Lakshmi Bai(1828 — 1858)
Lakshmi Bai
Inde
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Lakshmi Bai, reine de Jhansi, est l'une des figures les plus emblématiques de la révolte des Cipayes de 1857. Refusant la mainmise britannique sur son royaume, elle prit les armes et combattit jusqu'à la mort pour l'indépendance de l'Inde.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1828 à Varanasi, elle épouse en 1842 le raja Gangadhar Rao, souverain de Jhansi.
- À la mort de son mari en 1853, les Britanniques appliquent la « doctrine de la déchéance » et refusent d'reconnaître son fils adoptif, annexant Jhansi en 1854.
- En 1857, lors de la révolte des Cipayes, elle prend la tête de la résistance armée et défend Jhansi contre l'assaut britannique.
- Elle s'échappe de Jhansi assiégée en 1858, chevauche jusqu'à Gwalior et continue le combat aux côtés des insurgés.
- Elle meurt au combat le 18 juin 1858 à Gwalior, devenant un symbole durable de la résistance indienne à la colonisation.
Œuvres & réalisations
Lakshmi Bai organisa et dirigea personnellement la défense militaire de Jhansi contre les troupes du général Hugh Rose, mobilisant soldats et civils pendant plusieurs semaines dans un combat jugé militairement remarquable.
À la tête du royaume après l'éclatement de la révolte des Cipayes, la Rani assuma les fonctions de cheffe d'État, maintenant l'ordre, levant des impôts et organisant l'armée, démontrant des capacités de gouvernement exceptionnelles.
Aux côtés de Tatya Tope, Lakshmi Bai participa à la prise de la ville stratégique de Gwalior sur le Maharaja Scindia, allié des Britanniques, offrant aux rebelles un bastion majeur pour quelques jours.
Document politique dans lequel la Rani conteste juridiquement et diplomatiquement l'annexion de Jhansi, arguant de la légitimité de l'adoption selon la loi hindoue — témoignage de son intelligence politique.
Anecdotes
Née Manikarnika Tambe vers 1828, la future Lakshmi Bai reçoit une éducation inhabituelle pour une fille de son époque : elle apprend l'équitation, le maniement des armes et la lutte aux côtés des fils de Nana Sahib. Ce caractère exceptionnel lui vaudra le surnom affectueux de « Manu » et forgera dès l'enfance sa réputation d'intrépidité.
Lorsque son époux le raja Gangadhar Rao meurt en 1853, la Compagnie des Indes orientales refuse de reconnaître leur fils adoptif Damodar Rao et annexe le royaume de Jhansi. Lakshmi Bai aurait alors déclaré avec fougue : « Main apni Jhansi nahi dungi ! » — « Je ne céderai pas ma Jhansi ! » — une phrase devenue le symbole de la résistance indienne contre la colonisation.
Lors de la chute de Jhansi en avril 1858, Lakshmi Bai s'échappe du fort assiégé en pleine nuit, son fils adoptif attaché dans son dos, sautant à cheval depuis les remparts. Elle parcourt plusieurs centaines de kilomètres pour rejoindre les forces de Tatya Tope à Kalpi, malgré la poursuite des troupes britanniques du général Hugh Rose.
Lakshmi Bai tombe au combat lors de la bataille de Gwalior le 18 juin 1858, vêtue en soldat, l'épée à la main. Selon la tradition, le général britannique Hugh Rose lui-même rendit hommage à son adversaire, la qualifiant de « la plus dangereuse de tous les chefs rebelles indiens ». Elle est depuis célébrée comme l'une des premières héroïnes nationales de l'Inde.
La légende dit qu'elle aurait sauté avec son cheval Badal depuis une muraille haute de plusieurs mètres pour fuir le siège de Jhansi, exploit qui a alimenté des récits épiques transmis de génération en génération dans toute l'Inde centrale. Que cet épisode soit exact ou en partie mythifié, il témoigne de l'admiration populaire immédiate que suscita sa résistance.
Sources primaires
La Rani de Jhansi proteste formellement contre la doctrine de la déchéance appliquée à son État après la mort de son époux et l'adoption de Damodar Rao, affirmant la légitimité de son fils et de sa souveraineté sur Jhansi.
« La Rani de Jhansi était remarquable par sa beauté, son intelligence et sa persévérance. Elle était la plus dangereuse de tous les chefs rebelles indiens. »
Témoin oculaire du soulèvement, ce prêtre marathi décrit avec précision le siège de Jhansi, le combat de la Rani et sa fuite héroïque, dans un récit rédigé en marathi considéré comme une source primaire majeure de la révolte de 1857.
Documents parlementaires britanniques compilant dépêches et rapports sur l'insurrection de 1857, mentionnant explicitement la résistance de la Rani de Jhansi lors du siège et de la bataille de Gwalior.
Lieux clés
Capitale du royaume de Jhansi, fief de Lakshmi Bai. Le fort de Jhansi fut le théâtre du célèbre siège de 1858 au cours duquel la Rani dirigea personnellement la défense contre les troupes britanniques.
Ville où Lakshmi Bai trouva la mort au combat le 18 juin 1858. Un cénotaphe lui est dédié à Phool Bagh, lieu de mémoire incontournable de la résistance anticoloniale indienne.
Ville natale probable de Manikarnika Tambe, où elle passe son enfance auprès des fils de Nana Sahib, développant ses talents équestres et martiaux.
Point de ralliement des insurgés après la chute de Jhansi. Lakshmi Bai y rejoignit Tatya Tope et Nana Sahib pour coordonner la suite de la résistance en 1858.
Forteresse massive du XVIe siècle dominant la ville de Jhansi, depuis laquelle la Rani organisa la défense et d'où elle s'échappa selon la légende à cheval depuis les murailles.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Résistance au siège de Jhansi
Mars-avril 1858
Administration de Jhansi pendant la révolte
1857-1858
Prise de Gwalior avec les forces rebelles
Juin 1858
Lettre de protestation à Lord Dalhousie
1854






