Pan

Pan

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MythologieMusiqueSpiritualitéAvant J.-C.Antiquité grecque — divinité vénérée depuis l'époque archaïque (attestée dès le VIe siècle av. J.-C.), honorée surtout en Arcadie

Divinité grecque de la nature sauvage, des bergers et des troupeaux, Pan est représenté mi-homme mi-bouc. Inventeur de la flûte de roseau (syrinx), il incarne les forces incontrôlables de la nature et est à l'origine du mot « panique ».

Questions fréquentes

Pan est une divinité grecque de la nature sauvage, protecteur des bergers et des troupeaux, principalement vénéré en Arcadie. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne les forces brutes et imprévisibles de la nature : mi-homme mi-bouc, il vit dans les grottes et les forêts. Son rôle dépasse la simple protection pastorale : il est aussi le dieu de la panique, cette terreur soudaine et irraisonnée qu'il inflige aux humains et aux animaux. Contrairement à Apollon, dieu de l'harmonie et de la raison, Pan représente l'instinct et le chaos.

Citations célèbres

« « Tout est plein de Pan » (parole attribuée par la tradition philosophique antique, notamment chez Héraclite)»

Faits marquants

  • Fils d'Hermès selon la tradition la plus répandue, né en Arcadie (Grèce centrale) — époque archaïque, vers le VIe siècle av. J.-C.
  • Inventeur de la syrinx (flûte de roseau) après la métamorphose de la nymphe Syrinx qu'il poursuivait
  • Son cri terrible serait à l'origine du mot « panique » (grec : panikon deima, « terreur de Pan »)
  • Selon Hérodote (Ve siècle av. J.-C.), Pan aurait aidé les Athéniens à Marathon (490 av. J.-C.) en semant la panique chez les Perses
  • Transmis par la tradition orale grecque puis fixé par les textes : Hymnes homériques (Hymne à Pan), Théocrite, Ovide (Métamorphoses)

Œuvres & réalisations

Invention de la syrinx (flûte de roseau) (Temps mythiques)

Pan est crédité de l'invention de la flûte à plusieurs tuyaux de roseaux liés ensemble, née du mythe de Syrinx. Cet instrument devient le symbole de toute la musique pastorale et bucolique dans l'Antiquité.

Protection des troupeaux arcadiens (Époque archaïque, VIIe-VIe siècle av. J.-C.)

Principale fonction cultuelle de Pan : garder les bergers et leurs troupeaux des prédateurs et des maladies. Les bergers d'Arcadie lui offraient des libations et des cornes d'animaux pour s'assurer sa faveur.

Aide aux Athéniens lors de la bataille de Marathon (490 av. J.-C.)

Selon Hérodote et la tradition athénienne, Pan sema la panique dans l'armée perse et aida à la victoire grecque. Cet épisode lui valut un culte officiel à Athènes et ancra son rôle de protecteur des cités grecques.

Transmission de la musique bucolique (VIe siècle av. J.-C. — IIIe siècle av. J.-C.)

Par son association aux bergers et à la flûte, Pan est le patron de tout un genre musical et poétique : la poésie bucolique. Théocrite, Virgile et bien d'autres lui attribuent l'origine de la musique simple et naturelle des campagnes.

Contestation musicale avec Apollon (Temps mythiques)

Le duel entre la syrinx de Pan et la lyre d'Apollon symbolise dans la mythologie l'opposition entre nature sauvage et culture civilisée, entre instinct et raison, thème fondamental de la pensée grecque.

Anecdotes

Lors de la bataille de Marathon en 490 av. J.-C., le coureur Pheidippide rapporte avoir rencontré Pan sur le mont Parthénion alors qu'il se rendait à Sparte demander du secours. Pan lui aurait reproché que les Athéniens ne lui rendaient pas assez de culte. Après la victoire, les Athéniens lui dédièrent une grotte sur l'Acropole et instituèrent des courses aux flambeaux en son honneur.

Pan s'éprit de la nymphe Syrinx, qui refusa ses avances et supplia ses sœurs naïades de la transformer. Celles-ci l'exaucèrent en la changeant en roseaux au bord d'une rivière. Pan, inconsolable, tailla ces roseaux de longueurs inégales et les assembla pour créer la flûte qu'on appelle depuis lors la syrinx, ou flûte de Pan, portant ainsi à jamais le souvenir de la nymphe aimée.

On raconte que Pan affronta Apollon dans un concours musical : lui jouait de la syrinx, Apollon de la lyre. Le roi Midas, désigné comme juge, eut l'audace de déclarer Pan vainqueur. Apollon, furieux, lui fit pousser des oreilles d'âne en punition de son mauvais goût. Cette histoire illustre la rivalité entre la musique sauvage et naturelle de Pan et l'art policé et civilisé d'Apollon.

Pan est à l'origine du mot « panique ». Il pouvait, dit-on, pousser des cris terrifiants qui semaient une terreur irraisonnée parmi les hommes et les animaux, notamment les troupeaux. Les Grecs attribuaient à Pan les frayeurs inexpliquées qui s'emparaient des soldats ou des voyageurs en pleine nature, particulièrement dans les forêts ou les montagnes d'Arcadie.

Dans certains récits, Pan serait le fils d'Hermès et d'une nymphe. Quand il naquit, couvert de poils et mi-humain mi-bouc, sa mère aurait pris peur et l'aurait abandonné. Hermès, au contraire, aurait été si fier de son fils insolite qu'il l'aurait emmené sur l'Olympe pour le présenter aux dieux, qui se seraient tous réjouis de sa naissance et lui auraient donné le nom de Pan, signifiant « tout », car il avait mis de la joie dans tous les cœurs.

Sources primaires

Hymne homérique à Pan (Hymne XIX) (VIe-Ve siècle av. J.-C.)
Dis-moi, Muse, le cher fils d'Hermès, aux pieds de chèvre, à deux cornes, qui aime le bruit, qui parcourt les bois ombragés avec les nymphes dansantes… Il est appelé Pan par les dieux, parce qu'il a charmé le cœur de tous.
Hérodote, Histoires, Livre VI (récit de Pheidippide) (Ve siècle av. J.-C. (vers 440 av. J.-C.))
Pheidippide affirmait que Pan lui était apparu sur le mont Parthénion et lui avait demandé pourquoi les Athéniens ne lui rendaient aucun culte, lui qui leur était favorable et l'avait été par le passé.
Ovide, Métamorphoses, Livre I (Syrinx) (Vers 8 apr. J.-C.)
Syrinx fuyait Pan à travers les forêts… Au bord du fleuve Ladon aux ondes sablonneuses, elle implora ses sœurs les eaux de la transformer. Pan, croyant saisir Syrinx, ne tint dans ses bras que des roseaux des marais.
Théocrite, Idylles (I et VII) (IIIe siècle av. J.-C.)
Ne réveillons pas Pan qui, après la fatigue de la chasse, s'est endormi ; car il est irascible quand on trouble son repos de midi.
Pausanias, Description de la Grèce, Livre VIII (Arcadie) (IIe siècle apr. J.-C.)
En Arcadie, on vénère Pan plus que partout ailleurs. Il y a sur le mont Lycée des sanctuaires qui lui sont consacrés, et les Arcadiens le considèrent comme le plus grand de leurs dieux.

Lieux clés

Arcadie (Grèce)

Région montagneuse du Péloponnèse considérée comme le berceau et le territoire sacré de Pan. C'est là qu'il est né, selon la tradition, et que son culte est le plus ancien et le plus profond.

Mont Lycée (Arcadie)

Montagne sacrée d'Arcadie où Pausanias mentionne des sanctuaires importants dédiés à Pan. Ce sommet isolé était considéré comme l'un des lieux où la présence du dieu était la plus forte.

Grotte de Pan sur l'Acropole d'Athènes

Après la bataille de Marathon (490 av. J.-C.), les Athéniens dédièrent une grotte naturelle au flanc nord de l'Acropole à Pan en remerciement de son aide. Ce lieu devint un sanctuaire fréquenté par les bergers et les soldats.

Mont Parthénion (entre Argos et Tégée)

C'est sur ce col montagneux qu'Hérodote situe l'apparition de Pan à Pheidippide lors de sa course vers Sparte. Le site devint un lieu de passage symbolique associé au dieu.

Rivière Ladon (Arcadie)

Rivière arcadienne aux bords de laquelle se déroule le mythe de Syrinx, selon Ovide. C'est là que la nymphe fut transformée en roseaux, donnant naissance à la flûte de Pan.

Voir aussi