Tartare

Tartare

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MythologieSpiritualitéAvant J.-C.Mythologie grecque archaïque — attestée principalement par la Théogonie d'Hésiode (vers 700 avant J.-C.), issue de traditions orales antérieures

Dans la mythologie grecque, Tartare est à la fois une divinité primordiale née du Chaos et un lieu cosmique : l'abîme le plus profond de l'univers, situé sous les Enfers, où Zeus enferma les Titans vaincus et où les grands criminels expient leurs fautes pour l'éternité.

Questions fréquentes

Tartare est à la fois une divinité primordiale et un lieu cosmique. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il naît du Chaos originel, au même titre que Gaïa (la Terre) et Éros. Il incarne l'abîme le plus profond de l'univers, situé sous les Enfers, où Zeus emprisonne les Titans vaincus après la Titanomachie. Contrairement aux dieux anthropomorphes de l'Olympe, Tartare reste une force abstraite, plus proche d'un gouffre personnifié que d'une figure divine classique.

Faits marquants

  • Né du Chaos, selon la Théogonie d'Hésiode (vers 700 av. J.-C.), parmi les toutes premières entités primordiales, aux côtés de Gaïa, Nyx et Érèbe.
  • Lieu cosmique situé aussi bas sous Hadès que la Terre l'est sous le ciel : une enclume d'airain tomberait neuf jours avant d'y toucher le fond, selon Hésiode.
  • Après la Titanomachie, Zeus y emprisonna les Titans vaincus (dont Cronos), gardés par les Hécatonchires.
  • S'unit à Gaïa pour engendrer Typhon, le monstre le plus terrible de la mythologie grecque, dernier adversaire de Zeus.
  • Accueille les grands condamnés de la mythologie : Sisyphe, Tantale, Ixion, les Danaïdes — châtiés éternellement pour leurs crimes contre les dieux.

Œuvres & réalisations

Génération de Typhon (Temps primordial (mythe))

En s'unissant à Gaïa, Tartare engendre Typhon, le plus redoutable des monstres grecs aux cent têtes de serpents. Cette progéniture représente les forces du chaos brut et primitif qui menacent l'ordre olympien.

Rôle de prison cosmique pour les Titans (Après la Titanomachie (mythe))

Le Tartare sert de geôle éternelle pour les Titans vaincus, garantissant l'ordre de l'univers gouverné par Zeus. Cette fonction cosmique fondamentale est décrite en détail par Hésiode dans la Théogonie.

Lieu de justice divine pour les mortels (Tradition mythologique grecque classique)

Le Tartare évolue dans la tradition grecque pour devenir le lieu de châtiment des mortels coupables d'hubris, avec des supplices éternels et exemplaires comme ceux de Tantale, Sisyphe, Ixion ou Tityos.

Modèle pour la notion d'Enfer dans la culture occidentale (IVe-Ve siècle apr. J.-C.)

La description du Tartare comme abîme de feu, de ténèbres et de punitions éternelles influence profondément les représentations chrétiennes de l'enfer. Le terme latin Tartarus est utilisé dans certains textes chrétiens anciens comme synonyme de l'enfer.

Anecdotes

Tartare est l'une des premières entités à naître du Chaos originel, aux côtés de Gaïa (la Terre) et d'Éros, selon Hésiode. Il n'est ni vraiment une personne ni simplement un lieu : c'est une puissance primordiale qui habite le fond de l'univers, aussi ancienne que le monde lui-même.

Après dix ans de guerre acharnée — la Titanomachie — Zeus et les dieux de l'Olympe vainquirent les Titans. Pour les emprisonner définitivement, Zeus les précipita dans le Tartare et fit fermer de lourdes portes de bronze. Hésiode précise qu'une enclume d'airain, lâchée depuis le ciel, mettrait neuf jours à toucher le sol terrestre, et neuf jours de plus pour atteindre le fond du Tartare : une façon poétique d'illustrer les profondeurs infinies de l'abîme.

Tartare s'unit à Gaïa pour engendrer Typhon, le plus terrifiant des monstres de la mythologie grecque : une créature aux cent têtes de serpents capable de cracher du feu. Typhon faillit détruire Zeus lui-même lors d'un combat épique, avant d'être vaincu et précipité à son tour dans les profondeurs ou enchaîné sous l'Etna selon les versions.

Le Tartare sert de lieu de châtiment éternel pour les mortels qui ont gravement offensé les dieux. Tantale y souffre d'une faim et d'une soif perpétuelles, Sisyphe est condamné à rouler sans fin un rocher vers un sommet, et Ixion tourne pour l'éternité sur une roue de feu. Ces punitions exemplaires illustraient aux Grecs les conséquences de l'hubris, l'orgueil démesuré face aux dieux.

Sources primaires

Hésiode, Théogonie (v. 700 av. J.-C.)
« Du Chaos naquirent Érèbe et la noire Nuit. [...] Le Tartare brumeux est à l'extrémité de la vaste terre. [...] Un gouffre immense : si l'on franchissait les portes et le seuil de bronze, on tomberait durant une année entière sans atteindre le sol. »
Homère, Iliade (Chant VIII) (v. 800-750 av. J.-C.)
« Aussi loin sous Hadès que le ciel est au-dessus de la terre, c'est ainsi que le Tartare est profond sous la terre. »
Platon, Phédon (v. 360 av. J.-C.)
« Le Tartare est le lieu le plus bas de la terre, où sont entraînées les âmes les plus coupables, d'où elles ne peuvent jamais ressortir. »
Platon, Gorgias (v. 380 av. J.-C.)
« Les juges des morts prononcent leurs sentences, et les âmes des grands coupables sont envoyées au Tartare, où leur supplice est visible pour ceux qui commettent les mêmes crimes. »
Virgile, Énéide (Chant VI) (v. 29-19 av. J.-C.)
« Le Tartare lui-même s'ouvre précipitamment dans un gouffre d'ombre, deux fois plus profond que la hauteur qui sépare la terre des étoiles du ciel. »

Lieux clés

Le Tartare (abîme cosmique)

L'abîme le plus profond de l'univers dans la cosmogonie grecque, situé aussi loin sous les Enfers que la terre est sous le ciel. Lieu de détention des Titans et de châtiment éternel des grands coupables, entouré de trois murailles d'airain.

Mont Othrys (Thessalie)

Montagne de Thessalie qui servit de quartier général aux Titans pendant la Titanomachie. C'est depuis ce sommet que les Titans combattirent Zeus avant leur défaite et leur précipitation dans le Tartare.

Mont Olympe

Demeure des dieux olympiens et siège de Zeus, d'où fut orchestrée la victoire sur les Titans et décidé leur emprisonnement dans le Tartare. Il incarne l'ordre cosmique nouveau établi en opposition aux profondeurs abyssales.

L'Etna (Sicile)

Volcan de Sicile sous lequel les Grecs situaient parfois l'emprisonnement de Typhon, fils de Tartare et Gaïa. Les éruptions étaient interprétées comme la rage du monstre enchaîné sous la montagne par Zeus.

Voir aussi