Gretchka à la tochonka (kacha de sarrasin et viande en conserve)
Une bouillie épaisse de sarrasin que l'on enrichit de viande braisée en conserve, d'oignon revenu et de sa graisse : le plat unique du soldat, simple, gras et roboratif, servi brûlant dans la gamelle.
Une bouillie épaisse de sarrasin que l'on enrichit de viande braisée en conserve, d'oignon revenu et de sa graisse : le plat unique du soldat, simple, gras et roboratif, servi brûlant dans la gamelle.
Camarade, ne crois pas qu'on gagne une guerre l'estomac vide. Dans la tranchée, la gretchka chaude valait mieux qu'un discours : on grillait le sarrasin jusqu'à ce qu'il sente la noisette, on ouvrait une boîte de tochonka, et on remuait le tout dans la graisse fondue. J'ai tenu mon Mosin des heures dans le froid de Sébastopol, et c'est cette gamelle-là qui me rendait la main ferme. Mange-la fumante, avec du pain noir — et n'en laisse pas une cuillerée.
- •Sarrasin (gretchka) — une grosse poignée par homme (féculent de base, grillé à sec)
- •Viande en conserve (tochonka) — une boîte pour deux (protéine et graisse)
- •Oignon — selon disponibilité (aromate)
- •Eau — le double du volume de sarrasin (cuisson)
- •Sel — une pincée (assaisonnement)
Gretchka à la tochonka (kacha de sarrasin et viande en conserve)
Une bouillie épaisse de sarrasin que l'on enrichit de viande braisée en conserve, d'oignon revenu et de sa graisse : le plat unique du soldat, simple, gras et roboratif, servi brûlant dans la gamelle.
Pourquoi ce plat ? Le sarrasin grillé, la fameuse gretchka, était l'ossature de la ration de l'Armée rouge ; mêlé à la tochonka (bœuf ou porc en boîte, parfois venu des conserves américaines du prêt-bail), il tenait au corps les tireurs comme Pavlitchenko pendant les longues affûts d'Odessa et de Sébastopol.
Camarade, ne crois pas qu'on gagne une guerre l'estomac vide. Dans la tranchée, la gretchka chaude valait mieux qu'un discours : on grillait le sarrasin jusqu'à ce qu'il sente la noisette, on ouvrait une boîte de tochonka, et on remuait le tout dans la graisse fondue. J'ai tenu mon Mosin des heures dans le froid de Sébastopol, et c'est cette gamelle-là qui me rendait la main ferme. Mange-la fumante, avec du pain noir — et n'en laisse pas une cuillerée.
Ingrédients (version d’époque)
- Sarrasin (gretchka) — une grosse poignée par homme (féculent de base, grillé à sec)
- Viande en conserve (tochonka) — une boîte pour deux (protéine et graisse)
- Oignon — selon disponibilité (aromate)
- Eau — le double du volume de sarrasin (cuisson)
- Sel — une pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Sarrasin décortiqué — 200 g (féculent de base)
- Bœuf braisé en conserve (ou confit de porc effiloché) — 1 boîte (250 g) (protéine et graisse)
- Oignon — 1 moyen (aromate)
- Eau ou bouillon — 400 ml (cuisson)
- Laurier — 1 feuille (parfum)
- Sel et poivre noir — à goût (assaisonnement)
Préparation
- Faire griller le sarrasin à sec dans une casserole 2-3 min jusqu'à odeur de noisette.
- Verser l'eau bouillante salée, ajouter le laurier, couvrir et cuire à feu doux 12-15 min jusqu'à absorption.
- Pendant ce temps, faire fondre la graisse de la conserve et y dorer l'oignon émincé.
- Ajouter la viande effilochée, réchauffer 5 min.
- Mélanger le sarrasin et la viande, rectifier sel et poivre, servir très chaud.
Comment on faisait : Au front, la cuisine roulante (polevaïa koukhnia) préparait la kacha en gros chaudron ; chaque soldat passait avec sa gamelle. La tochonka, déjà cuite et stérilisée, se conservait des mois et complétait la maigre ration de sarrasin et de pain noir.
Le twist contemporain : Une cuillère de smetana (crème aigre) et un peu d'aneth ciselé transforment la gamelle du soldat en plat réconfortant de bistrot d'Europe de l'Est.
Lyudmila Pavlichenko · Charactorium