Malu kanyilanu — Kangourou sous les braises
La queue et le cuissot de kangourou, à peine roussis sur la flamme puis enfouis dans un lit de braises et de sable chaud, ressortent fondants et fumés. Une viande maigre, profonde, qu'on détache à la main et qu'on fait passer de main en main.
La queue et le cuissot de kangourou, à peine roussis sur la flamme puis enfouis dans un lit de braises et de sable chaud, ressortent fondants et fumés. Une viande maigre, profonde, qu'on détache à la main et qu'on fait passer de main en main.
Quand je rentrais chez moi, à Indulkana, on ne demandait pas ce qu'il y avait à manger : on regardait ce que la terre donnait ce jour-là. Le malu, le kangourou, on le posait sur le feu juste pour fermer la peau, puis dans le trou de braises, recouvert de sable, et on attendait. La queue, c'était le morceau qu'on me gardait, la plus tendre. On mange avec les doigts, on partage, et on parle — la nourriture n'a jamais été à moi seule, elle est à tout le monde assis autour.
- •Queue et cuissot de kangourou — une pièce pour le groupe (viande principale)
- •Braises de bois du désert (mulga) — un grand foyer (cuisson)
- •Sable chaud — de quoi recouvrir (four enterré)
Malu kanyilanu — Kangourou sous les braises
La queue et le cuissot de kangourou, à peine roussis sur la flamme puis enfouis dans un lit de braises et de sable chaud, ressortent fondants et fumés. Une viande maigre, profonde, qu'on détache à la main et qu'on fait passer de main en main.
Pourquoi ce plat ? Toute sa vie, lors de ses retours à Indulkana, Lowitja renouait avec la viande de kangourou du centre australien — le kuka par excellence de son peuple. C'est le plat du foyer, celui qu'on partage assis dans le sable.
Quand je rentrais chez moi, à Indulkana, on ne demandait pas ce qu'il y avait à manger : on regardait ce que la terre donnait ce jour-là. Le malu, le kangourou, on le posait sur le feu juste pour fermer la peau, puis dans le trou de braises, recouvert de sable, et on attendait. La queue, c'était le morceau qu'on me gardait, la plus tendre. On mange avec les doigts, on partage, et on parle — la nourriture n'a jamais été à moi seule, elle est à tout le monde assis autour.
Ingrédients (version d’époque)
- Queue et cuissot de kangourou — une pièce pour le groupe (viande principale)
- Braises de bois du désert (mulga) — un grand foyer (cuisson)
- Sable chaud — de quoi recouvrir (four enterré)
Ingrédients
- Filet ou cuissot de kangourou — 600 g (viande principale)
- Huile végétale neutre — 2 c. à soupe (saisie)
- Gros sel — 1 c. à café (assaisonnement)
- Poivre de montagne (Tasmanian pepperberry) ou poivre noir — 1/2 c. à café (épice locale)
Préparation
- Sortir la viande du froid 30 min avant : le kangourou se cuit court et saignant, jamais à cœur.
- Saisir le filet 1 à 2 min par face dans une poêle très chaude huilée, juste pour caraméliser l'extérieur.
- Saler, poivrer, puis envelopper dans du papier aluminium et laisser reposer 8 à 10 min hors du feu (le repos remplace l'enfouissement dans le sable).
- Trancher épais en travers de la fibre et servir tiède, à partager au centre de la table.
Comment on faisait : Dans le ground oven traditionnel, on creuse un trou, on y entretient un grand feu jusqu'à obtenir braises et pierres brûlantes, puis on dépose la viande, on la recouvre de sable et de cendre, et on la laisse cuire lentement à l'étouffée. La viande de kangourou, très maigre, ne supporte pas la surcuisson : la cendre la garde humide.
Le twist contemporain : Quelques baies de poivre de montagne écrasées et une pincée de wattleseed grillé en croûte rappellent le fumé des braises sans four enterré.
Lowitja O'Donoghue · Charactorium