La carte de Nadine Gordimer
Soupe de poule et boulettes de matzo (kneidlach)
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Plat du vendredi soir — héritage ashkénaze

Soupe de poule et boulettes de matzo (kneidlach)

FestifReconstitution🧂 🍄moyen3 h 30 (dont mijotage)
Plat du vendredi soir — héritage ashkénaze

Soupe de poule et boulettes de matzo (kneidlach)

Pourquoi ce plat ? Les parents de Gordimer étaient des immigrés juifs — son père venait de Lituanie, sa mère d'Angleterre. Cette soupe dorée aux boulettes flottantes, plat emblématique du dîner du vendredi soir et des fêtes juives, incarne l'héritage ashkénaze que la fiche Charactorium signale dans la cuisine familiale de Springs.

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Plat du vendredi soir — héritage ashkénaze

Un bouillon de poule clair et ambré, parfumé à l'aneth, dans lequel nagent des boulettes moelleuses faites de farine de pain azyme. Le réconfort liquide par excellence des familles juives d'Europe de l'Est transplantées sous le soleil du Transvaal.

Mon père a quitté la Lituanie à treize ans, sans presque un mot d'anglais, et c'est cette soupe-là qu'il retrouvait chaque vendredi sur notre table de Springs, comme un fil tendu jusqu'à un pays qu'il ne reverrait jamais. Le secret, voyez-vous, tient dans la patience : on laisse la poule rendre son or à feu très doux, des heures durant, sans jamais faire bouillir, sinon le bouillon se trouble. Les boulettes, on les pétrit légèrement, du bout des doigts — trop serrées, elles tombent comme des pierres ; trop lâches, elles se défont. Je vous le dis : dans un pays qui passait son temps à séparer les gens, ce bol partagé restait une manière obstinée de rassembler.
Nadine Gordimer
Ingrédients
  • Poule entièreune belle volaille (base du bouillon)
  • Carottes, oignon, céleriune poignée de chaque (aromates)
  • Aneth fraisun bouquet (parfum)
  • Farine de pain azyme (matzo)deux bols (boulettes)
  • Œufsquelques-uns (liant des boulettes)
  • Graisse de volaille (schmaltz)une cuillerée (moelleux des boulettes)
Comment on faisait : Dans les foyers ashkénazes, le pain azyme (matzo), souvenir de la sortie d'Égypte, était broyé en farine pour épaissir et lier toute l'année. La graisse de volaille (schmaltz), précieusement conservée dans un pot, remplaçait le beurre, interdit avec la viande par les lois alimentaires juives.
Sources : Claudia Roden, The Book of Jewish Food, 1996 · Nadine Gordimer, entretiens biographiques sur son enfance à Springs (famille d'origine lituanienne et anglaise)

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