
Miriam Makeba
Miriam Makeba
1932 — 2008
Algérie, Afrique du Sud
chanteuse de jazz et militante politique sud-africaine
Émotions disponibles (6)
Neutre
par défaut
Inspirée
Pensive
Surprise
Triste
Fière
Faits marquants
Œuvres & réalisations
Premier album enregistré aux États-Unis, produit par Harry Belafonte. Il révèle au monde occidental la musique africaine traditionnelle et fait de Makeba une artiste internationale reconnue.
Chanson populaire du township de Johannesburg, devenue un tube mondial. Son succès inattendu redonne à Makeba une visibilité internationale et popularise la musique africaine dans le monde entier.
Album live enregistré avec Harry Belafonte, récompensé par un Grammy Award. Il consacre Miriam Makeba comme l'une des grandes voix du mouvement pour les droits civiques à l'échelle mondiale.
Témoignage historique prononcé devant le Comité spécial contre l'apartheid des Nations Unies, qui vaut à Makeba la révocation de son passeport sud-africain et l'établit comme figure politique majeure.
Album qui synthétise les musiques traditionnelles africaines, le jazz et les chants engagés, constituant une œuvre musicale et militante fondatrice de son répertoire.
Album enregistré en exil, entièrement dédié aux chants traditionnels xhosa et aux musiques de guérisseurs. Témoignage rare et précieux de la tradition orale africaine, il est considéré comme son œuvre la plus personnelle.
Tournée mondiale accompagnant l'album 'Graceland' de Paul Simon, qui remet Miriam Makeba sous les feux de la rampe internationale et introduit les musiques africaines à toute une nouvelle génération d'auditeurs.
Anecdotes
En 1960, Miriam Makeba témoigne devant le Comité spécial de l'ONU contre l'apartheid, devenant la première artiste noire à prendre la parole sur cette scène internationale. Le gouvernement sud-africain lui retire aussitôt son passeport, la condamnant à un exil qui durera 31 ans.
Sa chanson 'Pata Pata', enregistrée en 1967 aux États-Unis, devient un succès mondial inattendu. Miriam Makeba ne comprenait pas au départ pourquoi les Américains l'adoraient autant : pour elle, c'était simplement une chanson dansante de son township natal de Johannesburg.
En 1968, après son mariage avec le militant des Black Panthers Stokely Carmichael, Miriam Makeba perd tous ses contrats aux États-Unis. Les maisons de disques l'abandonnent et les salles de concert annulent ses spectacles sous la pression politique. Elle s'installe alors en Guinée avec son mari.
En 1990, Nelson Mandela, libéré après 27 ans de prison, appelle personnellement Miriam Makeba pour lui demander de rentrer en Afrique du Sud. Son retour est triomphant : des milliers de personnes l'accueillent à l'aéroport de Johannesburg, les larmes aux yeux.
Le 9 novembre 2008, à l'âge de 76 ans, Miriam Makeba s'effondre sur scène à Castel Volturno en Italie, quelques minutes après avoir chanté 'Pata Pata'. Elle décède d'une crise cardiaque lors d'un concert en solidarité avec l'écrivain Roberto Saviano, menacé par la Camorra. Elle chantait jusqu'à son dernier souffle.
Sources primaires
Je suis une victime de l'apartheid, et je parle au nom de tous ceux qui souffrent sous ce régime. Mon peuple est privé de droits fondamentaux, de dignité et de liberté. Je vous demande de soutenir notre combat pour la justice.
Quand on m'a dit que mon passeport avait été révoqué et que je ne pourrais pas rentrer chez moi, j'ai compris que le gouvernement essayait de me réduire au silence. Mais ma voix n'appartient pas à l'apartheid.
Pendant trente et un ans, j'ai chanté pour mon pays depuis l'extérieur. Aujourd'hui je rentre, et ma musique rentre avec moi. L'Afrique du Sud n'est plus celle que j'ai quittée.
La musique est l'arme des pauvres. Quand on n'a plus rien, on chante. Et parfois, ce chant change le monde.
Lieux clés
Quartier vibrant et cosmopolite de Johannesburg où Miriam Makeba grandit et fit ses premières armes musicales dans les clubs de jazz. Détruit par le régime d'apartheid en 1955, Sophiatown reste un symbole de la résistance culturelle noire.
C'est devant l'assemblée générale de l'ONU que Miriam Makeba prononça ses discours contre l'apartheid en 1964, devenant la première artiste noire à porter cette cause sur la scène diplomatique mondiale.
Ville où Miriam Makeba vécut en exil de 1968 à 1986, sous la protection du président Sékou Touré. Elle y développa ses liens avec la musique africaine francophone et représenta la Guinée à l'ONU.
Ville natale et lieu de son triomphal retour en 1990 après 31 ans d'exil. Makeba y fut accueillie comme une héroïne nationale lors des premières élections libres de 1994.
Petite ville près de Naples où Miriam Makeba s'effondra sur scène le 9 novembre 2008 lors d'un concert de solidarité, et décéda quelques heures plus tard. Un lieu devenu symbole de son dévouement jusqu'au dernier instant.
Objets typiques
Miriam Makeba portait fièrement les tenues colorées et les coiffures de son peuple xhosa sur toutes les scènes du monde. Ces vêtements étaient pour elle un acte politique affirmant la beauté et la dignité de la culture africaine face au mépris colonial.
Outil central de sa vie, le microphone fut pour Miriam Makeba une arme pacifique. C'est grâce à lui qu'elle porta la voix des opprimés sud-africains dans les plus grandes salles internationales.
En 1960, le gouvernement sud-africain lui retira son passeport, la condamnant Ă l'exil. Ce document devenu inutilisable symbolise la violence administrative de l'apartheid contre ceux qui osaient parler.
Enregistré en 1967, ce 45 tours fut un succès mondial inattendu, introduisant la musique africaine dans des millions de foyers à travers le monde. Il reste son titre le plus emblématique.
Les rythmes traditionnels africains étaient au cœur des performances de Miriam Makeba. Elle les réintroduisait sur scène pour rappeler les racines culturelles africaines que l'apartheid cherchait à effacer.
Ses lettres et discours à l'ONU entre 1964 et 1975 constituent un corpus unique mêlant art et diplomatie. Ils témoignent de son rôle d'ambassadrice informelle de la cause anti-apartheid.
Programmes scolaires
Vie quotidienne
Matin
Miriam Makeba commençait ses journées tôt, souvent par des exercices vocaux et des chants traditionnels xhosa appris dans son enfance. En exil à Conakry, elle préparait le thé et lisait les journaux pour suivre les nouvelles d'Afrique du Sud, pensant constamment à son pays natal.
Après-midi
Ses après-midis étaient consacrés aux répétitions avec ses musiciens et à la composition. Elle accordait aussi du temps aux activités politiques : rédaction de discours, rencontres avec des militants et des diplomates africains qui faisaient étape à Conakry.
Soir
Les soirées étaient le temps des concerts et des performances. Dans les clubs ou sur les grandes scènes, elle chantait souvent plusieurs heures, terminant ses récitals en sueur et épuisée mais rayonnante. Après les spectacles, elle aimait partager un repas convivial avec ses musiciens.
Alimentation
Miriam Makeba attachait beaucoup d'importance à la cuisine africaine traditionnelle. Elle cuisinait volontiers du mealie pap (bouillie de maïs sud-africaine), des ragoûts de légumes et des plats guinéens à base de riz et de sauce d'arachide lors de son exil à Conakry.
VĂŞtements
Sur scène, elle portait systématiquement des tenues traditionnelles africaines : robes et pagnes xhosa aux motifs géométriques, coiffures enveloppées dans des tissus colorés. Dans la vie quotidienne, elle alternait entre tenues africaines et vêtements élégants à l'occidentale lors de ses apparitions diplomatiques.
Habitat
En exil, Miriam Makeba vécut dans différentes capitales africaines et occidentales. À Conakry, elle résidait dans une villa mise à sa disposition par le président Sékou Touré, entourée de compatriotes exilés et de musiciens africains. Elle décorait ses intérieurs d'œuvres d'artisanat africain pour garder un lien avec ses racines.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
Miriam Makeba 2011

Miriam makeba 01

Miriam Makeba (1968)
Miriam Makeba (1969)
Miriam Makeba, Bestanddeelnr 922-1835 (cropped)
BJO (programmaboekje)
Attributing Creative Commons Content - A guide
Style visuel
L'esthétique visuelle de Miriam Makeba allie les tissus traditionnels xhosa aux lumières de scène dorées des grands concerts internationaux, dans un contraste saisissant entre l'Afrique du Sud en noir et blanc de l'apartheid et la chaleur colorée de l'exil africain.
Prompt IA
1960s South African township aesthetic meets international jazz stage, warm earthy tones of African savanna, deep indigo and gold of traditional Xhosa clothing, bold geometric patterns of African textiles, black and white documentary photography of apartheid-era Johannesburg, vintage spotlight on a powerful woman singer on stage, rich red and ochre of African soil, elegant yet defiant posture, United Nations marble hall in cool grey and white, Conakry tropical lush greens, candid press photography in high contrast black and white, 1960s jazz album cover design with warm amber tones
Ambiance sonore
L'univers sonore de Miriam Makeba mêle le jazz des townships sud-africains, les rythmes mbaqanga et les chants traditionnels xhosa, portés par une voix puissante qui résonnait aussi bien dans les clubs de Johannesburg que dans les salles onusiennes de New York.
Prompt IA
South African township jazz from the 1950s and 1960s, marabi piano rhythms, mbaqanga bass lines, women's choral harmonies in Xhosa language with click consonants, distant sounds of Johannesburg streets, African percussion with hand drums and shakers, vibrant nightclub atmosphere with glasses clinking, crowd murmurs and applause in a small smoky jazz club, outdoor African evening sounds with crickets and distant drumming, United Nations assembly hall acoustic with microphone feedback, vinyl record crackling, gospel-influenced vocal improvisations
Source du portrait
Wikimedia Commons



