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La table cosmopolite de Johannesburg
Chez les Gordimer, comme dans beaucoup de foyers blancs aisés du Transvaal au XXe siècle, la table superpose trois héritages : la cuisine de réconfort ashkénaze des grands-parents juifs d'Europe de l'Est, le répertoire épicé cap-malais devenu plat national sud-africain, et les traditions afrikaners de viande séchée et de braai. On ne sert pas en « entrée-plat-dessert » : on partage un grand plat unique mijoté avec son riz jaune, on grignote des en-cas entre les chapitres, et le thé rouge accompagne la conversation jusque tard. La nourriture y est un fait social — qui mange quoi, et avec qui, raconte tout d'un pays divisé.
Signature : Le mélange d'épices du Cap (curcuma, coriandre, gingembre)
L'épine dorsale aromatique de la cuisine sud-africaine domestique : héritage des cuisiniers cap-malais déportés par les Hollandais depuis l'Asie du Sud-Est. La graine de coriandre torréfiée et le curcuma jaune d'or signent aussi bien le bobotie sucré-salé que la viande séchée afrikaner.

Nadine Gordimer à table

1923 — 2014

5 recettes d’époque