Hareng de la Baltique sur pain de seigle au levain
Un filet de hareng dessalé, déposé sur une tranche épaisse de pain de seigle au levain, relevé d'oignon cru et d'un filet d'huile de lin. Simple, nourrissant, et conforme aux interdits du calendrier.
Un filet de hareng dessalé, déposé sur une tranche épaisse de pain de seigle au levain, relevé d'oignon cru et d'un filet d'huile de lin. Simple, nourrissant, et conforme aux interdits du calendrier.
Approchez, et ne dédaignez point ce mets d'humble apparence. Aux jours de jeûne, qui sont fort nombreux en notre chapitre de Frombork, je romps ainsi mon pain de seigle, noir et aigre comme il sied, et j'y couche un hareng tiré de notre lagune, longuement dessalé en l'eau claire. Un peu d'oignon, quelques gouttes d'huile de lin, et voilà de quoi soutenir un homme qui passe ses nuits à observer le cours des astres. Croyez-moi : l'esprit travaille mieux quand le corps se contente de peu.
- •Hareng salé de la Baltique — 1 par convive (protéine de jeûne)
- •Pain de seigle au levain — tranches épaisses (socle)
- •Oignon — un peu (fraîcheur piquante)
- •Huile de lin — un filet (liant gras)
Hareng de la Baltique sur pain de seigle au levain
Un filet de hareng dessalé, déposé sur une tranche épaisse de pain de seigle au levain, relevé d'oignon cru et d'un filet d'huile de lin. Simple, nourrissant, et conforme aux interdits du calendrier.
Pourquoi ce plat ? À Frombork, sur les bords de la lagune de la Vistule, Copernic mangeait le poisson de la Baltique presque chaque jour de jeûne — et ils étaient nombreux. Le hareng salé posé sur du pain de seigle aigre était l'ordinaire d'un chanoine de condition modeste.
Approchez, et ne dédaignez point ce mets d'humble apparence. Aux jours de jeûne, qui sont fort nombreux en notre chapitre de Frombork, je romps ainsi mon pain de seigle, noir et aigre comme il sied, et j'y couche un hareng tiré de notre lagune, longuement dessalé en l'eau claire. Un peu d'oignon, quelques gouttes d'huile de lin, et voilà de quoi soutenir un homme qui passe ses nuits à observer le cours des astres. Croyez-moi : l'esprit travaille mieux quand le corps se contente de peu.
Ingrédients (version d’époque)
- Hareng salé de la Baltique — 1 par convive (protéine de jeûne)
- Pain de seigle au levain — tranches épaisses (socle)
- Oignon — un peu (fraîcheur piquante)
- Huile de lin — un filet (liant gras)
Ingrédients
- Filets de hareng salé (ou maatjes) — 4 filets (protéine)
- Pain de seigle complet au levain — 4 belles tranches (socle)
- Oignon rouge ou jaune — 1 petit, émincé fin (piquant)
- Huile de lin (ou de colza) — 2 c. à soupe (liant)
- Aneth frais — quelques brins (herbe nordique (option))
Préparation
- Si le hareng est très salé, le faire tremper 1 à 2 h dans l'eau froide (ou un peu de lait), puis l'égoutter et le sécher.
- Émincer l'oignon le plus finement possible.
- Tartiner ou napper les tranches de pain de seigle d'un filet d'huile de lin.
- Déposer le filet de hareng, parsemer d'oignon et d'aneth, servir frais.
Comment on faisait : Le hareng de la Baltique, salé en tonneaux, était le poisson de jeûne par excellence dans toute l'Europe du Nord hanséatique. On le dessalait à l'eau avant de le consommer sur du pain de seigle, céréale dominante de la Prusse et de la Pologne, fermenté au levain pour mieux se conserver.
Le twist contemporain : Servir façon « smørrebrød héliocentrique » : disposer les rondelles d'oignon en orbites autour du hareng, soleil argenté au centre de l'assiette.
Nicolas Copernic · Charactorium