Tubercules au lait de coco, inspirés des feux kanak
Igname et taro fondants, mijotés dans un lait de coco parfumé, en clin d'œil respectueux aux cuissons à l'étouffée de la cuisine kanak rencontrée pendant la déportation. Doux, réconfortant, profondément dépaysant.
Igname et taro fondants, mijotés dans un lait de coco parfumé, en clin d'œil respectueux aux cuissons à l'étouffée de la cuisine kanak rencontrée pendant la déportation. Doux, réconfortant, profondément dépaysant.
Le bagne m'avait jetée à l'autre bout du monde, sur cette presqu'île battue par le Pacifique. Là, j'ai connu les Kanaks, qu'on disait sauvages et qui m'ont tout appris de la dignité. Ils enfouissaient sous la terre, dans les feuilles et le lait de la noix de coco, l'igname et le taro de leurs jardins, et le repas en sortait doux comme une promesse. Je n'ai pas le droit de te livrer leurs rites, qui ne m'appartiennent pas — mais je peux te dire le goût de cette douceur, qui a consolé mon exil.
- •Igname — selon la récolte (féculent de base)
- •Taro — quelques tubercules (féculent de base)
- •Lait de noix de coco fraîche râpée — ce que donne la noix (liant onctueux)
- •Feuilles de bananier — pour l'étouffée (enveloppe de cuisson)
- •Sel marin — un peu (assaisonnement)
Tubercules au lait de coco, inspirés des feux kanak
Igname et taro fondants, mijotés dans un lait de coco parfumé, en clin d'œil respectueux aux cuissons à l'étouffée de la cuisine kanak rencontrée pendant la déportation. Doux, réconfortant, profondément dépaysant.
Pourquoi ce plat ? Déportée en Nouvelle-Calédonie de 1873 à 1880 sur la presqu'île Ducos, Louise Michel se prit d'amitié et de respect pour le peuple kanak, dont elle prit la défense lors de la révolte de 1878. Ce plat évoque — sans prétendre reproduire le bougna sacré — les ignames, taros et lait de coco qu'elle découvrit là-bas, à l'autre bout de son exil.
Le bagne m'avait jetée à l'autre bout du monde, sur cette presqu'île battue par le Pacifique. Là, j'ai connu les Kanaks, qu'on disait sauvages et qui m'ont tout appris de la dignité. Ils enfouissaient sous la terre, dans les feuilles et le lait de la noix de coco, l'igname et le taro de leurs jardins, et le repas en sortait doux comme une promesse. Je n'ai pas le droit de te livrer leurs rites, qui ne m'appartiennent pas — mais je peux te dire le goût de cette douceur, qui a consolé mon exil.
Ingrédients (version d’époque)
- Igname — selon la récolte (féculent de base)
- Taro — quelques tubercules (féculent de base)
- Lait de noix de coco fraîche râpée — ce que donne la noix (liant onctueux)
- Feuilles de bananier — pour l'étouffée (enveloppe de cuisson)
- Sel marin — un peu (assaisonnement)
Ingrédients
- Igname (ou patate douce à défaut) — 400 g (féculent de base)
- Taro (ou pomme de terre ferme) — 300 g (féculent de base)
- Lait de coco — 400 ml (liant onctueux)
- Oignon nouveau — 2 (parfum)
- Gingembre frais — 1 cm râpé (fraîcheur)
- Sel — à goût (assaisonnement)
Préparation
- Éplucher igname et taro, les couper en gros morceaux réguliers.
- Les disposer dans une cocotte avec l'oignon émincé et le gingembre.
- Verser le lait de coco, saler, ajouter un peu d'eau pour couvrir à mi-hauteur.
- Cuire à couvert et à feu doux 35 à 40 minutes, jusqu'à ce que les tubercules soient fondants.
- Laisser le lait de coco réduire en sauce nappante et servir bien chaud dans un bol.
Comment on faisait : La cuisine kanak traditionnelle repose sur les tubercules (igname, taro), aliments à forte valeur sociale et cérémonielle, cuits à l'étouffée dans un four de terre. L'igname y est un marqueur de respect et de saison. Ce plat moderne s'en inspire librement et ne reproduit aucun rite : il rend hommage à la rencontre de Louise Michel avec ce peuple.
Le twist contemporain : Une pincée de zeste de combava et quelques herbes fraîches en finition pour réveiller la douceur du coco.
Sources : Louise Michel, Mémoires (1886) · Louise Michel, Légendes et chants de gestes canaques (1885)
Louise Michel · Charactorium