Simón Bolívar
Simón Bolívar
1783 — 1830
Espagne, Venezuela, Équateur, Bolivie, Grande Colombie
Né à Caracas en 1783, Simón Bolívar est le principal artisan de l'indépendance de l'Amérique du Sud face à l'empire espagnol. Surnommé « El Libertador », il libère plusieurs nations et rêve d'une grande fédération latino-américaine.
Citations célèbres
« Un peuple ignorant est l'instrument aveugle de sa propre destruction. »
« Je suis convaincu que l'Angleterre a le meilleur gouvernement du monde. »
Faits marquants
- 1783 : Naissance à Caracas, dans une famille créole aisée
- 1813 : Proclamation de la guerre à mort contre les Espagnols, début de la reconquête du Venezuela
- 1819 : Victoire décisive à la bataille de Boyacá, indépendance de la Grande-Colombie
- 1825 : La Bolivie est créée en son honneur après la libération du Haut-Pérou
- 1830 : Mort à Santa Marta (Colombie), après la désintégration de son projet de Grande-Colombie
Œuvres & réalisations
Texte politique majeur rédigé en exil, dans lequel Bolívar analyse la situation des colonies hispano-américaines et esquisse l'avenir politique du continent. Considéré comme l'un des plus importants documents fondateurs du nationalisme latino-américain.
Grand discours constitutionnel devant le Congrès de l'Orénoque, dans lequel Bolívar expose sa vision d'une république forte, éducatrice et stable. Texte de référence pour comprendre sa pensée politique.
Union politique de la Nouvelle-Grenade, du Venezuela et de l'Équateur en un seul État fédéral. Réalisation politique majeure de Bolívar, bien que la République se dissolve en 1830 après sa mort.
Constitution rédigée personnellement par Bolívar pour la Bolivie, nouvelle nation nommée en son honneur. Elle prévoyait une présidence à vie avec pouvoir de désigner son successeur, témoignant de ses inquiétudes quant à la stabilité des nouvelles républiques.
Initiative diplomatique de Bolívar visant à réunir les nations hispano-américaines en une confédération. Bien qu'il n'aboutisse pas, ce congrès préfigure les tentatives ultérieures d'intégration régionale en Amérique latine.
Expédition militaire foudroyante qui permit à Bolívar de reconquérir le Venezuela en quelques mois. Cette campagne lui valut le titre de Libertador et le surnom de Napoléon américain.
Anecdotes
En 1805, au sommet du Monte Sacro à Rome, Bolívar fit le serment solennel de ne pas s'arrêter avant d'avoir libéré l'Amérique du Sud de la domination espagnole. Ce serment, prononcé devant son mentor Simón Rodríguez, guida toute sa vie politique et militaire.
Lors de la campagne admirable de 1813, Bolívar traversa les Andes avec une armée épuisée et mal équipée, franchissant des cols à plus de 4 000 mètres d'altitude. Cette traversée audacieuse est souvent comparée au passage des Alpes par Napoléon et reste l'une des plus grandes prouesses militaires de l'histoire américaine.
Bolívar fut un lecteur passionné : il voyageait toujours avec une bibliothèque portable contenant des œuvres de Voltaire, Rousseau et Montesquieu. C'est cette culture des Lumières qui nourrit sa vision politique d'une Amérique du Sud libre et républicaine.
À la bataille de Boyacá en 1819, décisive pour l'indépendance de la Grande-Colombie, Bolívar remporta la victoire en seulement deux heures avec une armée de fortune composée en partie de mercenaires européens. Le vice-roi espagnol s'enfuit à la seule annonce de l'approche bolivarienne.
Bolívar libéra ses propres esclaves dès 1820 et abolit l'esclavage dans les territoires qu'il contrôlait, bien avant que ce principe ne soit universellement accepté en Amérique. Il estimait qu'une révolution d'indépendance ne pouvait se construire sur des hommes en chaînes.
Sources primaires
Nous ne sommes pas des Européens, nous ne sommes pas des Indiens, nous sommes une espèce intermédiaire entre les aborigènes et les Espagnols. Américains par naissance et Européens par droit, nous nous trouvons dans le cas difficile de disputer aux indigènes les titres de possession et de maintenir dans le pays qui nous a vus naître, contre l'opposition des envahisseurs.
Il nous est plus difficile, j'ose le dire, de préserver notre liberté que de la conquérir. Je désire, plus que tout autre, voir se former en Amérique la plus grande nation du monde, moins par son étendue et par ses richesses que par sa liberté et sa gloire.
Espagnols et Canariens, comptez sur la mort, même si vous êtes indifférents, si vous ne travaillez pas activement à la cause de la liberté de l'Amérique. Américains, comptez sur la vie, même si vous êtes coupables.
La continuation de l'autorité dans un même individu a souvent été la fin des gouvernements démocratiques. Les élections répétées sont essentielles aux systèmes populaires, car rien n'est aussi dangereux que de laisser le pouvoir longtemps dans les mains d'un même citoyen.
Je jure devant vous, je jure devant le Dieu de mes pères, je jure sur leur honneur, je jure sur ma patrie, que je ne donnerai point de repos à mon bras ni de repos à mon âme jusqu'à ce que j'aie brisé les chaînes qui nous oppriment par la volonté de la puissance espagnole.
Lieux clés
Ville natale de Bolívar, née en 1783 dans une famille créole aristocratique. C'est à Caracas que fut proclamée la première indépendance vénézuélienne en 1811.
Lieu du célèbre serment de 1805 par lequel Bolívar s'engagea solennellement à libérer l'Amérique du Sud. Ce moment symbolique marqua le début de sa vocation révolutionnaire.
Siège du Congrès de 1819 où Bolívar prononça son célèbre discours fondateur et fut élu président de la Grande-Colombie. La ville fut rebaptisée en son honneur.
Lieu de la victoire décisive du 7 août 1819 qui assura l'indépendance de la Nouvelle-Grenade. Cette bataille en moins de deux heures ouvrit la voie à la création de la Grande-Colombie.
Passage andin franchi par Bolívar et ses troupes en juillet 1819 malgré le froid extrême et l'altitude. Cette traversée épique fut déterminante pour la campagne de libération de la Nouvelle-Grenade.
Lieu de la mort de Bolívar le 17 décembre 1830, épuisé, déçu par l'échec de son rêve unitaire et atteint de tuberculose. Il y est enterré avant que sa dépouille ne soit transférée à Caracas en 1842.
Galerie
Equestrian portrait of Simón Bolívar
Wikimedia Commons, Public domain — José Hilarión Ibarra (fl.1825-1854)

El Libertador en traje de campañalabel QS:Len,"El Libertador en traje de campaña"
Wikimedia Commons, Public domain — Arturo Michelena
El Libertador en traje de campañalabel QS:Len,"El Libertador en traje de campaña"
Wikimedia Commons, Public domain — Arturo Michelena
