Marie Anne du Deffand

Marie Anne de Vichy-Chamrond, marquise du Deffand

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SociétéLettresTemps modernesFrance du XVIIIe siècle, au cœur du siècle des Lumières et de la culture des salons mondains de l'Ancien Régime

Femme de lettres et salonnière française du siècle des Lumières, la marquise du Deffand tint l'un des salons les plus brillants de Paris. Spirituelle et désabusée, elle correspondit avec Voltaire et Horace Walpole.

Questions fréquentes

Marie Anne de Vichy-Chamrond, marquise du Deffand, était une salonnière et épistolière française du XVIIIe siècle. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne l'esprit des Lumières non par des livres, mais par l'art de la conversation et de la correspondance. Son salon au couvent Saint-Joseph à Paris rassemblait philosophes, écrivains et aristocrates, faisant d'elle une figure clé de la sociabilité intellectuelle de l'époque.

Citations célèbres

« Il n'y a qu'un malheur, celui d'être né. »

Faits marquants

  • Née en 1696 dans une famille de la noblesse bourguignonne
  • Tient à partir des années 1740 un salon réputé, fréquenté par Voltaire, Montesquieu, d'Alembert et Fontenelle
  • Devenue aveugle, elle prend en 1754 Julie de Lespinasse comme demoiselle de compagnie et lectrice
  • En 1764, rupture avec Julie de Lespinasse, qui ouvre son propre salon en attirant les habitués du sien
  • Entretient à partir de 1766 une correspondance passionnée avec Horace Walpole jusqu'à sa mort en 1780

Œuvres & réalisations

Correspondance avec Horace Walpole (1766-1780)

Des centaines de lettres en français adressées à l'écrivain anglais, considérées comme un sommet de l'art épistolaire du XVIIIe siècle.

Correspondance avec Voltaire (1740-1780)

Échange spirituel et philosophique de longue durée avec le grand homme des Lumières, miroir de son scepticisme et de son humour.

Salon du couvent Saint-Joseph (1753-1780)

L'un des salons les plus prestigieux de Paris, lieu de sociabilité où se rencontraient écrivains, philosophes et gens du monde.

Portrait de Madame de Pompadour (vers 1750)

Petit portrait littéraire, genre mondain en vogue, où la marquise exerce son talent d'observation et son trait acéré.

Correspondance avec la duchesse de Choiseul et Madame de Choiseul (1760-1780)

Lettres témoignant de ses amitiés et de son regard sur la politique et la société de la cour.

Anecdotes

Devenue totalement aveugle vers la cinquantaine, la marquise du Deffand refusa de renoncer à sa vie mondaine : elle continua de tenir salon dans le noir, dictant ses lettres à des secrétaires et reconnaissant ses invités à leur voix. Son esprit mordant n'en fut nullement émoussé.

Elle engagea comme lectrice et dame de compagnie une jeune parente pauvre, Julie de Lespinasse. Mais quand elle découvrit que Julie recevait en secret ses propres invités une heure avant l'ouverture de son salon, elle la chassa, furieuse. Julie ouvrit alors un salon rival qui attira les encyclopédistes.

À près de soixante-dix ans, la marquise se prit d'une affection passionnée pour l'écrivain anglais Horace Walpole, de vingt ans son cadet. Leur correspondance, en français, compte des centaines de lettres pleines de tendresse et de mélancolie, qu'elle lui dictait car elle ne pouvait plus écrire elle-même.

Dans sa jeunesse, elle fut brièvement la maîtresse du Régent Philippe d'Orléans. On raconte que la liaison ne dura que quelques jours, ce qui lui inspira plus tard nombre de réflexions désabusées sur l'inconstance des hommes et la vanité des plaisirs.

Elle légua à Horace Walpole son petit chien adoré, Tonton, dont elle parlait sans cesse dans ses lettres. Walpole recueillit l'animal en Angleterre après la mort de la marquise, fidèle à la promesse faite à son amie.

Sources primaires

Lettre de la marquise du Deffand à Horace Walpole (vers 1766)
Je vous l'avoue, je ne suis contente de personne, et je suis fort mécontente de moi : il faut s'aimer un peu soi-même pour pouvoir aimer les autres.
Correspondance de Voltaire avec la marquise du Deffand (1759)
Vous avez raison de dire qu'on est bien malheureux d'avoir trop d'esprit ; cela fait qu'on sent trop vivement le néant de toutes choses.
Lettres de la marquise du Deffand (correspondance avec Walpole) (vers 1770)
L'ennui est la maladie de mon âme ; je n'ai jamais pu le vaincre, et il me poursuit jusque dans les plaisirs.

Lieux clés

Château de Chamrond (Bourgogne)

Région d'origine de sa famille noble, où elle naquit en 1696 et passa son enfance avant d'être envoyée au couvent.

Couvent Saint-Joseph, rue Saint-Dominique, Paris

Appartement loué dans ce couvent où elle tint son salon célèbre pendant près de trente ans, recevant l'élite intellectuelle et mondaine.

Paris

Capitale du royaume et cœur de la vie mondaine et littéraire des Lumières, où elle vécut l'essentiel de sa vie et mourut en 1780.

Sceaux, cour de la duchesse du Maine

Château proche de Paris où la jeune marquise fréquenta la cour brillante et frivole de la duchesse du Maine, foyer de divertissements et d'esprit.

Strawberry Hill, Angleterre

Demeure néogothique d'Horace Walpole, destinataire de ses lettres ; elle ne s'y rendit jamais mais ce lieu hanta sa correspondance et son imagination.

Voir aussi