Urbain II
Urbain II
1035 — 1099
Pape de 1088 à 1099, Urbain II est l'instigateur de la première croisade, proclamée au concile de Clermont en 1095. Moine clunisien d'origine française, il renforça l'autorité pontificale et poursuivit la réforme grégorienne de l'Église.
Faits marquants
- Né vers 1042 à Châtillon-sur-Marne, il est le premier pape français issu de l'ordre clunisien
- Élu pape en 1088, il succède à Grégoire VII et poursuit la réforme de l'Église contre la simonie et le nicolaïsme
- En novembre 1095, au concile de Clermont, il appelle les chrétiens d'Occident à libérer Jérusalem — acte fondateur de la première croisade
- La foule répondit à son discours par le cri 'Dieu le veut !', devenu le cri de ralliement des croisés
- Mort le 29 juillet 1099, quinze jours après la prise de Jérusalem, sans en avoir appris la nouvelle ; béatifié en 1881
Œuvres & réalisations
Discours fondateur qui mobilisa des dizaines de milliers de guerriers et de pèlerins vers Jérusalem. C'est l'acte politique et religieux le plus retentissant du pontificat d'Urbain II, à l'origine du mouvement des croisades.
Ensemble de réformes disciplinaires visant à éradiquer la simonie et le nicolaïsme dans le clergé. Ce concile pose les bases de la politique réformatrice d'Urbain II dans la lignée de Grégoire VII.
Assemblée où Urbain II entendit les délégués byzantins et posa les conditions théologiques de l'aide militaire à l'Orient chrétien. Ce concile prépara directement l'appel de Clermont.
Corpus de plusieurs centaines de lettres officiant la politique pontificale : réforme du clergé, organisation de la croisade, relations avec les princes européens. Source essentielle pour comprendre le gouvernement de l'Église à la fin du XIe siècle.
Urbain II renforça le rôle des cardinaux comme conseillers et légats du pape, contribuant à centraliser le gouvernement de l'Église autour de Rome. Cette réforme institutionnelle eut des effets durables sur la monarchie pontificale.
Anecdotes
Au concile de Clermont, en novembre 1095, Urbain II prononça un discours si enflammé appelant à la délivrance de Jérusalem que la foule l'interrompit en criant spontanément 'Deus lo volt !' ('Dieu le veut !'). Ce cri devint instantanément le mot de ralliement de tous les croisés, repris sur tous les champs de bataille jusqu'à Jérusalem.
Urbain II mourut le 29 juillet 1099, soit seulement quatorze jours après la prise de Jérusalem par les croisés (15 juillet 1099). Il ne sut jamais que son appel avait abouti : les messagers portant la nouvelle n'avaient pas encore atteint Rome lorsqu'il rendit le dernier soupir.
Né Eudes de Châtillon, issu d'une famille noble de Champagne, il entra au monastère de Cluny et devint l'un des proches collaborateurs de l'abbé Hugues de Cluny. Cette formation clunisienne marqua profondément son pontificat : il fit de la réforme morale et disciplinaire de l'Église la grande cause de son règne.
Pendant une grande partie de son pontificat, Urbain II fut chassé de Rome par l'antipape Clément III, soutenu par l'empereur Henri IV. Il dut errer d'une ville italienne à l'autre, gouvernant l'Église depuis l'exil, ce qui lui valut la réputation d'un pape itinérant et combatif, jamais résigné à capituler devant le pouvoir impérial.
Urbain II fut le premier pape à parcourir la France en personne pour prêcher la croisade. Ce voyage de 1095-1096, qui le mena de Clermont jusqu'aux Pyrénées, fut une tournée pastorale et politique sans précédent, au cours de laquelle il consacra des églises, réunit des synodes et mobilisa les seigneurs féodaux pour l'expédition en Terre sainte.
Sources primaires
Le pape dit : 'Que ceux qui autrefois s'adonnaient à des guerres privées et sacrilèges contre les fidèles partent maintenant contre les infidèles et mènent à bonne fin une guerre qui aurait dû commencer depuis longtemps. Que ceux qui jadis étaient brigands deviennent des soldats du Christ.'
Urbain II déclara : 'Que la Terre sainte, que le Seigneur notre Dieu a illustrée par sa naissance, ornée de sa vie, consacrée par sa Passion, rachetée par sa mort, glorifiée par sa sépulture, soit purifiée. Entrez sur le chemin du Saint-Sépulcre, arrachez cette terre aux races impies.'
Urbain II écrit : 'Nous exhortons et supplions, non pas nous mais le Seigneur, que les pauvres du Christ se hâtent vers les Lieux saints et libèrent Jérusalem de la tyrannie des nations sarrasines.'
Canon I : 'Quiconque partira pour Jérusalem par dévotion et non pour gagner honneur ou argent, mais pour la libération de l'Église de Dieu, que ce voyage lui soit compté comme pénitence complète.'
L'auteur rapporte qu'Urbain II, en convoquant le concile de Clermont, avait déjà reçu des ambassadeurs de l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène, qui lui demandait un secours armé contre les Turcs Seldjoukides menaçant Constantinople.
Lieux clés
C'est ici qu'Urbain II prononça, en novembre 1095, son célèbre discours au concile convoquant la première croisade. La place cathédrale fut le théâtre de l'un des discours les plus influents de l'histoire médiévale.
Haut lieu de la réforme monastique en Bourgogne, où Urbain II entra comme moine et fut formé à la spiritualité réformatrice. Il y devint prieur avant d'être appelé à Rome par Grégoire VII.
Résidence officielle des papes au Moyen Âge et siège du gouvernement de l'Église. Urbain II y résida lorsqu'il put enfin reprendre possession de Rome, en luttant contre l'antipape impérial.
Village de Champagne où naquit vers 1042 Eudes de Châtillon, futur Urbain II. Une statue du pape y domine encore la vallée de la Marne, rappelant l'origine champenoise de l'instigateur des croisades.
Objectif spirituel et militaire de la croisade lancée par Urbain II. La ville fut prise en 1099, quelques jours avant sa mort, accomplissant le vœu qu'il avait formulé à Clermont.
