Omar Khayyam(1048 — 1131)

Omar Khayyam

Empire seldjoukide

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SciencesLettresMusiqueAstronomeMoyen ÂgeMoyen Âge oriental — époque des grandes dynasties islamiques (seldjoukides), âge d'or de la science arabo-persane (XIe-XIIe siècle)

Poète, mathématicien et astronome persan du XIe siècle, Omar Khayyam est célèbre pour ses quatrains (Rubaiyat) et ses travaux en algèbre. Il réforma le calendrier perse et résolut des équations cubiques par des méthodes géométriques.

Questions fréquentes

Omar Khayyam (1048-1131) était un savant persan de l'époque seldjoukide, à la fois mathématicien, astronome et poète. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il excella dans trois domaines très différents : il réforma le calendrier persan avec une précision supérieure au grégorien, classifia et résolut géométriquement les équations cubiques, et composa les célèbres Rubaiyat, des quatrains philosophiques sur la vie et la mort. Moins un homme de cour qu'un esprit libre, il incarne l'âge d'or des sciences arabo-persanes.

Citations célèbres

« Un pain, une cruche de vin, un livre de vers — et toi près de moi chantant dans le désert. »
« Le secret éternel n'est su ni de toi ni de moi. »

Faits marquants

  • Né vers 1048 à Nichapour (actuel Iran), mort vers 1131
  • Rédige le Traité de démonstration des problèmes d'algèbre (vers 1070), classifiant les équations cubiques
  • Réforme le calendrier perse en 1079 sous le sultan Malik-Shah, créant le calendrier Jalali d'une précision remarquable
  • Compose les Rubaiyat, recueil de quatrains philosophiques et poétiques traduit dans le monde entier au XIXe siècle
  • Travaille sur la théorie des rapports et anticipe certains concepts du calcul infinitésimal

Œuvres & réalisations

Rubaiyat (Les Quatrains) (XIe-XIIe siècle)

Recueil de quatrains en persan méditant sur le temps, la mort, le plaisir et le destin. Traduits en anglais par FitzGerald en 1859, ils firent de Khayyam l'un des poètes les plus lus au monde.

Traité d'algèbre (Risala fi'l-jabr wa'l-muqabala) (vers 1070)

Premier ouvrage systématique sur les équations cubiques, résolues géométriquement par intersection de coniques. Il constitue une avancée majeure dans l'histoire des mathématiques.

Réforme du calendrier jalali (1079)

Calendrier solaire d'une précision remarquable, commandé par le sultan Malik-Shah. Toujours utilisé en Iran et en Afghanistan sous le nom de calendrier solaire hégirien.

Commentaire sur les postulats d'Euclide (vers 1077)

Analyse critique du cinquième postulat d'Euclide (des parallèles), anticipant de plusieurs siècles les réflexions qui mèneront aux géométries non euclidiennes.

Nowruz-nameh (Livre du Nouvel An) (vers 1100)

Traité sur l'origine et la signification de la fête du Nouvel An persan (Nowruz), mêlant astronomie, histoire et sagesse politique.

Traité de physique (Mizen al-Hikam) (non daté)

Réflexions sur la balance et la mesure des densités, inscrites dans la tradition des sciences naturelles héritées d'Aristote et développées par les savants islamiques.

Anecdotes

Omar Khayyam fut chargé par le sultan seldjoukide Jalal al-Din Malik-Shah Ier de réformer le calendrier persan. Il dirigea un groupe d'astronomes et conçut en 1079 le calendrier jalali, dont la précision était telle qu'il ne perdait qu'un jour tous les 3 770 ans — une exactitude supérieure au calendrier grégorien actuel.

Selon une anecdote célèbre rapportée par Nizami Arouzi, Khayyam aurait fait un pacte de jeunesse avec deux amis, Nizam al-Mulk et Hassan ibn Sabbah : celui qui réussirait aiderait les autres. Nizam devenu vizir offrit à Khayyam une rente pour ses études, et à Hassan un poste — ce dernier devint le fondateur de la secte des Assassins, l'un des ennemis les plus redoutés du monde médiéval.

Khayyam résolut des équations du troisième degré (cubiques) par des méthodes géométriques, en utilisant l'intersection de coniques. Il fut le premier à en donner une classification systématique, anticipant de plusieurs siècles les algébristes européens. Il reconnaissait lui-même ne pas savoir résoudre ces équations par voie purement algébrique.

Ses Rubaiyat (quatrains en persan) furent largement ignorés en Orient pendant des siècles, puis devinrent un phénomène littéraire mondial grâce à la traduction libre du poète anglais Edward FitzGerald en 1859. Cette traduction connut un succès fulgurant en Europe et en Amérique, faisant de Khayyam une figure de la poésie universelle.

Sources primaires

Risala fi'l-barahin 'ala masa'il al-jabr wa'l-muqabala (Traité sur les démonstrations des problèmes d'algèbre) (vers 1070)
« J'ai montré comment trouver les côtés du carré et du cube [...] en m'appuyant sur les propriétés des sections coniques, de manière à résoudre toutes les équations du troisième degré. »
Rubaiyat (Les Quatrains) (XIe-XIIe siècle)
« Un pain de froment, un flacon de vin, un livre de vers, et toi près de moi dans ce désert — et tu pourrais bien être mon paradis. »
Nowruz-nameh (Livre du Nouvel An) (vers 1100)
« Le roi doit connaître les étoiles et les temps, car c'est sur eux que repose l'ordre des saisons et la prospérité du royaume. »
Sharh ma ashkala min musadarat kitab Uqlidis (Commentaire des postulats difficiles d'Euclide) (vers 1077)
« Le postulat des parallèles ne peut être démontré sans admettre quelque chose d'équivalent ; il faut donc l'accepter comme principe. »

Lieux clés

Nichapur (Nishapur), Khorasan

Ville natale de Khayyam, l'une des métropoles intellectuelles et commerciales les plus importantes du monde islamique médiéval. C'est là qu'il naquit, étudia et mourut.

Ispahan (Isfahan)

Capitale des Seldjoukides où Khayyam travailla à l'observatoire royal sous le patronage du sultan Malik-Shah, menant les calculs qui aboutirent à la réforme du calendrier jalali.

Samarcande

Grande ville d'Asie centrale et centre intellectuel majeur où Khayyam séjourna et perfectionna ses connaissances mathématiques et astronomiques.

Bagdad

Capitale du califat abbasside et centre mondial du savoir au Moyen Âge, où circulaient les œuvres qui ont nourri la formation intellectuelle de Khayyam.

Balkh (actuel Afghanistan)

Ville proche du Khorasan et importante dans la tradition intellectuelle persane, associée à la transmission des savoirs grecs et indiens vers le monde islamique.

Voir aussi