Julie de Lespinasse

Julie de Lespinasse

1732 — 1776

France

LettresCultureTemps modernesXVIIIe siècle — siècle des Lumières, Ancien Régime

Salonnière française du XVIIIe siècle, Julie de Lespinasse tint l'un des salons les plus influents de Paris, fréquenté par les encyclopédistes. Épistolière passionnée, ses lettres témoignent de la vie intellectuelle des Lumières.

Citations célèbres

« L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. »
« Je vis dans un tourbillon ; je vois mille gens et je suis seule. »

Faits marquants

  • Née le 9 novembre 1732 à Lyon, fille illégitime du comte de Vichy
  • À partir de 1764, ouvre son propre salon rue Saint-Dominique à Paris, indépendant de celui de Mme du Deffand
  • Son salon réunit les plus grands encyclopédistes : d'Alembert, Condorcet, Turgot, Marmontel
  • Entretient une correspondance passionnée avec le comte de Guibert, publiée après sa mort
  • Décède le 22 mai 1776 à Paris, laissant une œuvre épistolaire majeure

Œuvres & réalisations

Lettres à M. de Guibert (1773-1776 (publiées en 1809))

Chef-d'œuvre épistolaire de la littérature française, ces lettres au comte de Guibert révèlent une passion amoureuse d'une intensité rare et constituent un témoignage exceptionnel sur la vie intérieure d'une femme des Lumières.

Correspondance avec d'Alembert (1764-1776)

Échange intellectuel et affectif d'une grande richesse entre Julie et le mathématicien encyclopédiste, illustrant les liens profonds entre amitié, amour et vie de l'esprit au XVIIIe siècle.

Animation du salon encyclopédiste (1764-1776) (1764-1776)

Sans avoir rédigé d'ouvrage au sens classique, Julie de Lespinasse contribua directement à l'élaboration de la pensée des Lumières en créant un espace de sociabilité intellectuelle unique, influençant les idées et les carrières des encyclopédistes.

Lettres diverses (correspondance générale) (1760-1776)

L'ensemble de sa correspondance avec philosophes, aristocrates et gens de lettres forme un corpus épistolaire qui témoigne de son rôle de médiatrice intellectuelle au cœur du réseau des Lumières.

Anecdotes

Julie de Lespinasse était la fille illégitime de la comtesse d'Albon, un secret soigneusement gardé pendant des années. Elle fut élevée discrètement, sans jamais connaître officiellement sa véritable origine, ce qui explique en partie la sensibilité et la profondeur de son caractère.

Introduite dans le salon de Mme du Deffand comme dame de compagnie, Julie attira si rapidement l'admiration des habitués — dont d'Alembert — que la vieille marquise jalouse finit par la chasser en 1764. Julie ouvrit alors son propre salon, rue de Bellechasse, qui éclipsa bientôt celui de son ancienne protectrice.

D'Alembert, le grand mathématicien et co-directeur de l'Encyclopédie, tomba éperdument amoureux de Julie. Il vécut pendant des années dans l'appartement au-dessus du sien, lui consacrant une dévotion absolue, alors même que Julie aimait passionnément un autre homme, le marquis de Mora.

Julie de Lespinasse mourut à 44 ans, épuisée par des passions dévorantes et l'abus de médicaments — notamment l'opium qu'elle prenait pour calmer ses souffrances cardiaques et morales. Ses lettres au comte de Guibert, découvertes après sa mort, révélèrent à tous l'intensité volcanique de ses sentiments secrets.

Sources primaires

Lettres de Julie de Lespinasse à M. de Guibert (1773-1776)
Je vis pour vous aimer ; c'est le seul bien qui me reste, c'est la seule occupation de mon âme. Je ne puis penser qu'à vous, je ne puis rien sentir que par vous.
Lettre de d'Alembert à Voltaire évoquant le salon de Lespinasse (1765)
Mlle de Lespinasse rassemble chez elle tout ce que Paris compte de philosophes et d'esprits éclairés ; son salon est devenu le rendez-vous de l'Europe pensante.
Mémoires de Marmontel (1804)
Son salon était la réunion de tout ce qui pensait en Europe. Elle avait le don rare d'animer la conversation sans jamais l'étouffer, de mettre chacun à son avantage.
Correspondance de Condorcet (1776)
C'est elle qui a formé l'esprit public de notre siècle, en réunissant ceux qui le façonnaient et en leur donnant un lieu où leurs idées pouvaient se rencontrer librement.

Galerie

Julie de Lespinasse

Julie de Lespinasse

Wikimedia Commons, Public domain — After Louis Carrogis Carmontelle

Reading of Voltaire's L'Orphelin de la Chine (a tragedy about Ghengis Khan and his sons, published in 1755), in the salon of Madame Geoffrin (Malmaison, 1812).

Reading of Voltaire's L'Orphelin de la Chine (a tragedy about Ghengis Khan and his sons, published in 1755), in the salon of Madame Geoffrin (Malmaison, 1812).

Wikimedia Commons, Public domain — Anicet Charles Gabriel Lemonnier


A star of the salons

A star of the salons

Wikimedia Commons, Public domain — Jebb, Camilla. [from old catalog]


Letters of Mlle. de Lespinasse

Letters of Mlle. de Lespinasse

Wikimedia Commons, Public domain — Lespinasse, Julie de, 1732-1776


A star of the salons, Julie de Lespinasse

A star of the salons, Julie de Lespinasse

Wikimedia Commons, Public domain — Jebb, Camilla


Die Liebesbriefe der Julie de Lespinasse

Die Liebesbriefe der Julie de Lespinasse

Wikimedia Commons, Public domain — Julie de Lespinasse


French:  Mlle de Lespinasselabel QS:Lfr,"Mlle de Lespinasse"

French: Mlle de Lespinasselabel QS:Lfr,"Mlle de Lespinasse"

Wikimedia Commons, Public domain — Louis Carrogis Carmontelle

Lettres de Mlle de Lespinasse (éd. Garnier)

Lettres de Mlle de Lespinasse (éd. Garnier)

Wikimedia Commons, Public domain — Jeanne Julie Éléonore de Lespinasse, Charles Augustin Sainte-Beuve


The village labourer 1760-1832, a study in the government of England before the reform bill

The village labourer 1760-1832, a study in the government of England before the reform bill

Wikimedia Commons, Public domain — Hammond, J. L. (John Lawrence), 1872-1949 Hammond, Barbara (Bradby)


The lady; studies of certain significant phases of her history

The lady; studies of certain significant phases of her history

Wikimedia Commons, Public domain — Putnam, Emily James (Smith) Mrs., 1865-1944

Voir aussi