retournerSoupe de poule et boulettes de matzo (kneidlach)
Soupe de poule et boulettes de matzo (kneidlach)
Pourquoi ce plat ? Les parents de Gordimer étaient des immigrés juifs — son père venait de Lituanie, sa mère d'Angleterre. Cette soupe dorée aux boulettes flottantes, plat emblématique du dîner du vendredi soir et des fêtes juives, incarne l'héritage ashkénaze que la fiche Charactorium signale dans la cuisine familiale de Springs.
Un bouillon de poule clair et ambré, parfumé à l'aneth, dans lequel nagent des boulettes moelleuses faites de farine de pain azyme. Le réconfort liquide par excellence des familles juives d'Europe de l'Est transplantées sous le soleil du Transvaal.
Mon père a quitté la Lituanie à treize ans, sans presque un mot d'anglais, et c'est cette soupe-là qu'il retrouvait chaque vendredi sur notre table de Springs, comme un fil tendu jusqu'à un pays qu'il ne reverrait jamais. Le secret, voyez-vous, tient dans la patience : on laisse la poule rendre son or à feu très doux, des heures durant, sans jamais faire bouillir, sinon le bouillon se trouble. Les boulettes, on les pétrit légèrement, du bout des doigts — trop serrées, elles tombent comme des pierres ; trop lâches, elles se défont. Je vous le dis : dans un pays qui passait son temps à séparer les gens, ce bol partagé restait une manière obstinée de rassembler.
- •Poule entière — une belle volaille (base du bouillon)
- •Carottes, oignon, céleri — une poignée de chaque (aromates)
- •Aneth frais — un bouquet (parfum)
- •Farine de pain azyme (matzo) — deux bols (boulettes)
- •Œufs — quelques-uns (liant des boulettes)
- •Graisse de volaille (schmaltz) — une cuillerée (moelleux des boulettes)
Soupe de poule et boulettes de matzo (kneidlach)
Un bouillon de poule clair et ambré, parfumé à l'aneth, dans lequel nagent des boulettes moelleuses faites de farine de pain azyme. Le réconfort liquide par excellence des familles juives d'Europe de l'Est transplantées sous le soleil du Transvaal.
Pourquoi ce plat ? Les parents de Gordimer étaient des immigrés juifs — son père venait de Lituanie, sa mère d'Angleterre. Cette soupe dorée aux boulettes flottantes, plat emblématique du dîner du vendredi soir et des fêtes juives, incarne l'héritage ashkénaze que la fiche Charactorium signale dans la cuisine familiale de Springs.
Mon père a quitté la Lituanie à treize ans, sans presque un mot d'anglais, et c'est cette soupe-là qu'il retrouvait chaque vendredi sur notre table de Springs, comme un fil tendu jusqu'à un pays qu'il ne reverrait jamais. Le secret, voyez-vous, tient dans la patience : on laisse la poule rendre son or à feu très doux, des heures durant, sans jamais faire bouillir, sinon le bouillon se trouble. Les boulettes, on les pétrit légèrement, du bout des doigts — trop serrées, elles tombent comme des pierres ; trop lâches, elles se défont. Je vous le dis : dans un pays qui passait son temps à séparer les gens, ce bol partagé restait une manière obstinée de rassembler.
Ingrédients (version d’époque)
- Poule entière — une belle volaille (base du bouillon)
- Carottes, oignon, céleri — une poignée de chaque (aromates)
- Aneth frais — un bouquet (parfum)
- Farine de pain azyme (matzo) — deux bols (boulettes)
- Œufs — quelques-uns (liant des boulettes)
- Graisse de volaille (schmaltz) — une cuillerée (moelleux des boulettes)
Ingrédients
- Poule à bouillir (ou cuisses de poulet) — 1,5 kg (base du bouillon)
- Carottes — 3 (aromate et garniture)
- Oignon — 1 gros (aromate)
- Branches de céleri — 2 (aromate)
- Aneth frais — 1 bouquet (parfum final)
- Farine de matzo (matzo meal) — 150 g (boulettes)
- Œufs — 3 (liant)
- Graisse de poulet ou huile neutre — 3 c. à soupe (moelleux)
- Sel, poivre — selon goût (assaisonnement)
Préparation
- Couvrir la poule d'eau froide, porter doucement à frémissement et écumer soigneusement la mousse grise.
- Ajouter carottes, oignon et céleri, saler légèrement, et laisser frémir à couvert 2 à 3 heures sans jamais bouillir.
- Pour les boulettes : battre les œufs avec la graisse, incorporer la farine de matzo, saler, et laisser reposer 30 min au frais (la pâte doit épaissir).
- Façonner des boulettes de la taille d'une noix, les mains humides, sans trop les serrer.
- Filtrer le bouillon, le remettre à frémir, y pocher les boulettes 25 à 30 min à couvert : elles gonflent et deviennent moelleuses.
- Servir bien chaud, parsemé d'aneth ciselé et de quelques rondelles de carotte cuite.
Comment on faisait : Dans les foyers ashkénazes, le pain azyme (matzo), souvenir de la sortie d'Égypte, était broyé en farine pour épaissir et lier toute l'année. La graisse de volaille (schmaltz), précieusement conservée dans un pot, remplaçait le beurre, interdit avec la viande par les lois alimentaires juives.
Le twist contemporain : Servez la soupe en verrines à l'apéritif, une mini-boulette par verre, avec une pluie d'aneth — un clin d'œil chic au « penicillin juif » des grand-mères.
Sources : Claudia Roden, The Book of Jewish Food, 1996 · Nadine Gordimer, entretiens biographiques sur son enfance à Springs (famille d'origine lituanienne et anglaise)
Nadine Gordimer · Charactorium





