Maurice Sinet (1928-2016), dit Siné, est un dessinateur de presse et caricaturiste français, figure de l'anarchisme et du dessin satirique. Ses dessins au trait acéré ont marqué la presse française de l'après-guerre, de L'Express à Charlie Hebdo.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 31 décembre 1928 à Paris et mort le 5 mai 2016
- Publie dans les années 1950 la série de jeux de mots dessinés autour des chats (« Siné »)
- Collabore à des journaux satiriques comme Hara-Kiri puis Charlie Hebdo
- Prend position contre la guerre d'Algérie et le colonialisme à travers ses dessins
- Fonde en 2008 son propre journal, Siné Hebdo, après son départ de Charlie Hebdo
Œuvres & réalisations
Recueil de calembours graphiques sur le mot « chat » qui révèle son humour visuel et le rend célèbre.
Album de dessins féroces et anticléricaux qui impose son style provocateur.
Revue satirique et contestataire qu'il crée dans le sillage de Mai 68.
Mémoires truculentes où il retrace ses combats libertaires et ses innombrables procès.
Journal satirique qu'il fonde après son renvoi de Charlie Hebdo, prouvant sa vitalité à 80 ans.
Mensuel satirique et libertaire qui prend la suite de Siné Hebdo et qu'il anime jusqu'à sa mort.
Anecdotes
Maurice Sinet a choisi son pseudonyme « Siné » tout simplement en accolant les premières lettres de son nom, Sinet. Il signait souvent ses dessins d'un chat noir stylisé, animal qu'il adorait et qui devint sa marque de fabrique dans la série « Siné Massacre ».
Dans les années 1950, Siné publie « Complot », un recueil de dessins sur les chats où il détourne le mot « chat » dans des jeux de mots visuels absurdes (chat-loupe, chat-grin…). Ce livre le rend célèbre et impose son trait à la fois féroce et joueur.
Farouche anticolonialiste, Siné prend position contre la guerre d'Algérie dans les années 1950-1960. Ses dessins virulents lui valent des poursuites, des saisies de journaux et même des menaces de l'OAS, l'organisation qui voulait garder l'Algérie française par la violence.
En 2008, à 80 ans, Siné est licencié de Charlie Hebdo après une chronique jugée antisémite au sujet du fils de Nicolas Sarkozy. Refusant de s'excuser, il fonde aussitôt son propre journal, « Siné Hebdo », prouvant qu'il n'avait rien perdu de sa combativité.
Siné revendiquait haut et fort son anarchisme et son athéisme. Il aimait provoquer en s'attaquant à toutes les autorités — l'armée, l'Église, l'État, la police — ce qui lui valut d'innombrables procès tout au long de sa carrière.
Sources primaires
Une suite de calembours graphiques autour du mot « chat », qui révèle l'humour visuel et le trait nerveux caractéristiques de Siné à ses débuts.
Recueil de dessins féroces et anticléricaux qui installe Siné comme l'un des caricaturistes les plus provocateurs de sa génération.
Autobiographie où Siné raconte sans détour ses combats, ses procès, ses amitiés et ses convictions libertaires.
Après son renvoi de Charlie Hebdo, Siné lance son propre hebdomadaire satirique pour continuer, à plus de 80 ans, à dessiner en toute liberté.
Lieux clés
Ville natale de Siné et cœur de sa carrière de dessinateur de presse, où sont installées les rédactions des journaux satiriques.
Journal satirique parisien où Siné collabora longtemps avant son renvoi retentissant en 2008.
Hebdomadaire parisien où Siné publia dans les années 1950-1960 ses dessins hostiles à la guerre d'Algérie.
Terre du conflit colonial que Siné dénonça avec virulence ; son engagement anticolonialiste lui valut menaces et poursuites.