Miriam Makeba(1932 — 2008)
Miriam Makeba
Algérie, Afrique du Sud
8 min de lecture
chanteuse de jazz et militante politique sud-africaine
Questions fréquentes
Faits marquants
- Miriam Makeba naît en 1932 à Johannesburg, en Afrique du Sud, sous le régime de ségrégation raciale qui précède l'apartheid officiel (1948).
- Elle acquiert une renommée internationale dans les années 1960 grâce à des chansons comme 'Pata Pata' (1967) et devient la première artiste africaine à remporter un Grammy Award (1966, avec Harry Belafonte).
- En 1960, le gouvernement sud-africain lui retire son passeport après qu'elle témoigne devant l'ONU contre l'apartheid, la condamnant à 30 ans d'exil.
- Son mariage avec le militant des Black Panthers Stokely Carmichael (1968) lui vaut un boycott aux États-Unis et la pousse à s'installer en Guinée.
- Elle rentre en Afrique du Sud en 1990 après la libération de Nelson Mandela, symbole de la fin de l'apartheid, et meurt en 2008 lors d'un concert en Italie.
Œuvres & réalisations
Premier album enregistré aux États-Unis, produit par Harry Belafonte. Il révèle au monde occidental la musique africaine traditionnelle et fait de Makeba une artiste internationale reconnue.
Chanson populaire du township de Johannesburg, devenue un tube mondial. Son succès inattendu redonne à Makeba une visibilité internationale et popularise la musique africaine dans le monde entier.
Album live enregistré avec Harry Belafonte, récompensé par un Grammy Award. Il consacre Miriam Makeba comme l'une des grandes voix du mouvement pour les droits civiques à l'échelle mondiale.
Témoignage historique prononcé devant le Comité spécial contre l'apartheid des Nations Unies, qui vaut à Makeba la révocation de son passeport sud-africain et l'établit comme figure politique majeure.
Album qui synthétise les musiques traditionnelles africaines, le jazz et les chants engagés, constituant une œuvre musicale et militante fondatrice de son répertoire.
Album enregistré en exil, entièrement dédié aux chants traditionnels xhosa et aux musiques de guérisseurs. Témoignage rare et précieux de la tradition orale africaine, il est considéré comme son œuvre la plus personnelle.
Tournée mondiale accompagnant l'album 'Graceland' de Paul Simon, qui remet Miriam Makeba sous les feux de la rampe internationale et introduit les musiques africaines à toute une nouvelle génération d'auditeurs.
Anecdotes
En 1960, Miriam Makeba témoigne devant le Comité spécial de l'ONU contre l'apartheid, devenant la première artiste noire à prendre la parole sur cette scène internationale. Le gouvernement sud-africain lui retire aussitôt son passeport, la condamnant à un exil qui durera 31 ans.
Sa chanson 'Pata Pata', enregistrée en 1967 aux États-Unis, devient un succès mondial inattendu. Miriam Makeba ne comprenait pas au départ pourquoi les Américains l'adoraient autant : pour elle, c'était simplement une chanson dansante de son township natal de Johannesburg.
En 1968, après son mariage avec le militant des Black Panthers Stokely Carmichael, Miriam Makeba perd tous ses contrats aux États-Unis. Les maisons de disques l'abandonnent et les salles de concert annulent ses spectacles sous la pression politique. Elle s'installe alors en Guinée avec son mari.
En 1990, Nelson Mandela, libéré après 27 ans de prison, appelle personnellement Miriam Makeba pour lui demander de rentrer en Afrique du Sud. Son retour est triomphant : des milliers de personnes l'accueillent à l'aéroport de Johannesburg, les larmes aux yeux.
Le 9 novembre 2008, à l'âge de 76 ans, Miriam Makeba s'effondre sur scène à Castel Volturno en Italie, quelques minutes après avoir chanté 'Pata Pata'. Elle décède d'une crise cardiaque lors d'un concert en solidarité avec l'écrivain Roberto Saviano, menacé par la Camorra. Elle chantait jusqu'à son dernier souffle.
Sources primaires
Je suis une victime de l'apartheid, et je parle au nom de tous ceux qui souffrent sous ce régime. Mon peuple est privé de droits fondamentaux, de dignité et de liberté. Je vous demande de soutenir notre combat pour la justice.
Quand on m'a dit que mon passeport avait été révoqué et que je ne pourrais pas rentrer chez moi, j'ai compris que le gouvernement essayait de me réduire au silence. Mais ma voix n'appartient pas à l'apartheid.
Pendant trente et un ans, j'ai chanté pour mon pays depuis l'extérieur. Aujourd'hui je rentre, et ma musique rentre avec moi. L'Afrique du Sud n'est plus celle que j'ai quittée.
La musique est l'arme des pauvres. Quand on n'a plus rien, on chante. Et parfois, ce chant change le monde.
Lieux clés
Quartier vibrant et cosmopolite de Johannesburg où Miriam Makeba grandit et fit ses premières armes musicales dans les clubs de jazz. Détruit par le régime d'apartheid en 1955, Sophiatown reste un symbole de la résistance culturelle noire.
C'est devant l'assemblée générale de l'ONU que Miriam Makeba prononça ses discours contre l'apartheid en 1964, devenant la première artiste noire à porter cette cause sur la scène diplomatique mondiale.
Ville où Miriam Makeba vécut en exil de 1968 à 1986, sous la protection du président Sékou Touré. Elle y développa ses liens avec la musique africaine francophone et représenta la Guinée à l'ONU.
Ville natale et lieu de son triomphal retour en 1990 après 31 ans d'exil. Makeba y fut accueillie comme une héroïne nationale lors des premières élections libres de 1994.
Petite ville près de Naples où Miriam Makeba s'effondra sur scène le 9 novembre 2008 lors d'un concert de solidarité, et décéda quelques heures plus tard. Un lieu devenu symbole de son dévouement jusqu'au dernier instant.






