Plat unique familial — répertoire cap-malais
Bobotie au riz jaune (geelrys)
QuotidienÉvocation🌶️ 🍯 🧂moyen1 h 15
Un hachis de viande épicé au curry du Cap, adouci d'abricots secs et d'amandes, coiffé d'un flan doré à l'œuf et au lait, semé de feuilles de laurier. On le sert avec un riz jaune au curcuma parsemé de raisins secs. Le sucré et le salé s'y répondent comme deux voix.
Plat unique familial — répertoire cap-malais
Un hachis de viande épicé au curry du Cap, adouci d'abricots secs et d'amandes, coiffé d'un flan doré à l'œuf et au lait, semé de feuilles de laurier. On le sert avec un riz jaune au curcuma parsemé de raisins secs. Le sucré et le salé s'y répondent comme deux voix.
Ce plat-là, comprenez bien, n'est pas « afrikaner » ni « anglais » : il nous vient des cuisiniers malais que les Hollandais avaient déportés au Cap, et personne dans ce pays ne s'avise de le revendiquer sans mentir un peu sur l'histoire. À la maison, on le préparait le matin pour le soir — le hachis n'en est que meilleur d'avoir attendu. Le tour de main, c'est le pain trempé dans le lait qu'on incorpore à la viande : il garde le tout fondant, jamais sec. Et l'on n'oublie pas, sur le flan, les feuilles de laurier plantées comme de petites voiles ; ma cuisinière disait qu'elles tenaient les mauvais esprits à distance, mais je crois surtout qu'elles parfumaient la croûte.
Ingrédients
- •Viande hachée (agneau ou bœuf) — une grande jatte (base)
- •Pain rassis trempé dans le lait — deux tranches (liant et moelleux)
- •Poudre de curry du Cap et curcuma — généreusement (épice signature)
- •Abricots secs et raisins secs — une poignée (note sucrée)
- •Amandes effilées — une poignée (croquant)
- •Œufs et lait — pour le flan (couverture dorée)
- •Feuilles de laurier — quelques-unes (parfum)
Comment on faisait : Le bobotie descend des cuisines cap-malaises du XVIIe siècle, nées de l'esclavage et de la déportation de populations d'Asie du Sud-Est par la Compagnie hollandaise des Indes. L'usage du sucré-salé (fruits secs dans la viande) et du curry trahit cet héritage indo-malais, absorbé par la cuisine domestique de tout le pays.
Sources : C. Louis Leipoldt, Leipoldt's Cape Cookery, 1976 · Renata Coetzee, The South African Culinary Tradition, 1977