Menā

Menā (Menāvatī)

6 min de lecture

MythologieSpiritualitéAvant J.-C.Inde ancienne, monde védique et puranique antérieur à l'ère commune, où se fixe la mythologie hindoue transmise oralement puis dans les grands textes sanskrits.

Menā est une déesse de la mythologie hindoue, épouse d'Himavat, personnification de l'Himalaya, et reine des montagnes. Mère de la grande déesse Pārvatī ainsi que de Gangā et du mont Maināka, elle est célébrée dans les Purāṇa comme la fille mentale (mānasaputrī) des ancêtres Pitṛ.

Questions fréquentes

Menā est la reine des montagnes, épouse d'Himavat (l'Himalaya personnifié) et mère de la grande déesse Pārvatī, de la rivière Gangā (le Gange) et du mont ailé Maināka. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle n'est pas une simple déesse secondaire : elle est une mānasaputrī (fille née de l'esprit) des ancêtres Pitṛ, ce qui la rattache directement à la chaîne des êtres divins issus de la pensée. Contrairement à une déesse guerrière comme Durgā, Menā incarne la maternité sacrée et la puissance des austérités (tapas) qui attirent la Déesse suprême dans sa famille.

Faits marquants

  • Personnage de la mythologie hindoue dont le récit est fixé dans les Purāṇa (compilations entre env. 300 av. J.-C. et le Ier millénaire de notre ère)
  • Épouse d'Himavat, le roi des montagnes et personnification de la chaîne de l'Himalaya
  • Mère de Pārvatī, l'épouse du dieu Śiva, ce qui fait d'elle la belle-mère du dieu dans la mythologie shivaïte
  • Mère également de la déesse-fleuve Gangā et du mont Maināka selon plusieurs traditions
  • Décrite comme une fille « née de l'esprit » (mānasaputrī) des ancêtres divins Pitṛ

Œuvres & réalisations

Les austérités pour obtenir la Déesse (récit puranique)

Avec Himavat, Menā pratique de longues austérités (tapas) afin que la grande Déesse consente à naître comme leur fille.

La naissance et l'éducation de Pārvatī (récit puranique)

Menā donne le jour à Pārvatī, future épouse de Śiva, et l'élève dans le palais des montagnes.

Le nom d'Umā (Kumārasambhava, chant I)

Voulant arrêter sa fille de s'imposer de trop dures pénitences, Menā s'écrie « u mā » (« oh, ne fais pas ! »), d'où le nom d'Umā donné à Pārvatī.

La maternité de Gangā (récit puranique)

Menā est aussi dite mère de Gangā, la rivière céleste qui descendra sur terre comme le Gange.

La maternité du mont Maināka (récit épique)

Elle enfante Maināka, la montagne ailée qui échappa à Indra en plongeant dans l'océan.

Le don de Pārvatī en mariage (kanyādāna) (récit puranique)

Menā et Himavat accordent leur fille à Śiva ; le rite scelle l'union du grand dieu et de la Déesse.

Anecdotes

Selon le Śiva Purāṇa, Menā et son époux Himavat pratiquèrent de longues austérités pour que la grande Déesse veuille bien naître chez eux. Leur vœu fut exaucé : la Déesse vint au monde comme leur fille Pārvatī, « celle de la montagne ».

Le poète Kālidāsa raconte que, voyant sa fille s'infliger de terribles pénitences, Menā s'écria « u mā ! » — « oh, ne fais pas cela ! ». De ce cri maternel serait né l'autre nom de Pārvatī : Umā.

Le Śiva Purāṇa décrit l'arrivée de Śiva au mariage, couvert de cendres, paré de serpents et entouré de sa troupe d'esprits effrayants (gaṇa). Épouvantée à l'idée de donner sa délicate fille à un tel époux, Menā s'évanouit, avant d'être rassurée quand le dieu révéla sa forme resplendissante.

Menā est aussi la mère du mont Maināka. Quand Indra trancha les ailes des montagnes, Maināka — dit le Rāmāyaṇa — se cacha dans l'océan ; il en surgit plus tard pour offrir un lieu de repos à Hanumān bondissant vers Laṅkā.

Dans les Purāṇa, Menā n'est pas une simple reine : ses enfants sont des éléments du monde. Outre Pārvatī, elle enfante Gangā, le Gange céleste, et Maināka la montagne — la nature elle-même est sa descendance.

Sources primaires

Kālidāsa, Kumārasambhava, chant I (vers 450 apr. J.-C.)
En temps voulu, Menā, l'épouse digne du roi des montagnes, donna le jour à une fille resplendissante ; et lorsque l'enfant voulut s'imposer de dures pénitences, sa mère, pour l'en empêcher, lui dit « u mā » (« oh, non ! »), d'où son nom d'Umā.
Śiva Purāṇa, Rudrasaṃhitā, Pārvatīkhaṇḍa (vers 1050 apr. J.-C.)
Voyant Śiva paré de serpents, le corps couvert de cendres, escorté de ses gaṇa hideux, Menā fut saisie d'épouvante et tomba évanouie, gémissant : « Comment donner ma tendre fille à un tel époux ? »
Vālmīki, Rāmāyaṇa, Sundarakāṇḍa, chant I (vers le IIIe siècle av. J.-C.)
Le mont Maināka, fils d'Himavat, qui jadis avait fui sous l'océan pour échapper à la foudre d'Indra, s'éleva des flots et offrit à Hanumān un lieu de repos durant son bond vers Laṅkā.
Harivaṃśa (appendice du Mahābhārata) (vers le Ier siècle apr. J.-C.)
Des ancêtres Pitṛ naquit par la seule pensée une fille, Menā ; elle devint l'épouse d'Himavat, roi des montagnes, et fut mère de Maināka, de Gangā et de la Déesse.

Lieux clés

L'Himālaya, royaume d'Himavat

Chaîne de montagnes personnifiée par Himavat, époux de Menā ; c'est là qu'elle règne et que naît sa fille Pārvatī.

Oṣadhiprastha

Capitale du royaume des montagnes selon Kālidāsa, « le plateau des herbes lumineuses » où Menā tient sa cour.

Le mont Kailāsa

Demeure de Śiva, vers laquelle part Pārvatī après que Menā l'a donnée en mariage au dieu.

Gangotri, source du Gange

Région des sources du Gange, fleuve sacré identifié à Gangā, dite fille de Menā et d'Himavat.

Le mont Maināka dans l'océan

Son fils Maināka se réfugia dans la mer du Sud pour fuir Indra, puis en surgit pour aider Hanumān vers Laṅkā.

Liens externes & ressources

Voir aussi