Déesse aztèque de la mort et reine de Mictlan, le royaume des morts. Elle gouverne aux côtés de son époux Mictlantecuhtli et veille sur les ossements des défunts. Elle est aujourd'hui célébrée lors du Día de los Muertos.
Mictecacihuatl
Mictecacihuatl
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Reine de Mictlan, le neuvième et dernier niveau de l'inframonde aztèque
- Épouse de Mictlantecuhtli, le dieu de la mort
- Gardienne des ossements des morts, matière première de la création de l'humanité selon certains mythes
- Associée à la fête aztèque des morts, ancêtre du Día de los Muertos mexicain
- Représentée avec un crâne et des attributs de la mort dans l'iconographie du Codex Borgia
Œuvres & réalisations
Dans le mythe de la création nahuatl, Mictecacihuatl et Mictlantecuhtli gardent jalousement les os des générations précédentes. Ces os, dérobés par Quetzalcóatl, seront utilisés pour créer l'humanité actuelle, faisant de la déesse une figure centrale de la genèse de l'espèce humaine.
Mictecacihuatl codirige avec son époux les neuf niveaux de l'au-delà aztèque. Son rôle est d'accueillir et de veiller sur les âmes des défunts ordinaires, contrairement aux guerriers morts au combat ou aux femmes mortes en couches qui rejoignent d'autres paradis divins.
Deux périodes du calendrier aztèque étaient entièrement consacrées aux fêtes des morts placées sous la présidence de Mictecacihuatl. Ces célébrations préfigurent directement le Día de los Muertos actuel et représentent l'une des traditions culturelles mexicaines les mieux préservées.
Selon la cosmologie nahuatl, Mictecacihuatl avale les étoiles pendant la journée, expliquant leur disparition au lever du soleil. Ce mythe en fait une actrice majeure du cycle cosmique quotidien qui régit l'alternance du jour et de la nuit.
Mictecacihuatl est désormais associée à la figure populaire de La Calavera Catrina et célébrée comme patronne du Día de los Muertos. Son image, mêlant mort et fête, est devenue un symbole culturel mexicain reconnu dans le monde entier.
Anecdotes
Selon le mythe aztèque rapporté dans le Codex Florentin, Mictecacihuatl fut sacrifiée dès sa naissance et descendit directement dans Mictlan, le royaume des morts, où elle devint reine. Cette origine tragique en faisait une divinité doublement liée à la mort : à la fois victime et souveraine de l'au-delà.
Mictecacihuatl est décrite dans les sources nahuatl comme avalant les étoiles pendant la journée. Ce phénomène expliquait, dans la cosmologie aztèque, pourquoi les étoiles disparaissent au lever du soleil : elles sont temporairement absorbées par la déesse des morts avant de reparaître la nuit.
Dans le mythe de la création nahuatl, le dieu Quetzalcóatl dut descendre en secret dans Mictlan pour dérober les ossements gardés par Mictecacihuatl et son époux. La déesse, furieuse, lui tendit un piège : Quetzalcóatl trébucha et brisa les os, ce qui explique pourquoi les êtres humains ont des tailles différentes.
La déesse présidait deux grandes fêtes des morts dans le calendrier aztèque : le Miccailhuitontli (Petite fête des morts) et le Hueymiccailhuitl (Grande fête des morts), qui duraient un mois entier. Ces célébrations, ancêtres directs du Día de los Muertos, incluaient des offrandes de nourriture, de fleurs et d'encens pour honorer les défunts.
Lors des rituels funéraires aztèques, des offrandes de nourriture, de papier amatl et d'encens de copal étaient brûlées en l'honneur de Mictecacihuatl pour protéger l'âme du défunt pendant son long voyage à travers les neuf niveaux de Mictlan, périple qui pouvait durer quatre ans selon la tradition.
Sources primaires
Les pages 9 à 13 du Codex Borgia représentent les divinités des morts, dont Mictecacihuatl, avec sa bouche grande ouverte et ses attributs funèbres, associée aux jours néfastes du calendrier rituel tonalpohualli.
Le livre III décrit Mictlan et ses souverains : « Au neuvième lieu, là était Mictlan, le lieu des morts. Là régnaient Mictlantecuhtli et Mictecacihuatl, seigneur et dame de Mictlan, qui gardaient jalousement les ossements des défunts. »
Le manuscrit illustré décrit les rites funéraires aztèques et les fêtes des morts, mentionnant les offrandes faites à Mictecacihuatl et les processions accompagnant les corps des défunts vers leur ultime demeure dans les profondeurs de Mictlan.
Ce texte cosmogonique nahuatl rapporte comment Quetzalcóatl descendit dans Mictlan pour dérober les os gardés par Mictecacihuatl et Mictlantecuhtli afin de créer l'humanité du cinquième soleil, âge dans lequel vivent les Aztèques.
Lieux clés
Domaine souverain de Mictecacihuatl et de son époux Mictlantecuhtli, Mictlan est le niveau le plus profond de l'au-delà aztèque. Les âmes des morts ordinaires devaient traverser neuf niveaux et affronter neuf obstacles pendant quatre ans avant d'y parvenir pour leur repos éternel.
Le grand temple de Tenochtitlan était le centre religieux de l'Empire aztèque. Des temples annexes y étaient dédiés aux divinités de la mort, et les sacrifices rituels dont les âmes rejoignaient Mictlan y étaient pratiqués lors des grandes fêtes calendaires.
Cité fondée en 1325 sur le lac Texcoco, Tenochtitlan était le cœur politique et religieux de l'Empire aztèque. C'est là que le culte de Mictecacihuatl était célébré lors des grandes fêtes annuelles des morts, le Miccailhuitontli et le Hueymiccailhuitl.
Mitla (dont le nom nahuatl signifie « lieu des morts ») était un grand centre cérémoniel préhispanique dédié aux rites funéraires. Elle illustre la profonde tradition mésoaméricaine du culte de la mort que Mictecacihuatl incarne et qui transcende le seul monde aztèque.
La région d'Oaxaca est considérée comme le berceau des célébrations les plus authentiques du Día de los Muertos, héritières directes des fêtes aztèques dédiées à Mictecacihuatl. Les processions nocturnes aux chandelles dans les cimetières y perpétuent vivant un héritage vieux de plusieurs siècles.
Objets typiques

Les crânes des sacrifiés étaient exposés sur des râteliers sacrés appelés tzompantli, dédiés aux divinités de la mort dont Mictecacihuatl. Ils symbolisent le cycle de la vie et de la mort dans la cosmologie aztèque et sont les ancêtres des calaveras (crânes ornés) du Día de los Muertos.

La résine de copal, brûlée en offrande lors des rituels funéraires, était censée porter les prières et les esprits vers Mictlan. Son parfum sacré accompagnait les défunts dans leur voyage vers le royaume de Mictecacihuatl et est encore utilisé aujourd'hui lors du Día de los Muertos.

Des banderoles de papier amatl, fabriqué à partir d'écorce de figuier, étaient offertes aux divinités des morts et placées dans les tombes. Elles servaient de monnaie spirituelle et de protection pour le voyage des âmes dans les neuf niveaux de l'au-delà.

Dans la mythologie aztèque, Mictecacihuatl est la gardienne des ossements des ancêtres. Selon le mythe de la création, le dieu Quetzalcóatl dut dérober les os gardés par Mictecacihuatl pour créer l'humanité actuelle, faisant de la déesse une figure centrale de la genèse humaine.

L'iconographie préhispanique représente Mictecacihuatl parée de colliers de globes oculaires arrachés, attribut macabre qui rappelle sa domination absolue sur les morts et sa nature terrifiante pour les vivants.

Ces fleurs orange vif au parfum puissant étaient utilisées lors des rites funéraires aztèques et forment aujourd'hui le symbole principal du Día de los Muertos. Leur couleur et leur parfum étaient censés guider les âmes depuis Mictlan vers le monde des vivants.

La pierre d'obsidienne, d'un noir brillant associé à la nuit et à la mort, était sacrée pour les divinités de Mictlan. Les couteaux sacrificiels en obsidienne étaient les instruments des sacrifices rituels dont les âmes alimentaient le royaume de Mictecacihuatl.
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Vie quotidienne
Matin
Au lever du soleil, selon le mythe aztèque, Mictecacihuatl avale les étoiles une à une, libérant le ciel pour la journée des vivants. Cette tâche cosmique quotidienne marque la frontière entre le monde des morts et celui des vivants, entre la nuit de Mictlan et le règne du soleil.
Après-midi
Dans l'imaginaire religieux aztèque, la déesse siège sur son trône de Mictlan aux côtés de Mictlantecuhtli pour recevoir les âmes des défunts parvenant au terme de leur long voyage. Elle veille sur les ossements des ancêtres accumulés dans les profondeurs de son royaume et arbitre l'entrée des nouvelles âmes au neuvième niveau.
Soir
Au crépuscule, Mictecacihuatl laisse réapparaître les étoiles qu'elle recrache, rendant la nuit aux forces de l'obscurité. Dans les temples de Tenochtitlan, les prêtres aztèques lui offraient alors de l'encens de copal et des banderoles de papier amatl pour s'assurer ses faveurs sur les âmes des défunts de la communauté.
Alimentation
En tant que divinité, Mictecacihuatl se nourrit symboliquement des offrandes rituelles : encens de copal, tamales préparés pour les morts, cacao et pulque (boisson fermentée de l'agave) déposés dans les temples lors des fêtes calendaires. Elle se nourrit aussi, dans le mythe, des âmes et des étoiles, nourriture spirituelle qui entretient son pouvoir cosmique.
Vêtements
L'iconographie préhispanique représente Mictecacihuatl avec un corps décharné ou squelettique, les cheveux noirs emmêlés et parée de crânes humains. Elle porte une jupe tissée de serpents entrelacés, symbole de sa puissance sur la mort, et un collier de globes oculaires caractéristique des divinités des ténèbres nahuatl.
Habitat
Mictecacihuatl réside au neuvième et dernier niveau de Mictlan, un espace souterrain obscur et froid situé aux antipodes du monde des vivants. Son domaine mythique, dépourvu de lumière solaire, est décrit dans les sources nahuatl comme un lieu de silence et de repos éternel pour les âmes ayant accompli leur voyage à travers les huit niveaux précédents.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Gardienne des ossements des ancêtres
mythe préhispanique
Souveraine de Mictlan
cosmologie aztèque, attestée dès le XIVe siècle
Présidence du Miccailhuitontli et du Hueymiccailhuitl
calendrier rituel aztèque (tonalpohualli)
Avaleuse des étoiles
mythe cosmologique aztèque
Patronne du Día de los Muertos (époque contemporaine)
XIXe-XXIe siècle






