Biographie

Réalisateur et scénariste italien (1929-1989), père du western spaghetti. Il révolutionna le cinéma de genre avec sa trilogie des dollars et Il était une fois en Amérique.

Sergio Leone(1929 — 1989)

Sergio Leone

Italie

9 min de lecture

SpectacleArts visuelsCultureRéalisateur/triceXXe siècleItalie de l'après-guerre et de la reconstruction, âge d'or du cinéma européen (1960-1980)

Questions fréquentes

Sergio Leone (1929-1989) est un réalisateur et scénariste italien, considéré comme le père du western spaghetti. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné le cinéma de genre en créant un antihéros cynique et en utilisant des paysages espagnols pour évoquer le Far West. Sa trilogie des dollars, avec Clint Eastwood, a transformé le western traditionnel en un genre européen, plus violent et stylisé.

Citations célèbres

« Le cinéma est la plus belle façon de raconter des mensonges.»
« Je ne fais pas des films sur la violence. Je fais des films sur des hommes violents.»

Faits marquants

  • 1929 : naissance à Rome, fils d'un cinéaste du cinéma muet
  • 1964 : Pour une poignée de dollars lance le western spaghetti et révèle Clint Eastwood
  • 1966 : Le Bon, la Brute et le Truand, chef-d'œuvre du genre, musique d'Ennio Morricone
  • 1968 : Il était une fois dans l'Ouest, considéré comme l'un des plus grands westerns de l'histoire
  • 1984 : Il était une fois en Amérique, fresque épique sur la mafia américaine, son testament artistique

Œuvres & réalisations

Le Colosse de Rhodes (Il Colosso di Rodi) (1961)

Premier long métrage réalisé par Leone en tant que réalisateur principal. Ce péplum spectaculaire lui permit d'apprendre la direction d'acteurs et les techniques de mise en scène à grande échelle.

Pour une poignée de dollars (Per un pugno di dollari) (1964)

Premier volet de la trilogie des dollars, film fondateur du western spaghetti. En réinterprétant 'Yojimbo' de Kurosawa dans un décor de Far West, Leone invente un antihéros cynique qui révolutionne les codes du genre.

Et pour quelques dollars de plus (Per qualche dollaro in più) (1965)

Deuxième volet de la trilogie, il perfectionne la formule en ajoutant un second protagoniste (Lee Van Cleef) et en approfondissant le thème de la vengeance. La collaboration avec Ennio Morricone y atteint de nouveaux sommets.

Le Bon, la Brute et le Truand (Il Buono, il Brutto, il Cattivo) (1966)

Sommet de la trilogie des dollars, l'un des westerns les plus célèbres de l'histoire. La séquence finale du triple duel (le 'triello') et la partition d'Ennio Morricone sont entrées dans la mémoire collective mondiale.

Il était une fois dans l'Ouest (C'era una volta il West) (1968)

Chef-d'œuvre élégiaque souvent considéré comme le plus grand western jamais réalisé. Film crépusculaire sur la fin du Far West et l'avènement du capitalisme industriel, il se distingue par sa lenteur hypnotique et sa bande-son ensorcelante.

Il était une fois la Révolution (Giù la testa) (1971)

Western politique se déroulant pendant la révolution mexicaine de 1913. Il explore les thèmes de l'engagement politique, de la trahison et de la mémoire, avec Rod Steiger et James Coburn dans les rôles principaux.

Il était une fois en Amérique (C'era una volta in America) (1984)

Fresque de près de quatre heures sur l'amitié, la trahison et la nostalgie dans le milieu de la pègre juive new-yorkaise. Testament artistique de Leone, ce film est une méditation sur le temps, la mémoire et la corruption du rêve américain.

Anecdotes

Pour son premier véritable western, 'Pour une poignée de dollars' (1964), Sergio Leone choisit un acteur américain quasi inconnu du grand public européen : Clint Eastwood, aperçu dans la série télévisée 'Rawhide'. Payé seulement 15 000 dollars, Eastwood deviendra une star mondiale grâce à ce film, marquant le début d'une révolution dans l'histoire du cinéma de genre.

Sergio Leone et le compositeur Ennio Morricone étaient camarades de classe à l'école primaire à Rome. Des décennies plus tard, leur collaboration artistique allait transformer la musique de film : Leone fredonnait les thèmes musicaux qu'il imaginait avant même le tournage, et Morricone composait la musique AVANT que les scènes soient filmées, une pratique radicalement nouvelle à l'époque.

Pour 'Pour une poignée de dollars', Leone utilisa le pseudonyme 'Bob Robertson' (littéralement 'fils de Bob', en référence à son père Roberto Roberti). Le film s'inspirait très librement de 'Yojimbo' d'Akira Kurosawa, et Kurosawa reconnut effectivement l'emprunt : il obtint les droits de distribution du film au Japon en échange de sa renonciation à tout procès.

Le tournage de la trilogie des dollars se déroula non pas aux États-Unis mais dans les plaines arides d'Almería, en Espagne, et dans les studios de Cinecittà à Rome. Sergio Leone ne mit jamais les pieds aux États-Unis avant d'avoir tourné trois westerns 'américains' : les paysages désertiques espagnols imitaient à merveille le Far West, pour un coût bien inférieur.

'Il était une fois en Amérique' (1984), chef-d'œuvre de Leone, durait à l'origine 229 minutes. Le distributeur américain, craignant que le public ne supporte pas une telle durée, coupa le film à 139 minutes en modifiant l'ordre chronologique des scènes, détruisant ainsi toute la structure narrative. Leone ne s'en remit jamais, et le film fut un échec commercial aux États-Unis avant d'être reconnu comme un chef-d'œuvre dans sa version longue.

Sources primaires

Interview de Sergio Leone par Michel Ciment et Noël Simsolo (1984)
Je voulais démythifier le western américain. Le héros de John Ford est un saint, celui de Hawks un professionnel sans peur. Mon personnage, lui, est ambigu : il n'est ni bon ni mauvais, il cherche à survivre.
Lettre d'Akira Kurosawa à Sergio Leone suite à 'Pour une poignée de dollars' (1964)
C'est un très beau film, mais c'est mon film. Vous avez copié Yojimbo scène par scène. Je ne permettrai pas la sortie de ce film au Japon sans accord préalable.
Déclaration de Sergio Leone sur 'Il était une fois en Amérique' (1984)
Ce film est toute ma vie. Je l'ai porté pendant dix ans. Ce que les Américains en ont fait est un crime contre le cinéma. Ils ont coupé la mémoire du film, et sans la mémoire, il n'y a plus rien.
Sergio Leone cité dans 'Sergio Leone : Something To Do With Death' de Christopher Frayling (1981)
Le western spaghetti n'est pas un sous-genre du western américain. C'est un genre européen qui utilise les codes du western pour parler d'autres choses : de l'argent, de la trahison, de la survie.

Lieux clés

Rome, Italie

Ville natale et lieu de décès de Sergio Leone. C'est à Rome qu'il grandit entouré du monde du cinéma, débuta comme assistant et vécut toute sa vie. Il y mourut le 30 avril 1989 d'une crise cardiaque.

Cinecittà, Rome

Les mythiques studios de cinéma romains où Leone construisit ses décors de westerns et reconstitua les rues de New York des années 1920 pour 'Il était une fois en Amérique'. Surnommés 'Hollywood sur Tibre', ils sont le berceau du cinéma européen d'après-guerre.

Almería, Espagne

Province andalouse aux paysages désertiques qui servit de décor naturel aux westerns de Leone à partir de 1964. Ses plaines arides et sa lumière intense imitaient parfaitement le Far West américain, et plusieurs villages-décors construits à l'époque existent encore aujourd'hui.

New York, États-Unis

Cadre principal d''Il était une fois en Amérique' (1984). Leone y tourna des scènes réelles dans le Lower East Side tout en reconstituant l'essentiel du quartier à Cinecittà. Ce film incarne sa vision poétique et tragique du rêve américain.

Voir aussi