Margherita Hack(1922 — 2013)

Margherita Hack

Italie, royaume d'Italie

8 min de lecture

SciencesXXe siècleXXe siècle — essor de l'astrophysique moderne, conquête spatiale et démocratisation des sciences

Astrophysicienne italienne née à Florence en 1922, elle a dirigé l'Observatoire astronomique de Trieste pendant trente ans. Pionnière de la spectroscopie stellaire et grande vulgarisatrice scientifique, elle a rendu l'astronomie accessible au grand public.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Margherita Hack (1922‑2013) est une astrophysicienne italienne qui a dirigé l'Observatoire de Trieste pendant 23 ans, devenant la première femme en Italie à la tête d'un grand institut scientifique. Ce qui la rend célèbre, c'est son double rôle : chercheuse de pointe en spectroscopie stellaire et vulgarisatrice passionnée, capable d'expliquer la formation des étoiles à des millions de lecteurs. Moins connue que sa science, son engagement pour la liberté de la recherche et les droits des animaux en fait une figure humaniste complète.

Citations célèbres

« La science ne connaît pas de frontières. »
« Nous sommes tous faits de la même matière que les étoiles. »

Faits marquants

  • 1922 : naissance à Florence, Italie
  • 1954 : devient professeure d'astrophysique à l'Université de Trieste
  • 1964–1987 : dirige l'Observatoire astronomique de Trieste
  • 1978 : l'astéroïde 8558 Hack est nommé en son honneur
  • 2013 : décès à Trieste à l'âge de 91 ans

Œuvres & réalisations

Travaux spectroscopiques sur les étoiles Be et à raies d'émission (1960-1980)

Ensemble de publications scientifiques de référence sur les étoiles B à raies d'émission, établissant des catalogues spectroscopiques utilisés par des générations d'astronomes pour classer ces objets particuliers à enveloppe circumstellaire.

L'universo di Margherita Hack (Rizzoli) (1988)

Ouvrage de vulgarisation qui fit découvrir l'astronomie à des millions d'Italiens, expliquant avec clarté et enthousiasme la naissance des étoiles, l'expansion de l'univers et les dernières avancées de l'astrophysique moderne.

Dove nascono le stelle (Sperling & Kupfer) (2004)

L'un de ses livres de vulgarisation les plus populaires, explorant la formation des étoiles, les trous noirs et l'origine de l'univers, adopté dans de nombreux lycées italiens et traduit en plusieurs langues.

La mia vita in bicicletta (Avverbi) (2007)

Autobiographie dans laquelle Hack retrace son parcours de femme de science dans l'Italie du XXe siècle, de l'athlétisme à l'astronomie, témoignant de sa vision humaniste et engagée du métier de chercheur.

Libera scienza in libero stato (Rizzoli BUR) (2010)

Essai engagé pour la liberté de la recherche scientifique, dans lequel Hack plaide pour une science débarrassée des dogmes et des ingérences idéologiques, au service de la vérité et du progrès de l'humanité.

Direction et modernisation de l'Observatoire de Trieste (1964-1987)

Réalisation institutionnelle majeure : en 23 ans, Hack transforma l'OATs en centre de recherche international, attira des collaborations étrangères et forma plusieurs générations d'astrophysiciens italiens.

Anecdotes

Dans sa jeunesse, Margherita Hack était une athlète accomplie : en 1941, elle remporta les championnats italiens universitaires en saut en hauteur et en longueur à Florence. Ce goût pour le dépassement de soi accompagna toute sa vie sa curiosité intellectuelle, illustrant sa conviction que l'esprit et le corps doivent être également exercés.

De 1964 à 1987, Margherita Hack dirigea l'Observatoire astronomique de Trieste, devenant ainsi la première femme en Italie à diriger un grand institut de recherche scientifique. Sous sa direction, l'observatoire acquit une réputation internationale grâce à ses travaux de pointe sur les étoiles variables et la spectroscopie stellaire.

Grande amoureuse des animaux, Margherita Hack était végétarienne par conviction éthique depuis sa jeunesse et possédait de nombreux chats auxquels elle était profondément attachée. Elle s'engagea activement pour les droits des animaux tout au long de sa vie, bien avant que ces questions ne deviennent des préoccupations largement partagées dans la société italienne.

Vulgarisatrice infatigable, Hack continua à donner des conférences, à écrire et à participer à des émissions de télévision jusqu'à un âge avancé, faisant de l'astronomie une passion partagée par des millions d'Italiens. Elle répondait personnellement à des milliers de lettres de lecteurs, convaincue que la science appartient à tous et non aux seuls spécialistes.

En 1994, un astéroïde fut baptisé '8558 Hack' en son honneur par l'Union astronomique internationale. Elle plaisantait volontiers en disant qu'elle avait enfin 'un pied dans les étoiles', elle qui avait consacré toute sa carrière à les observer depuis la Terre.

Sources primaires

Margherita Hack, 'L'universo di Margherita Hack' (Rizzoli) (1988)
Comprendere l'universo significa comprendere noi stessi, perché siamo fatti della stessa materia delle stelle — siamo polvere di stelle che si è organizzata in forme sempre più complesse.
Margherita Hack, 'Dove nascono le stelle' (Sperling & Kupfer) (2004)
La spettroscopia ci ha permesso di decifrare la composizione chimica delle stelle a milioni di anni luce di distanza, una rivoluzione scientifica non meno importante dell'invenzione del telescopio.
Margherita Hack, 'La mia vita in bicicletta' (Avverbi) (2007)
Ho pedalato tutta la vita, sia in senso letterale che figurato. La bicicletta è stata la mia compagna fedele, come le stelle e i miei gatti.
Margherita Hack, 'Libera scienza in libero stato' (Rizzoli BUR) (2010)
La scienza non può progredire se non in un contesto di piena libertà di pensiero e di ricerca. Ogni ingerenza ideologica o religiosa nel lavoro scientifico è una minaccia alla verità.
Hack M., 'Spectroscopic atlas of prototype stars' — travaux spectroscopiques sur les étoiles Be publiés dans Astronomy & Astrophysics (années 1960-1970)
Les raies d'émission observées dans les spectres de ces étoiles témoignent d'une enveloppe circumstellaire de gaz ionisé en rotation rapide autour de l'étoile centrale, phénomène qu'elle fut parmi les premiers à documenter systématiquement.

Lieux clés

Florence — lieu de naissance et de formation

Née le 12 juin 1922 dans cette ville d'art et de science, Margherita Hack y effectua ses études à l'Université, obtenant sa licence de physique en 1945, dans la tradition astronomique héritée de Galilée.

Observatoire d'Arcetri (Florence)

Fondé en 1872 sur la colline d'Arcetri où Galilée termina sa vie, cet observatoire fut le premier terrain de recherche de Hack. Elle y développa sa méthode d'analyse spectroscopique avant de rejoindre Trieste.

Observatoire astronomique de Trieste (OATs)

Hack en fut la directrice de 1964 à 1987, transformant cet établissement en centre de réputation internationale spécialisé dans la spectroscopie stellaire et l'astrophysique des étoiles chaudes.

Université de Trieste

Hack y enseigna l'astronomie pendant des décennies, formant des générations d'astrophysiciens italiens et contribuant à faire de Trieste un pôle scientifique reconnu à l'échelle européenne.

Trieste — ville de vie et d'engagement

Carrefour culturel entre le monde latin et le monde slave, Trieste accueillit Hack pendant la majeure partie de sa vie adulte. Elle y mourut le 29 juin 2013, laissant une ville en deuil qui lui rendit un hommage national.

Voir aussi