Julien Duvivier (1896-1967) est l'un des plus grands cinéastes français du XXe siècle. Réalisateur prolifique, il a marqué l'âge d'or du cinéma français avec des films comme Pépé le Moko et La Belle Équipe.
Julien Duvivier(1896 — 1967)
Julien Duvivier
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 8 octobre 1896 à Lille, mort le 29 octobre 1967 à Paris
- Réalise Pépé le Moko en 1937, chef-d'œuvre du réalisme poétique avec Jean Gabin
- Tourne La Belle Équipe en 1936, symbole du Front populaire et de la solidarité ouvrière
- Travaille à Hollywood pendant la Seconde Guerre mondiale (1941-1945)
- Réalise plus de 60 films en cinq décennies de carrière
Œuvres & réalisations
Film emblématique de l'ère du Front populaire avec Jean Gabin, sur cinq chômeurs qui tentent de créer une guinguette après avoir gagné à la loterie. Célèbre pour ses deux fins opposées, il incarne à la fois l'espoir collectif et la désillusion tragique.
Chef-d'œuvre du réalisme poétique avec Jean Gabin dans le rôle d'un gangster refugié dans la Casbah d'Alger. Le film est considéré comme l'un des plus grands films français de tous les temps et influença durablement le film noir américain.
Film à sketches mélancolique sur une femme qui retrouve les danseurs de ses vingt ans, avec un plateau exceptionnel de vedettes françaises. Grand Prix à la Mostra de Venise, il assura la renommée internationale de Duvivier.
Drame sur des comédiens vieillis dans une maison de retraite pour artistes, avec Michel Simon et Louis Jouvet. Film testamentaire tourné à la veille de la guerre, sur la vieillesse, la gloire passée et l'oubli.
Adapté d'un roman de Simenon, ce film noir avec Michel Simon dépeint un homme désigné comme bouc émissaire par une foule vindicative. Tourné dans le Paris de l'après-Libération, il interroge la violence collective et l'injustice.
Adaptation du roman de Zola sur la bourgeoisie parisienne du XIXe siècle, hypocrite et cupide, avec Gérard Philipe. L'un des derniers grands films de Duvivier, témoignant de sa capacité à renouveler son regard sur plusieurs décennies.
Anecdotes
Lors du tournage de La Belle Équipe (1936), Julien Duvivier tourna deux fins entièrement différentes : une fin heureuse, où les amis survivent et ouvrent leur guinguette, et une fin tragique, où Jean Gabin tue son ami par jalousie. C'est cette seconde version, sombre et désenchantée, que Duvivier préférait. Elle est aujourd'hui considérée comme la plus fidèle à l'esprit du réalisme poétique.
Le succès de Pépé le Moko (1937) fut tel que le studio hollywoodien United Artists racheta les droits du film pour empêcher sa diffusion aux États-Unis, afin de sortir son propre remake intitulé Algiers (1938) avec Charles Boyer. Duvivier ne perçut aucun bénéfice supplémentaire de cette opération, qui illustre la puissance commerciale d'Hollywood face au cinéma européen.
Fuyant l'Occupation allemande, Duvivier s'exile à Hollywood en 1940. Il y dirige des stars comme Charles Boyer, Rita Hayworth et Henry Fonda dans Tales of Manhattan (1942). Son style naturaliste et son sens du tragique européen tranchaient avec les productions américaines, mais il réussit à s'imposer dans l'industrie hollywoodienne pendant toute la durée de la guerre.
Son film Un carnet de bal (1937), mélancolique portrait d'une femme retrouvant les danseurs de sa jeunesse, remporta la Coupe Mussolini — Grand Prix — à la Mostra de Venise, consacrant Duvivier comme l'un des cinéastes les plus importants d'Europe. Il avait réuni un plateau exceptionnel de vedettes françaises, fait rare à l'époque.
Duvivier mourut le 29 octobre 1967 à Paris dans un accident de voiture, quelques jours après son soixante et onzième anniversaire. Il laissait derrière lui plus de cinquante films réalisés en quarante-cinq ans de carrière, représentant à lui seul presque toute l'histoire du cinéma français, du muet à la couleur.
Sources primaires
« Je ne cherche pas à faire des films optimistes ou pessimistes. Je cherche à faire des films vrais. Et la vérité, bien souvent, est du côté de l'ombre. »
Film tourné en décors naturels sur les bords de la Marne et dans les studios de Billancourt. La production a choisi de présenter deux dénouements distincts selon les marchés, le réalisateur défendant la version tragique comme la plus cohérente avec son propos.
« Duvivier réussit le tour de force de faire de la Casbah reconstituée en studio un espace plus vrai que nature, où le destin de Pépé s'inscrit comme une fatalité géographique autant que sociale. »
« Duvivier est le seul metteur en scène qui m'ait donné l'impression de tout contrôler sans jamais me brider. Il voyait le film entier avant même de commencer à tourner. »
Lieux clés
Ville natale de Julien Duvivier, né le 8 octobre 1896 dans cette grande métropole industrielle du Nord de la France. Il quitte sa région d'origine pour Paris afin de percer dans le monde du spectacle.
Principal site de tournage parisien où Duvivier réalisa ses plus grands films des années 1930 et 1940. La Casbah d'Alger de Pépé le Moko y fut entièrement reconstituée en studio par le décorateur Jacques Krauss.
Lieu d'exil de Duvivier pendant la Seconde Guerre mondiale (1940-1944), où il réalisa plusieurs films pour de grands studios américains. Il y fréquenta la communauté des cinéastes européens réfugiés comme René Clair et Jean Renoir.
Quartier historique fortifié d'Alger dont l'atmosphère labyinthique inspira le décor de Pépé le Moko. Des repérages photographiques y furent effectués pour permettre la reconstitution fidèle en studio à Billancourt.
Ville où Duvivier passa l'essentiel de sa vie professionnelle et où il mourut dans un accident de voiture le 29 octobre 1967. Paris est aussi le décor implicite de nombreux de ses films, même lorsque l'action se déroule ailleurs.