître incontesté de la musique vocale, il a porté l'art du contrepoint à un sommet d'expressivité et influencé toute l'Europe musicale.

Questions fréquentes

Josquin des Prés (vers 1440-1521) est un compositeur franco-flamand qui a porté la polyphonie à son apogée. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a su mêler une technique contrapuntique d'une complexité inouïe à une expressivité qui touche l'auditeur, ce qui le distingue de ses prédécesseurs, plus austères. Son influence est telle que Martin Luther lui-même le qualifiait de « maître des notes ».

Faits marquants

  • Né vers 1450-1455 dans le Hainaut (région picarde/franco-flamande)
  • Actif dans plusieurs cours d'Italie : Milan (Sforza), Rome (chapelle pontificale) et Ferrare (cour d'Este) à la fin du XVe siècle
  • A composé environ 18 messes, dont la Missa Pange lingua et la Missa L'homme armé
  • Auteur de motets célèbres comme l'Ave Maria... virgo serena et de nombreuses chansons profanes
  • Mort le 27 août 1521 à Condé-sur-l'Escaut, où il était prévôt de la collégiale

Œuvres & réalisations

Missa Pange lingua (vers 1515)

Messe fondée sur un hymne grégorien, considérée comme un sommet de son art tardif. Elle fond admirablement chant liturgique et polyphonie libre.

Missa L'homme armé super voces musicales (vers 1490-1500)

Messe construite sur la chanson profane la plus utilisée de l'époque, démontrant une virtuosité contrapuntique éblouissante.

Missa Hercules Dux Ferrariae (vers 1503-1504)

Messe dont le thème est tiré des voyelles du nom du duc de Ferrare : un hommage musical codé à son mécène.

Ave Maria… virgo serena (vers 1485)

Motet marial d'une pureté célèbre, souvent cité comme l'un des chefs-d'œuvre de la polyphonie de la Renaissance.

Miserere mei, Deus (vers 1503-1504)

Vaste motet pénitentiel composé à Ferrare, d'une intensité expressive qui marqua durablement les compositeurs ultérieurs.

Nymphes des bois (Déploration sur la mort d'Ockeghem) (vers 1497)

Lamentation funèbre composée à la mort de son aîné Johannes Ockeghem, mêlant texte français et chant latin de requiem.

El grillo (Le grillon) (vers 1500)

Frottola italienne légère et imitative qui montre l'humour et la facette profane du compositeur.

Anecdotes

On ne connaît même pas avec certitude le visage ni la date de naissance de Josquin : longtemps on a confondu plusieurs musiciens portant des noms proches. Les historiens ont dû reconstituer sa vie comme une enquête, en croisant registres de chapelles et archives de cathédrales.

Le réformateur Martin Luther, grand amateur de musique, vouait une admiration sans bornes à Josquin. Il aurait dit : « Josquin est le maître des notes : elles doivent faire ce qu'il veut ; les autres compositeurs doivent faire ce que veulent les notes. »

Après sa mort, Josquin devint si célèbre que des éditeurs peu scrupuleux publièrent des œuvres médiocres sous son nom pour mieux les vendre. Un contemporain ironisa : « Maintenant que Josquin est mort, il produit plus d'œuvres que de son vivant ! »

Josquin savait glisser de l'humour dans sa musique savante. Dans une pièce, il aurait fait répéter inlassablement une même note pour réclamer à son employeur, le roi Louis XII, le salaire promis et oublié, avec des paroles latines signifiant « souviens-toi de ta parole envers ton serviteur ».

Pour composer sa célèbre Messe « L'homme armé », Josquin a pris une simple chanson populaire que tout le monde fredonnait à l'époque et l'a transformée en architecture sonore complexe, prouvant qu'un air de rue pouvait devenir une cathédrale de sons.

Sources primaires

Lettre d'un agent du duc de Ferrare Hercule Ier d'Este (1502)
Josquin compose mieux, mais il compose quand il en a envie et non quand on le lui demande ; et il exige 200 ducats de salaire tandis qu'Isaac se contente de 120.
Tischreden (Propos de table), Martin Luther (vers 1538)
Josquin est le maître des notes : elles doivent faire ce qu'il veut ; les autres compositeurs doivent faire ce que veulent les notes.
Dodecachordon, Heinrich Glarean (1547)
Nul n'a mieux que Josquin exprimé par le chant les affections de l'âme ; aucun ne l'a égalé en grâce et en aisance.
Le Istitutioni harmoniche, Gioseffo Zarlino (1558)
Josquin des Prez peut à juste titre être appelé le prince des musiciens de son temps.

Lieux clés

Condé-sur-l'Escaut

Ville du Hainaut où Josquin termina sa vie comme prévôt de la collégiale Notre-Dame. Il y mourut le 27 août 1521 et y fut inhumé.

Rome — Chapelle Sixtine (chapelle pontificale)

Josquin fut chanteur de la chapelle du pape dans les années 1480-1490. On peut encore y lire son nom gravé (« Josquinj ») sur le mur de la tribune des chantres.

Ferrare

Josquin entra en 1503 au service du duc Hercule Ier d'Este, l'un des plus prestigieux mécènes d'Italie. Il y composa la Messe « Hercules Dux Ferrariae ».

Milan

Au service de la famille Sforza, ducs de Milan, Josquin fit ses premières armes de musicien dans l'Italie de la Renaissance.

Cour de France (Louis XII)

Josquin servit probablement le roi de France Louis XII, pour qui il aurait composé des pièces. La cour était un foyer artistique majeur du royaume.

Voir aussi