Portrait de Paul Verlaine

Paul Verlaine

Paul Verlaine

1844 — 1896

France

LettresPoète(sse)XIXe siècleXIXe siècle (1844-1896), période contemporaine

Poète français majeur du XIXe siècle (1844-1896), Paul Verlaine est l'une des figures centrales du symbolisme. Auteur des Poèmes saturniens et de recueils innovants, il a révolutionné la poésie française par sa musicalité et son exploration des états émotionnels intimes.

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Citations célèbres

« De la musique avant toute chose »
« Et tout le reste est littérature »
« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant »

Faits marquants

  • 1866 : Publication des Poèmes saturniens, son premier recueil majeur
  • 1869 : Publication de La Bonne Chanson, recueil de poèmes d'amour
  • 1872 : Relation littĂ©raire et personnelle intensifiĂ©e avec Arthur Rimbaud
  • 1873 : Incident violent Ă  Bruxelles marquant un tournant dans sa vie
  • 1884 : Publication de Jadis et Naguère, recueil de poĂ©sies diverses

Œuvres & réalisations

Poèmes saturniens (1866)

Premier recueil de Verlaine, encore marqué par l'esthétique parnassienne mais déjà traversé par une mélancolie personnelle profonde. Il contient la célèbre Chanson d'automne.

FĂŞtes galantes (1869)

Recueil poétique évoquant l'univers pictural du peintre Watteau, fêtes masquées et jardins discrets. Ce recueil révèle la capacité de Verlaine à créer des atmosphères musicales et oniriques.

La Bonne Chanson (1870)

Recueil composé pour sa fiancée Mathilde Mauté, témoignant d'un bonheur simple et intime. Il représente la courte période de sérénité conjugale de Verlaine avant les turbulences.

Romances sans paroles (1874)

Écrit en partie lors de ses errances avec Rimbaud en Angleterre et en Belgique, ce recueil pousse à l'extrême la musicalité verlainienne et la dissolution du sens dans la sensation pure.

Sagesse (1881)

Recueil né de sa conversion catholique en prison, considéré comme l'un de ses chefs-d'œuvre. Il exprime une quête spirituelle sincère et une poésie de l'intériorité et du repentir.

Les Poètes maudits (1884)

Essai critique consacré à six poètes méconnus dont Rimbaud, Mallarmé et Corbière. Verlaine forge ici le concept de 'poète maudit' et contribue à la reconnaissance posthume de ses contemporains.

Jadis et Naguère (1885)

Recueil contenant l'Art poétique, véritable manifeste esthétique dans lequel Verlaine définit sa conception de la poésie fondée sur la musique, la nuance et l'imprécision volontaire.

Anecdotes

En septembre 1871, Verlaine reçoit une lettre accompagnée de poèmes d'un inconnu de 17 ans nommé Arthur Rimbaud. Subjugué par son génie, il l'invite à Paris, lançant ainsi l'une des relations littéraires les plus tumultueuses et fécondes de l'histoire de la poésie française.

En juillet 1873, à Bruxelles, après une dispute violente, Verlaine tire deux coups de pistolet sur Rimbaud et le blesse au poignet. Condamné à deux ans de prison, il purge sa peine à Mons où, dans sa cellule, il se convertit au catholicisme et écrit une partie de Sagesse.

Verlaine était passionné d'absinthe, cette liqueur verte surnommée 'la fée verte', qu'il consommait en quantité dans les cafés parisiens. On raconte qu'il passait des journées entières au café François Ier ou au café Procope, griffonnant des vers sur des nappes en papier entre deux verres.

Élu 'Prince des poètes' par ses pairs en 1894, deux ans avant sa mort, Verlaine vécut ses dernières années dans une misère profonde, alternant entre hôpitaux parisiens et chambres d'hôtel minables. Sa gloire littéraire contrastait cruellement avec son dénuement matériel total.

Verlaine publia en 1884 Les Poètes maudits, un recueil de portraits critiques consacré à des poètes méconnus dont Rimbaud, Mallarmé et Corbière. Ce livre contribua considérablement à faire reconnaître ces auteurs et forgea le concept même de 'poète maudit'.

Sources primaires

Art poétique (1874 (publié en 1882 dans Jadis et Naguère))
De la musique avant toute chose, / Et pour cela préfère l'Impair / Plus vague et plus soluble dans l'air, / Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
Lettre de Verlaine Ă  Rimbaud (juillet 1872) (Juillet 1872)
Viens, chère grande âme, on t'appelle, on t'attend. Ici la vie est meilleure pour notre travail commun.
Chanson d'automne (Poèmes saturniens) (1866)
Les sanglots longs / Des violons / De l'automne / Blessent mon cœur / D'une langueur / Monotone.
Confession autobiographique (Mes Prisons) (1893)
J'avais tout perdu, femme, famille, amis, santé, et je me retrouvais seul dans cette cellule, face à Dieu et à ma poésie.
Préface des Poètes maudits (1884)
Ces poètes ne sont pas reconnus de leur vivant, mais leur œuvre est d'une telle puissance qu'elle finira par s'imposer à la postérité malgré tout.

Lieux clés

Metz (Moselle)

Ville natale de Paul Verlaine, née en 1844 dans cette cité lorraine. Son enfance et ses origines familiales militaires y sont intimement liées.

Paris — Quartier Latin et cafés de la rive gauche

Verlaine passa l'essentiel de sa vie créatrice à Paris, fréquentant assidûment les cafés du Quartier Latin où il rencontra les grands poètes de son temps et écrivit une grande partie de son œuvre.

Prison de Mons (Belgique)

C'est dans cette prison que Verlaine purgea une peine de deux ans après avoir blessé Rimbaud à Bruxelles. Il s'y convertit au catholicisme et rédigea les poèmes qui constitueront Sagesse.

Bruxelles — Rue des Brasseurs

L'hôtel Liégeois de la rue des Brasseurs fut le théâtre du drame de juillet 1873 : Verlaine y tira sur Rimbaud, mettant fin à leur relation tumultueuse et transformant définitivement son destin.

Londres — Soho et Camden Town

Verlaine séjourna à plusieurs reprises à Londres avec Rimbaud entre 1872 et 1873, y fréquentant la communauté des exilés de la Commune. Ces séjours nourrirent son œuvre de nouvelles sensations.

Objets typiques

Verre d'absinthe

Verlaine était un habitué des cafés parisiens où il consommait abondamment l'absinthe. Cette boisson anisée à haute teneur en alcool, surnommée 'la fée verte', était associée à la bohème artistique du XIXe siècle.

Carnet de brouillons manuscrits

Verlaine griffonnait ses vers sur des carnets ou des nappes de café, raturant et réécrivant sans cesse. Ses manuscrits témoignent d'une élaboration musicale et méticuleuse de chaque vers.

Pipe en terre cuite

Fumeur invétéré, Verlaine utilisait une longue pipe en terre, accessoire typique des poètes bohèmes de la seconde moitié du XIXe siècle, souvent représenté sur ses portraits photographiques.

Revue Le Parnasse contemporain

Cette revue littéraire publia les premiers poèmes de Verlaine en 1866, le faisant connaître dans les cercles parnassiens parisiens. Elle représentait le mouvement littéraire où Verlaine fit ses débuts.

Pistolet Ă  double coup

L'arme que Verlaine utilisa lors de la célèbre dispute bruxelloise avec Rimbaud en juillet 1873, événement qui entraîna son emprisonnement et transforma radicalement sa vie et son œuvre.

Bible et chapelet

Objets de sa conversion catholique vécue en prison à Mons, ils symbolisent le tournant spirituel qui donna naissance au recueil Sagesse, l'un de ses chefs-d'œuvre.

Programmes scolaires

Cycle 4 (5e-3e)Français — La musicalité et le rythme dans la poésie française
LycéeFrançais — La musicalité et le rythme dans la poésie française
LycéeFrançais — Le symbolisme en poésie
LycéeFrançais — L'évolution de la forme poétique au XIXe siècle
LycéeFrançais — L'expression des sentiments et des états d'âme
LycéeFrançais — Les relations entre poètes du XIXe siècle
LycéeFrançais — La modernité poétique et ses ruptures

Vocabulaire & tags

Vocabulaire clé

symbolismemusicalitévers régulierrimemélancoliesaturnienmétaphoredécadence

Tags

Paul Verlainemusicalitévers régulierrimemélancoliesaturnienmétaphoredécadenceXIXe siècle (1844-1896), période contemporaine

Vie quotidienne

Matin

Verlaine se levait tard, souvent après avoir passé la nuit au café. Dans ses périodes de relative stabilité, il prenait un café noir et lisait les journaux littéraires du matin. Il commençait parfois à travailler sur ses vers dès le réveil, dans le silence relatif d'une chambre d'hôtel ou d'un garni.

Après-midi

Ses après-midis étaient souvent consacrés à la déambulation dans Paris, de café en café, notamment sur la rive gauche. Il y retrouvait d'autres écrivains, débattait de poésie et de politique, et continuait à écrire sur des nappes ou des carnets. Ces rencontres nourrissaient directement son œuvre.

Soir

Les soirées de Verlaine se passaient invariablement dans les estaminets et brasseries du Quartier Latin. L'absinthe coulait librement, les conversations littéraires s'enflammaient. Dans ses dernières années, ces soirées se terminaient souvent dans la misère et l'ivresse.

Alimentation

Verlaine mangeait irrégulièrement et frugalement : pain, fromage, charcuterie de base, parfois une soupe chez un marchand de vin. Son budget allait davantage à l'alcool qu'à la nourriture, ce qui contribua à sa dégradation physique progressive.

VĂŞtements

Verlaine portait des vêtements sombres et souvent usés : redingote ou veston noir élimé, chapeau melon ou haut-de-forme cabossé, chemise à col parfois délavée. Sa tenue contrastait avec l'élégance parnassienne de ses débuts et reflétait sa déchéance sociale croissante.

Habitat

Verlaine vécut dans une succession de chambres de bonne, hôtels meublés sordides et garnis du Quartier Latin et du faubourg Saint-Jacques. Dans ses dernières années, il alternait entre ces logements misérables et les hôpitaux parisiens où ses maladies chroniques le forçaient à séjourner.

Frise contextuelle

1844Naissance de Paul Verlaine à Metz, fils d'un capitaine du génie militaire.
1851Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte : début du Second Empire.
1862Verlaine s'installe à Paris et fréquente les cercles parnassiens autour de Leconte de Lisle.
1866Publication des Poèmes saturniens, premier recueil de Verlaine, dans la veine du Parnasse.
1869Publication des Fêtes galantes, recueil évocateur de l'univers de Watteau.
1870Guerre franco-prussienne et chute du Second Empire : proclamation de la IIIe République.
1871La Commune de Paris. Verlaine y participe comme employé de la Fédération et rencontre Arthur Rimbaud.
1873Verlaine tire sur Rimbaud à Bruxelles et est condamné à deux ans de prison ; il écrit une partie de Sagesse en cellule.
1874Rédaction d'Art poétique en prison, texte fondateur du symbolisme musical en poésie.
1880Verlaine s'installe quelque temps en Angleterre puis en Belgique comme professeur, menant une vie instable.
1881Publication de Sagesse, recueil marqué par la conversion catholique de Verlaine.
1884Publication des Poètes maudits, qui révèle Rimbaud et Mallarmé au grand public.
1886Publication du Manifeste symboliste par Jean Moréas dans Le Figaro ; le mouvement s'affirme.
1894Verlaine est élu 'Prince des poètes' par ses pairs, reconnaissance tardive de son génie.
1896Mort de Paul Verlaine à Paris dans le dénuement, à l'âge de 51 ans.

Vocabulaire d'époque

La fée verte — Surnom poétique donné à l'absinthe, liqueur anisée très alcoolisée prisée par les artistes et écrivains bohèmes du XIXe siècle. Verlaine en était un consommateur notoire.
Décadent — Terme désignant les artistes et écrivains de la fin du XIXe siècle qui rejetaient la morale bourgeoise et exploraient les états extrêmes de la sensibilité. Verlaine fut associé à ce mouvement avant que le symbolisme ne s'impose.
Parnassien — Membre du mouvement littéraire français des années 1860-1870, prônant un art formel, rigoureux et impassible. Verlaine fit ses débuts dans ce courant avant de s'en éloigner vers plus de subjectivité musicale.
Garni — Chambre ou appartement meublé loué à la semaine ou au mois dans un hôtel modeste. Verlaine y vécut l'essentiel de sa vie, nomade et précaire dans les quartiers populaires de Paris.
Estaminet — Petit café populaire ou cabaret modeste où l'on pouvait boire, fumer et converser. Verlaine était un habitué de ces établissements qui constituaient son espace de sociabilité principale.
Le vers libre — Forme poétique affranchie des règles strictes de la versification classique (nombre de syllabes, rime obligatoire). Verlaine contribua à son développement en prônant la souplesse et la musicalité dans son Art poétique.
La Commune — Gouvernement insurrectionnel qui tenta de diriger Paris de mars à mai 1871, après la défaite face à la Prusse. Verlaine y joua un rôle administratif mineur, ce qui lui valut des suspicions ultérieures.
Symbolisme — Mouvement littéraire et artistique de la fin du XIXe siècle cherchant à exprimer des réalités intérieures et spirituelles par des symboles et des suggestions plutôt que par des descriptions directes. Verlaine en est considéré comme l'un des pères fondateurs.
Impair (vers) — Vers composé d'un nombre impair de syllabes (7, 9, 11...), préconisé par Verlaine dans son Art poétique pour sa sonorité plus flottante et musicale, moins carrée que l'alexandrin traditionnel.
Prince des poètes — Titre honorifique décerné par les cercles littéraires parisiens au poète jugé le plus éminent de son temps. Verlaine reçut ce titre en 1894, reconnaissance tardive alors qu'il vivait dans la misère.

Galerie

CarrierePortraitVerlain

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French:  Portrait d'un inconnu comme un troubadourPortrait of an anonymous as a Troubadourtitle QS:P1476,fr:"Portrait d'un inconnu comme un troubadour"label QS:Lfr,"Portrait d'un inconnu comme un tro

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Louis Gustave Cambier - Dichter Paul Verlaine

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(Albi) Verlaine - Henry de Groux - Pastel sur papier

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Paris 20130811 - Paul Verlaine by Auguste de Niederhausern

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Fampoux, l'ancienne brasserie Fampoux ; 10 rue Verlaine (2)

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Catalogue illustré des ouvrages de peinture, sculpture et gravure

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(Albi) portrait de Verlaine - Louis Anquetin - pierre noire sur papier - Musée Toulouse-Lautrec

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(Albi) portrait de Verlaine profil gauche - Louis Anquetin - pierre noire sur papier - Musée Toulouse-Lautrec

(Albi) portrait de Verlaine profil gauche - Louis Anquetin - pierre noire sur papier - Musée Toulouse-Lautrec

Style visuel

Esthétique impressionniste et post-impressionniste de la fin du XIXe siècle : intérieurs de cafés parisiens éclairés au gaz, atmosphères enfumées et palettes de mauves et de verts fanés.

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#C4A882
#4A5240
#9B8FA0
Prompt IA
Late 19th century French Impressionist and Post-Impressionist aesthetic. Soft, blurred edges and muted tones evoking Verlaine's musical poetry. Dimly lit Parisian café interiors with warm amber gaslight, smoke-filled air, zinc bar counters. Bohemian atmosphere: rumpled dark clothing, top hats, absinthe glasses with their characteristic green glow. Street scenes at dusk with wet cobblestones reflecting gaslit lamps. Palette inspired by Édouard Vuillard and Edgar Degas: dusty mauves, faded greens, sepia browns, and soft yellows. Portraits in the style of Fantin-Latour's literary group paintings.

Ambiance sonore

Ambiance sonore des cafés et ruelles de Paris à la Belle Époque : conversations feutrées, tintement de verres d'absinthe et pluie sur les pavés, avec en fond une mélodie de piano de salon.

Prompt IA
Ambient sounds of a Parisian café in the 1870s-1890s: murmur of conversations in French, clinking of glasses, the soft tinkle of absinthe spoons on crystal, café chairs scraping on tiled floors. In the background, distant piano music from a salon, perhaps a Fauré nocturne or a Chabrier waltz. Outside, the clatter of horse-drawn carriages on cobblestones, the cries of street vendors, the dull echo of iron wheels on wet pavement. Occasionally, the turning of newspaper pages, the scratch of a pen on paper, rain falling gently on the windows of a small Bohemian hotel room.

Source du portrait

Wikimedia Commons — domaine public — Otto Wegener — 1893