Paul Vidal de La Blache(1845 — 1918)

Paul Vidal de La Blache

France

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SciencesSociétéScientifiqueXIXe siècleTroisième République, âge d'or de l'université française et de l'institutionnalisation des sciences humaines à la fin du XIXe siècle

Paul Vidal de La Blache (1845-1918) est un géographe français considéré comme le fondateur de l'école française de géographie. Il développa le concept de « genre de vie » et la notion de possibilisme, fondant une géographie humaine attentive aux relations entre les sociétés et leur milieu.

Questions fréquentes

Paul Vidal de La Blache (1845-1918) est le géographe qui a transformé la géographie en une science universitaire autonome en France. Ce qui le distingue, c'est qu'il était d'abord normalien et historien, avant de se tourner vers la géographie. Il a fondé en 1891 les Annales de Géographie, la revue qui a servi de tribune à toute une école. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a imposé une méthode de terrain et d'observation directe, en rupture avec la géographie de cabinet. Son œuvre a structuré l'enseignement de la discipline pendant des décennies.

Faits marquants

  • Né le 22 janvier 1845 à Pézenas
  • Agrégé d'histoire et de géographie, ancien élève de l'École normale supérieure (1863)
  • Fonde les Annales de géographie en 1891
  • Publie le « Tableau de la géographie de la France » en 1903, introduction à l'Histoire de France de Lavisse
  • Mort le 25 avril 1918 ; son œuvre majeure « Principes de géographie humaine » paraît à titre posthume en 1922

Œuvres & réalisations

Fondation des Annales de Géographie (1891)

Création de la principale revue scientifique de géographie en France, encore publiée aujourd'hui. Elle structura toute l'école française de géographie.

Atlas général d'histoire et de géographie (Atlas Vidal-Lablache) (1894)

Atlas scolaire de référence diffusé dans tout l'enseignement français. Il forma des générations d'élèves à la lecture des cartes.

Tableau de la géographie de la France (1903)

Description littéraire et scientifique des régions françaises, en ouverture de l'Histoire de France de Lavisse. Œuvre fondatrice de la géographie régionale.

Concept de « genre de vie » (vers 1900-1911)

Notion désignant l'ensemble organisé des techniques et coutumes par lesquelles une société s'adapte à son milieu. Pilier de la géographie humaine vidalienne.

Le possibilisme géographique (vers 1900-1913)

Doctrine selon laquelle le milieu offre des possibilités que l'homme choisit, par opposition au déterminisme. Elle renouvela la pensée géographique mondiale.

La France de l'Est (1917)

Étude géographique et historique de l'Alsace-Lorraine pendant la Première Guerre mondiale. Elle illustre l'engagement civique du géographe.

Principes de géographie humaine (1922)

Synthèse posthume de sa pensée, éditée par son disciple Emmanuel de Martonne. Elle fixa durablement les bases de la géographie humaine française.

Anecdotes

Avant de devenir géographe, Paul Vidal de La Blache fut d'abord normalien et historien : reçu à l'École normale supérieure en 1863, il séjourna à l'École française d'Athènes où il étudia l'archéologie et l'épigraphie. C'est seulement plus tard qu'il se tourna vers la géographie, discipline qu'il allait transformer en science à part entière.

En 1894, Vidal de La Blache publia un Atlas général d'histoire et de géographie qui devint un outil de référence dans les écoles françaises pendant des décennies. Des générations d'élèves apprirent la géographie sur ses cartes, et l'ouvrage fut surnommé « le Vidal-Lablache » par les enseignants.

Vidal de La Blache forgea l'idée de « possibilisme » pour s'opposer au déterminisme géographique alors à la mode : selon lui, le milieu naturel n'impose pas un destin aux sociétés mais leur offre des possibilités parmi lesquelles les hommes choisissent. Cette idée résumée par la formule « la nature propose, l'homme dispose » marqua durablement la géographie.

En 1891, il fonda la revue Annales de Géographie, qui existe encore aujourd'hui et reste l'une des plus importantes publications scientifiques françaises de la discipline. Elle servit de tribune à toute « l'école française de géographie » qu'il anima.

Son grand œuvre, le Tableau de la géographie de la France (1903), servait d'introduction à la monumentale Histoire de France dirigée par l'historien Ernest Lavisse. Vidal y décrivait les « pays » et régions de France avec une précision et une sensibilité au paysage qui en font encore un modèle de prose géographique.

Sources primaires

Tableau de la géographie de la France (1903)
Une contrée se définit moins par la nature de son sol que par les rapports que l'homme a su établir entre lui-même et le milieu où il vit.
Des caractères distinctifs de la géographie (Annales de Géographie) (1913)
La géographie est la science des lieux et non celle des hommes ; elle s'intéresse aux événements de l'histoire en tant qu'ils mettent en œuvre et en lumière les propriétés des contrées.
Principes de géographie humaine (publié à titre posthume par Emmanuel de Martonne) (1922)
Le genre de vie est un ensemble organisé de coutumes par lequel l'homme affirme son emprise sur la nature et s'adapte aux conditions du milieu.
La France de l'Est (1917)
L'Alsace et la Lorraine forment un ensemble où la nature et l'histoire ont noué des liens que la frontière imposée ne saurait défaire.

Lieux clés

Pézenas

Ville de l'Hérault où Paul Vidal de La Blache naquit en 1845. Cette petite cité languedocienne marqua ses origines méridionales.

École normale supérieure (Paris)

Établissement où il fut admis en 1863 puis revint enseigner à partir de 1877. Il y forma une génération de géographes français.

Université de Nancy

Lieu de ses premiers postes universitaires dans les années 1870. La proximité de la frontière de l'Est influença son intérêt pour l'Alsace-Lorraine.

Sorbonne (Paris)

Université où il occupa la chaire de géographie à partir de 1898. Il y consacra l'autonomie de la géographie comme discipline universitaire.

École française d'Athènes

Institution où le jeune Vidal de La Blache séjourna pour étudier l'archéologie et l'épigraphie. Ce passage façonna son goût de l'observation directe.

Tamaris-sur-Mer (La Seyne-sur-Mer)

Localité du Var où Paul Vidal de La Blache mourut en 1918. Il s'y était retiré dans ses dernières années.

Voir aussi