Saint Philippe (apôtre)
Philippe de Bethsaïde
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L'un des douze apôtres de Jésus, originaire de Bethsaïde en Galilée. Il fut parmi les premiers appelés et joua un rôle de médiateur entre Jésus et des Grecs venus le rencontrer. La tradition le dit martyr à Hiérapolis en Phrygie.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. (Jean 14,8) »
« Nous avons trouvé celui dont Moïse a écrit dans la Loi, et qu'ont annoncé les prophètes : c'est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth. (Jean 1,45) »
Faits marquants
- Originaire de Bethsaïde (Galilée), même ville que Pierre et André — mentionné en Jean 1,44
- Appelé directement par Jésus parmi les premiers apôtres (Jean 1,43)
- Présent lors de la multiplication des pains ; interrogé par Jésus sur la manière de nourrir la foule (Jean 6,5-7)
- Sert d'intermédiaire entre des pèlerins grecs et Jésus lors de l'entrée à Jérusalem (Jean 12,21-22)
- Selon la tradition, évangélise la Phrygie (Asie Mineure) et meurt martyr à Hiérapolis, fêté le 3 mai
Œuvres & réalisations
Premier acte apostolique de Philippe rapporté dans les Évangiles : il convainc son ami Nathanaël de « venir et voir » Jésus, devenant ainsi lui-même un premier missionnaire actif, avant même que le groupe des Douze ne soit constitué.
Philippe sert d'intermédiaire entre des Grecs venus pour la Pâque et Jésus (Jean 12, 20-22), illustrant sa fonction symbolique de pont entre le monde hellénistique et la communauté judéo-chrétienne — rôle facilité par son prénom grec.
Selon les Actes apocryphes de Philippe et la tradition ecclésiastique, Philippe aurait évangélisé plusieurs décennies en Asie Mineure, fondant des communautés chrétiennes à Hiérapolis et dans ses environs avant son martyre.
Texte gnostique découvert en Égypte en 1945, attribué à Philippe de façon pseudépigraphique. Ce document révèle l'importance symbolique de l'apôtre dans certains courants chrétiens marginaux des premiers siècles, notamment autour des sacrements.
Long récit apocryphe décrivant les miracles, voyages et martyre de Philippe en Phrygie. Bien que non canonique, ce texte a fortement influencé la dévotion populaire et l'iconographie de l'apôtre au Moyen Âge occidental et oriental.
Anecdotes
Selon l'Évangile de Jean (1, 43-46), Philippe est l'un des premiers disciples appelés directement par Jésus qui lui dit simplement : « Suis-moi. » Immédiatement convaincu, Philippe court chercher son ami Nathanaël et lui annonce qu'ils ont trouvé le Messie prédit par Moïse. Quand Nathanaël ironise — « De Nazareth, peut-il venir quelque chose de bon ? » — Philippe répond par une formule devenue célèbre dans la tradition chrétienne : « Viens et vois. »
Lors de la multiplication des pains (Jean 6, 5-7), Jésus teste Philippe en lui demandant comment nourrir la foule immense. Philippe, pragmatique, calcule aussitôt : deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un peu. Cet épisode révèle un esprit ancré dans la réalité matérielle, caractéristique de cet apôtre souvent présenté comme direct et concret, contrastant avec la réponse miraculeuse qui suit.
À Jérusalem, des pèlerins grecs venus pour la fête de Pâque approchent Philippe et lui demandent : « Seigneur, nous voudrions voir Jésus. » Ce détail (Jean 12, 20-22) est remarquable : Philippe, qui porte un prénom grec, sert de pont entre le monde hellénistique et la communauté judéo-chrétienne. Il consulte d'abord André avant d'aller en informer Jésus ensemble — signe d'un tempérament prudent qui préfère agir à deux.
Lors du dernier repas de Jésus avec ses disciples, Philippe lui lance cette demande audacieuse : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. » Jésus lui répond avec étonnement : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ? Celui qui m'a vu a vu le Père. » (Jean 14, 8-9). Cette scène, philosophiquement profonde, a nourri des siècles de théologie chrétienne sur la nature divine et l'incarnation.
La tradition ancienne, rapportée par Eusèbe de Césarée au IVe siècle, situe la mort de Philippe à Hiérapolis en Phrygie (actuelle Turquie), où il aurait évangélisé de nombreuses années. Des fouilles archéologiques menées au XXe siècle par des chercheurs italiens ont mis au jour une vaste structure en forme de croix identifiée comme le martyrion de Philippe, construit au Ve siècle en son honneur sur le lieu supposé de son supplice.
Sources primaires
Le lendemain, Jésus voulut partir pour la Galilée. Il rencontre Philippe et lui dit : « Suis-moi. » Philippe était de Bethsaïde, la ville d'André et de Pierre. Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : « Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, et aussi les prophètes, nous l'avons trouvé : c'est Jésus fils de Joseph, de Nazareth. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit. » Jésus lui dit : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ? Qui m'a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : Montre-nous le Père ? »
Ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement : Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée, Simon le Zélote et Judas fils de Jacques.
Philippe, l'un des douze apôtres, s'endormit à Hiérapolis en Phrygie avec ses deux filles qui avaient vieilli dans la virginité ; une troisième fille, qui avait vécu dans le Saint-Esprit, fut enterrée à Éphèse.
Philippe reçut en partage la Scythie et la Phrygie pour prêcher l'Évangile. Il y accomplit de nombreux prodiges, convertit des foules, avant d'être mis à mort par les autorités de la ville d'Hiérapolis, crucifié la tête en bas selon certaines versions.
Lieux clés
Ville natale de Philippe, mentionnée explicitement dans l'Évangile de Jean. Cité de pêcheurs sur les rives du lac de Tibériade, elle était aussi le berceau des apôtres Pierre et André.
Lieu des événements fondateurs : la Cène, la crucifixion, la Pentecôte. Philippe y fut présent lors de la formation de la première communauté chrétienne rassemblée au Cénacle après la résurrection.
Cité thermale d'Asie Mineure où Philippe aurait exercé son ministère des décennies durant avant d'y trouver la mort. Un vaste martyrion du Ve siècle y a été fouillé par des archéologues italiens de l'université du Salento.
Selon la tradition, les reliques de Philippe (et de Jacques le Mineur) y auraient été transférées au VIe siècle par le pape Pélage Ier. La basilique, reconstruite à la Renaissance, demeure un lieu de vénération des deux apôtres.
Plan d'eau autour duquel se déroulent de nombreux épisodes évangéliques, dont plusieurs impliquant Philippe. Cœur géographique du ministère galiléen de Jésus, il représente le milieu culturel et social où grandit Philippe.
