Max Ophüls (1902-1957) est un cinéaste germano-français réputé pour son style visuel virtuose, marqué par de longs travellings et une caméra fluide. Il réalise des œuvres majeures comme La Ronde, Lola Montès et Madame de…, qui explorent l'amour et la mélancolie.
Max Ophüls(1902 — 1957)
Max Ophüls
France, Allemagne
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le cinéma, c'est de l'écriture moderne dont l'encre est la lumière.»
Faits marquants
- Né le 6 mai 1902 à Sarrebruck, en Allemagne
- Fuit le nazisme en 1933 et s'exile en France puis aux États-Unis
- Réalise La Ronde (1950), adapté d'Arthur Schnitzler, qui reçoit le prix du scénario à Cannes
- Tourne Lola Montès (1955), premier film français en CinémaScope, considéré comme un chef-d'œuvre
- Décède le 26 mars 1957 à Hambourg, peu après son retour en Europe
Œuvres & réalisations
Premier grand film d'Ophüls, adapté de la pièce de Schnitzler, tourné en Allemagne juste avant son exil. Ce drame romantique viennois annonce tous les thèmes futurs du réalisateur : l'amour impossible, la fuite du temps, la valse comme métaphore de la vie.
Tourné à Hollywood avec Joan Fontaine, ce film adapté de Stefan Zweig est considéré comme l'un des plus beaux mélodrames de l'histoire du cinéma américain. Il illustre parfaitement la maîtrise d'Ophüls du flash-back, du travelling et de la narration subjective.
Adapté de la pièce Reigen d'Arthur Schnitzler, ce film en forme de ronde amoureuse à Vienne fut un triomphe en France et valut à Ophüls le Prix Louis Delluc. Il marque son retour en Europe et son accession au statut de maître du cinéma français.
Triptyque adapté de trois nouvelles de Guy de Maupassant, explorant le plaisir, le masque et l'illusion. Le film confirme la place d'Ophüls dans le panthéon du cinéma d'auteur européen par sa richesse stylistique et littéraire.
Avec Danielle Darrieux, Charles Boyer et Vittorio De Sica, ce film sur une paire de boucles d'oreilles et un amour fatal est universellement salué comme l'un des sommets du cinéma mondial, tant pour sa mise en scène que pour sa profondeur émotionnelle.
Dernier film d'Ophüls et testament cinématographique, premier long métrage français en CinémaScope et couleurs. Incompris à sa sortie et mutilé par les producteurs, il est aujourd'hui classé parmi les chefs-d'œuvre absolus du cinéma mondial par des cinéastes comme Jean-Luc Godard et Stanley Kubrick.
Anecdotes
Max Ophüls est né Max Oppenheimer, mais il changea son nom en 'Ophüls' dès ses débuts au théâtre pour protéger sa famille bourgeoise et respectée de Sarrebruck du scandale que représentait alors la carrière d'acteur. Ce pseudonyme, choisi par respect filial, devint l'un des noms les plus admirés du cinéma mondial.
Lorsque Hitler prit le pouvoir en janvier 1933, Ophüls se trouvait à Berlin pour diriger un film. Prévenu par des amis que sa vie était en danger en tant que Juif, il quitta l'Allemagne précipitamment avec sa femme et son fils Marcel, laissant derrière lui une carrière théâtrale et cinématographique florissante. Il entama alors une longue errance à travers la France, les Pays-Bas, l'Italie et finalement les États-Unis.
Ophüls est célèbre pour ses longs travellings sinueux et sa caméra en perpétuel mouvement, au point que ses techniciens plaisantaient en disant qu'il avait 'des rails à la place des pieds'. Sur le tournage de Lola Montès, il fit construire un immense chapiteau de cirque en studio à Paris, et la complexité des mouvements de caméra nécessita des semaines de préparation minutieuse.
Lola Montès (1955), son dernier film et son œuvre la plus ambitieuse, fut un échec commercial cuisant à sa sortie : les producteurs le mutilèrent en le remontant sans l'accord du réalisateur, ajoutant même un commentaire explicatif jugé condescendant. Ophüls mourut deux ans plus tard sans voir sa réhabilitation. Aujourd'hui, le film est universellement reconnu comme un chef-d'œuvre du cinéma mondial.
Son fils Marcel Ophüls devint lui aussi un cinéaste de renom, notamment connu pour Le Chagrin et la Pitié (1969), documentaire bouleversant sur la collaboration française durant l'Occupation. Max, avant de mourir à 54 ans, aurait confié à Marcel : 'Si tu fais du cinéma, fais-le pour toi.' Cette filiation artistique père-fils est l'une des plus célèbres de l'histoire du septième art.
Sources primaires
Je n'ai jamais cherché à fuir la réalité dans mes films. J'ai voulu la regarder en face, mais avec les yeux d'un homme qui croit encore à la beauté du mouvement, au charme fragile des instants qui passent.
La caméra ne doit jamais être immobile quand les personnages sont en mouvement dans leur âme. Le travelling n'est pas un effet de style, c'est une nécessité morale : il dit la fuite du temps, l'impossibilité de saisir ce qu'on aime.
Nous avons quitté l'Allemagne avec une valise et l'espoir. La France nous a accueillis avec sa générosité habituelle. Je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve, mais je sais que je continuerai à faire des films tant que je pourrai tenir une caméra.
Arthur Schnitzler a écrit sur Vienne ce que chaque ville cache : le désir qui tourne en rond, la comédie humaine qui recommence toujours. Mon film n'est pas nostalgique, il est lucide.
Hollywood m'a appris la rigueur technique. La France m'a redonné la liberté. Ce sont deux cadeaux que je porte ensemble, parfois en me demandant lequel est le plus lourd.
Lieux clés
Ville natale de Max Ophüls (né Max Oppenheimer), alors dans l'Empire allemand, proche de la frontière française. Son enfance dans cette région frontalière franco-allemande nourrit son identité culturelle double.
Lieu d'exil choisi dès 1933, puis de retour triomphal après 1950. C'est à Paris qu'Ophüls tourna La Ronde, Madame de… et Lola Montès, et où il fut enfin pleinement reconnu comme l'un des maîtres du cinéma européen.
Ophüls y vécut et travailla de 1941 à 1950, period pendant laquelle il tourna notamment Letter from an Unknown Woman et Caught. Malgré des succès critiques, il ne s'y sentit jamais totalement chez lui et chercha à rentrer en Europe.
Bien qu'Ophüls n'y ait jamais vécu durablement, Vienne est la ville imaginaire au cœur de son univers : c'est la Vienne de Schnitzler, des valses et des amours éphémères que ses films reconstituent avec une nostalgie lucide.
Ville où Max Ophüls mourut le 26 mars 1957, à l'âge de 54 ans, d'une maladie cardiaque, alors qu'il préparait de nouveaux projets. Il fut enterré en France, au cimetière du Père-Lachaise à Paris.