Mary Putnam Jacobi(1842 — 1906)
Mary Corinna Putnam
États-Unis
6 min de lecture
Médecin américaine, pionnière de la place des femmes en médecine au XIXe siècle. Chercheuse rigoureuse et militante suffragiste, elle réfuta scientifiquement les préjugés médicaux qui jugeaient les femmes inaptes à l'effort intellectuel et physique.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1842 à Londres et morte en 1906 à New York.
- Première femme admise à l'École de pharmacie de New York (1863) puis à l'École de médecine de Paris (1868).
- Remporte en 1876 le prix Boylston de Harvard avec un essai réfutant l'idée que les femmes devaient se reposer durant les menstruations.
- Fonde en 1872 l'Association pour l'avancement de l'éducation médicale des femmes.
- Auteure de plus de 100 articles scientifiques en physiologie, neurologie et pédiatrie.
Œuvres & réalisations
Travail de recherche en physiologie récompensé par les félicitations du jury, qui consacra sa formation scientifique au plus haut niveau européen.
Essai lauréat du prix Boylston de Harvard, réfutant par les statistiques l'idée que les femmes seraient inaptes à l'effort intellectuel.
Organisation visant à élever le niveau de formation médicale des femmes et à leur ouvrir les hôpitaux et laboratoires.
Ouvrage militant en faveur du droit de vote des femmes, mêlant arguments politiques et raisonnement scientifique.
Publications en pathologie, neurologie et physiologie qui firent d'elle l'une des chercheuses les plus respectées de son temps.
Récit médical détaillé des symptômes de sa maladie, rédigé en scientifique jusqu'à la fin et publié après sa mort.
Anecdotes
En 1876, Mary Putnam Jacobi remporte le prestigieux prix Boylston de l'université Harvard. Son essai, soumis anonymement comme l'exigeait le concours, démolissait par des données chiffrées la thèse à la mode selon laquelle les études abîmaient la santé des jeunes filles. Quand l'enveloppe fut ouverte, le jury masculin découvrit avec stupeur qu'une femme l'avait emporté.
Pour bâtir cette démonstration, elle envoya un questionnaire détaillé à un millier de femmes et utilisa un sphygmographe, appareil qui traçait sur du papier le rythme du pouls. Elle voulait prouver chiffres à l'appui qu'aucun « repos obligatoire » n'était physiologiquement nécessaire — une enquête statistique avant l'heure.
En 1868, elle devint la première femme admise à la prestigieuse École de Médecine de Paris. L'autorisation lui fut arrachée de haute lutte, et l'on raconte qu'elle dut d'abord s'asseoir à l'écart des étudiants. Elle ressortit diplômée en 1871 avec les félicitations et une médaille pour sa thèse.
Fille de George Palmer Putnam, fondateur de la grande maison d'édition new-yorkaise Putnam, elle avait publié une nouvelle dans un magazine dès l'adolescence. Sa famille espérait une carrière littéraire ; elle choisit la médecine, un terrain alors quasi interdit aux femmes.
Scientifique jusqu'au bout, elle observa et nota méthodiquement les symptômes de la tumeur au cerveau qui allait l'emporter en 1906. Ce récit clinique de sa propre maladie fut publié après sa mort, exemple saisissant de rigueur face à sa propre fin.
Sources primaires
« Il n'y a rien dans la nature de la menstruation qui implique la nécessité, ni même la désirabilité, du repos pour les femmes dont la nutrition est réellement normale. »
Elle y défend que le droit de vote des femmes découle des principes fondateurs de la démocratie et réfute l'idée qu'elles seraient suffisamment « représentées » par les hommes de leur famille.
Recueil de ses lettres où elle décrit ses années d'études à Paris, sa détermination à être reconnue comme médecin et chercheuse à part entière, et ses réflexions sur la place des femmes dans la science.
Lieux clés
Ville natale de Mary Putnam, où son père dirigeait alors la branche londonienne de sa maison d'édition.
Premier collège de médecine pour femmes au monde, où elle obtint son diplôme américain en 1864.
Faculté prestigieuse dont elle fut la première étudiante femme, diplômée avec mention en 1871.
École fondée par Elizabeth Blackwell où Mary Putnam Jacobi enseigna et forma des générations de femmes médecins.
Ville où elle exerça, milita pour le suffrage et mourut en 1906.
